Justice

Décès d’Adama Traoré : la médecine légale confirme la version des gendarmes…

Médecin
 

Il y a un an, une vague de violence submergeait les deux communes de Beaumont-sur-Oise et de Persan. En quatre nuits, les gendarmes essuyaient une soixantaine de tirs de calibre 12, de 7.65 et de 22 LR, faisant douze blessés dans leurs rangs. Ce déchaînement entendait répondre à la mort d’un jeune homme, Adama Traoré, survenue dans les suites de son interpellation par les forces de l’ordre, à laquelle il avait tenté de s’opposer.

La mort d’un homme jeune est toujours un drame, et les interrogations de la famille sont compréhensibles. Mais depuis l’affaire Malik Oussekine, c’est devenu un automatisme : tout décès lors d’arrestations ou d’émeutes est systématiquement attribué à une « bavure » ou aux « violences policières ». Zyed et Bouna, électrocutés dans leur fuite, ou Rémi Fraisse, à Sivens, ne pourraient avoir la moindre responsabilité dans leur triste sort. Et si un homme en bonne santé meurt quand on lui passe les menottes, c’est forcément parce que les flics seraient des brutes.

Mais il faut savoir que rien qu’en France, chaque année, une quinzaine de sportifs professionnels sont victimes de morts subites, et environ huit cents sportifs amateurs… Si le stress et l’effort physique dus à ce type d’activité sont suffisants pour décompenser une prédisposition à un emballement cardiaque, on comprend qu’affronter une charge de CRS dans les émanations de gaz lacrymogène et les explosions de cocktails Molotov ne peut pas l’être moins.

Mais aujourd’hui, « l’envie de pénal » chère à Philippe Muray exige de toujours trouver un responsable à tout ; attitude qui atteignit son point d’incandescence en Italie, quand des sismologues italiens furent condamnés par un tribunal pour n’avoir pas prévu le tremblement de terre d’Aquila… Le droit de manifester est un droit fondamental, indispensable à la liberté d’expression, mais la majorité des manifestants s’égaillent quand ils entendent « Obéissance à la loi. Dispersez-vous ! » De même, la plupart des gens s’arrêtent quand un policier les interpelle, et lui répondent poliment. Ceux qui agissent autrement prennent leur risque, sans soupçonner que ce risque peut être vital. La médecine légale s’est prononcée sur le décès d’Adama Troaré et confirme la version des gendarmes : « La mort est secondaire à un état asphyxique aigu, lié à la décompensation – à l’occasion d’un épisode d’effort et de stress – d’un état antérieur plurifactoriel associant notamment une cardiomégalie et une granulomatose systémique de type sarcoïdose. »

Pour bien voir, les yeux doivent être secs. Adama Traoré est mort pour deux raisons : il était malade, et il s’est opposé à son interpellation par les gendarmes. C’est très regrettable, mais c’est aussi simple que ça.

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