Editoriaux - International - Politique - Table - 14 mai 2018

Après l’attentat islamiste : je ne sais pas mais il faudrait !

À chaque fois, le terrorisme armé d’un couteau ou d’un véhicule fait irruption dans notre quotidienneté, blesse, meurtrit, massacre pour mourir à son tour.

Dans la soirée du 12 mai, un Tchétchène de 20 ans naturalisé français en 2010, Khamzat Azimov, fiché S depuis 2016, entendu déjà par la police au mois d’avril 2017, a respecté à la lettre ce processus malfaisant et a fini comme évidemment il le souhaitait.

Un jeune homme de 29 ans est mort poignardé, et il y a eu plusieurs blessés. La police est intervenue neuf minutes après l’attaque, évitant l’aggravation de ce bilan déjà trop lourd. Le Premier ministre et le ministre de l’Intérieur lui ont naturellement rendu hommage.

Compassion exprimée par plusieurs communiqués officiels pour les victimes et leurs familles.

Le président de la République déplore « le prix du sang une nouvelle fois payé par la France » – ce qui est tragiquement vrai – mais ajoute « qu’elle ne cédera pas un pouce aux ennemis de la liberté ». Je comprends mal cette dernière affirmation. Il me semble que c’est faire beaucoup d’honneur aux terroristes islamistes que de les percevoir seulement comme des ennemis de notre « liberté ». Un pouce ? Malheureusement, chaque crime est déjà une défaite.

Analyses médiatiques de plus en plus pauvres parce que condamnées à reprendre quasiment mot pour mot les considérations développées pour les précédents attentats.

Le parquet antiterroriste de Paris est saisi et nous avons eu droit, encore, à une exemplaire communication du procureur Molins, dont quelques-uns de ses collègues devraient s’inspirer.

Les parents, les familiers du tueur mort sont entendus, placés en garde à vue. Des perquisitions opérées. Pour mettre au jour des connexions ? Pour trouver des explications à cette ignominie ?

Face à cette réalité à l’implacable et tragique redondance, la routine de l’horreur terroriste jamais programmable, artisanale même si elle est téléguidée, insaisissable, laisse au sens propre et figuré désarmé. Il n’est pas indifférent que même un Jean-Luc Mélenchon ait fait profil bas en déclarant : « Je n’ai pas l’intention de dire que le gouvernement aurait laissé faire, ça n’est pas vrai » (LCI) et, à rebours, il est absurde de la part de LR et du FN de dénoncer « l’inaction d’Emmanuel Macron ».

L’envie, face à ce tableau sombre et menaçant, est de se révolter, de refuser l’angoisse de l’inéluctable. Ce pessimisme serait désespérant qui interdirait même de concevoir d’autres modalités de lutte jamais encore expérimentées. Mais lesquelles ?

Encore conviendrait-il de ne pas s’obstiner, par dogmatisme, à récuser des opportunités opératoires de nature à prévenir d’autres désastres.

J’admets qu’il ne suffirait pas d’une politique internationale atone et aphone ou d’orientations radicalement différentes pour s’attirer les bonnes grâces de nos adversaires fanatiques.

Il n’est même pas sûr qu’une démocratie encore plus musclée, à la supposer possible sans dénaturer profondément son esprit et permettant un quadrillage de tous les instants, serait décisive dans l’éradication du terrorisme organisé ou de l’instant. Il y aura toujours sur notre destin collectif et nos destinées individuelles son risque et, bien plus, malgré la fermeté républicaine, sa concrétisation. Aussi rare qu’on l’espère.

Cependant, comment ne pas s’étonner alors de l’entêtement avec lequel le pouvoir, encore par la voix de Benjamin Griveaux pourtant bien gêné aux entournures et ressassant une leçon désaccordée avec le réel, maintient sa position sur les fichés S français et étrangers ? Le porte-parole du gouvernement n’est pas parvenu à convaincre qu’un changement de législation pour les nationaux – autorisant leur interpellation, par exemple – et l’expulsion des étrangers ne seraient pas efficaces pour mieux combattre le danger terroriste et éviter son aléatoire survenue.

Dès lors que pratiquement tous les criminels islamistes ont relevé ou relèvent de cette catégorie trouble, le bon sens n’imposerait-il pas de se pencher sur elle pour une exploitation plus efficiente et enfin coercitive des données personnelles de chaque fiche ?

Stagnation d’autant plus regrettable que c’est sans doute sur ce seul plan que la mélancolie du « Je ne sais pas » pourrait être effacée par le volontarisme concret du « Il faudrait ».

Extrait de : Justice au Singulier

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