Au moment où se déroulait l’irruption des partisans de Donald Trump au Capitole, n’a pu s’empêcher de se fendre, à deux heures et demie du matin, d’une déclaration aussi grandiloquente qu’inutile. On passera rapidement sur le fait que son petit laïus fut débité avec, en toile de fond, le drapeau américain : le Président, qui devrait être le garant de l’unité nationale, donnait l’impression d’une servilité envers la future administration Biden qui procurait, indéniablement, une sensation de malaise. Las ! Tout est permis dès qu’il s’agit de sauvegarder un système de connivence idéologique.

Mais, surtout, le télescopage entre les mots de Macron sur la démocratie et la liberté « en danger » et l’actualité française qui avance au pas de l’oie des restrictions de libertés toujours renouvelées, toujours plus poussées, est effarant. Et violent.

La liberté et la démocratie, c’est, disait-il dans la nuit de mercredi à jeudi, le pouvoir donné aux électeurs « de décider de leur destin et de leur vie »… Est-il besoin de rappeler que l’élection présidentielle ne signifie en rien que le peuple délègue et confie aveuglément sa vie à celui qu’il a élu (dans le cas de Macron, élu grâce à l’abstention record des Français, due à la méfiance de ces derniers envers le système démocratique et le personnel politique) ?

Notre choix, poursuit-il, c’est « la reconnaissance de la liberté au-dessus de tout ». Et « c’est ce qui est menacé aujourd’hui dans nos démocraties ».

Mais menacé par qui ? Ces paroles jupitériennes sonnent singulièrement faux quand l’on sait toutes les entraves aux libertés fondamentales – liberté de circuler, de travailler, de s’instruire, de pratiquer un culte, de faire du sport – qui constituent l’essentiel de la stratégie « sanitaire » depuis presque un an.

Et quand l’on sait que, selon Libé, l’état d’urgence sera prolongé au moins jusqu’au 1er juin 2021, et que le cadre juridique de l’état d’urgence, qui permet, « pour des raisons sanitaires », d’imposer couvre-feu, confinement, fermeture des bars et restaurants, des théâtres, des musées, des cinémas, etc., le sera jusqu’au 31 décembre 2021. Soit la veille de l’élection présidentielle de .

Et quand l’on sait, enfin, que désormais il est légal – le Conseil d’État l’a validé – que la police puisse ficher les citoyens en fonction de leurs opinions politiques, cent ans après l’affaire Dreyfus.

Une démocratie macronienne qui a comme un arrière-goût de démocratie populaire à la chinoise.

Ah, tiens, parlons-en, de la , justement. Le 7 janvier, 53 figures de l’opposition « pro-démocratie » au régime communiste chinois ont été arrêtées « pour subversion », à Hong Kong.

Et c’est Mike Pompeo, le chef de la diplomatie américaine, figure de la « méchante » administration Trump, qui vient d’exiger leur libération « immédiate et sans conditions ».

8 janvier 2021

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