Votation : pourquoi les Suisses disent non au contrôle de l’immigration
La votation « Pas de Suisse à 10 millions ! », portée par l’Union démocratique du centre (UDC), ce 14 juin, a mobilisé les citoyens, avec 58 % de participation (contre une moyenne de 47,1 % pour les votations des années passées). Mais cela n’a pas été en faveur de cette initiative populaire pour la « durabilité », puisque les Suisses l'ont repoussée à 54,79 %. Comme l’expliquait ici même Angelica Bailly-Soria, avec cette question sur la taille de la population, l’UDC entendait contrôler l’immigration de masse et ses effets néfastes sur la sécurité, les emplois, les paysages…

Les résultats officiels. Source: https://www.admin.ch/fr/initiative-durabilite
Changement de population
Dans des sondages remontant à fin mai, 53 % des 18-39 ans mais aussi 54 % des femmes et 51 % de la population urbaine se disaient « résolument contre » cette votation. Pour Éric Bertinat, ancien élu UDC et ex-président du conseil municipal de Genève, cela est logique. À chaque initiative sur l’immigration ou un sujet apparenté, rappelle-t-il à BV, « un large front réunissant partis politiques de gauche comme de droite, médias, organisations patronales et syndicales, milieux culturels et associatifs se dressent contre les propositions de l’UDC ». Or, l’influence de ce front est remarquable « auprès des jeunes générations, des femmes et des habitants des grandes villes, généralement plus réceptifs aux discours valorisant l'ouverture et la diversité ».
Par ailleurs, le lent changement de population ne doit pas être minimisé, puisqu’« une part importante de la population est aujourd'hui d'origine étrangère ou issue de l'immigration récente ». S’il est trop tôt pour parler d’une « nouvelle Suisse », les Suisses récents n’ont pas les mêmes préoccupations que ceux « de souche ». « Nombreux sont ceux qui ont acquis la nationalité suisse par naturalisation ou par mariage et qui ne partagent pas nécessairement la même vision de l'avenir du pays que les partisans d'une limitation de la croissance démographique », nous explique Éric Bertinat.
Les réticences de la 5e Suisse
La 5e Suisse – ainsi appelle-t-on les Suisses de l’étranger – était elle aussi « résolument contre », à 58 %. Le texte de l’UDC, ou plus exactement ses conséquences possibles, a suscité des inquiétudes. « En envisageant avant tout la libre circulation dans le sens des étrangers qui viennent travailler en Suisse, le parti [UDC] a négligé le fait qu’elle profite aussi à près d’un demi-million de Suisses installés dans l’UE », écrivait swissinfo.ch. Si ces interrogations n’ont pas été taboues durant la campagne, signale Éric Bertinat, celui-ci admet que, « pour de nombreux Suisses établis à l'étranger, la libre circulation n'est pas une question théorique : elle touche directement leurs conditions de vie, leur mobilité, leur activité professionnelle ou leurs projets familiaux ». Difficile d’en faire abstraction.
D’autres doutes ont couru dans la 5e Suisse, comme la possibilité que la nationalité suisse ne soit plus transmise aux petits-enfants de gens n’habitant pas le pays. L’UDC s’est-elle montrée insuffisamment explicative ? « Face à des enjeux aussi concrets, beaucoup d'électeurs ont préféré s'en tenir à ce qui était explicitement garanti plutôt qu'à ce qui relevait d'engagements politiques ou d'interprétations futures. Dans ces conditions, avance Éric Bertinat, le vote des Suisses de l'étranger apparaît moins comme un rejet de l'initiative que comme l'expression d'une prudence face à l’incertitude. »

Intentions de vote des Suisses de l'étranger et des Suisses résidant au pays. Source https://cockpit.gfsbern.ch/fr/cockpit/trend_w2_14062026/
L’angle écologique
Envisager la lutte contre l’immigration sous l’angle de la « durabilité », de l’écologie, était habile mais n’a pas fonctionné. L’UDC doit-elle revoir son angle d’attaque ? Éric Bertinat ne le pense pas. En fait, « qu'il soit question de durabilité, d'écologie, de logement, de transports ou de préservation du cadre de vie, toute tentative visant à maîtriser l'immigration se heurte aujourd'hui à une même réalité : une majorité de Suisses demeure globalement satisfaite de sa situation ». Ce qu’on peut voir en France, en Allemagne, au Royaume-Uni ? C’est loin, au-delà des montagnes. « Un sentiment de confort et de sécurité continue de prédominer. » Conséquence : « La tolérance à l'égard de l'immigration demeure remarquable. »
Aussi bien le problème doit-il être abordé sous plusieurs angles. Il y a celui du volume de l’immigration, mais aussi celui de l’intégration. Pragmatique, Éric Bertinat l’affirme à BV : « Les populations extra-européennes déjà établies en Suisse ne repartiront pas. L'enjeu est, dès lors, de favoriser une intégration exigeante, fondée sur la connaissance de notre histoire, de nos institutions, de nos usages et de notre culture. » Et de rappeler ce qui n’est, hélas, plus une évidence : « Aimer son pays ne devrait pas être considéré comme une attitude suspecte. Au contraire, la connaissance et le respect des particularités suisses devraient constituer un préalable naturel à toute installation durable dans notre pays. » Reste à en persuader les idéalistes de l’accueil à tout va et à y contraindre les nouveaux arrivants.
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44 commentaires
Vu ce qui se passe dans les pays voisins, j’aurai cru les Suisses plus intelligents. La situation de la Belgique, de la Grande Bretagne ou de la France ne les fait pas réfléchir ? Il est vrai qu’à part les grandes villes, les cantons disséminés au creux des montagnes ne perçoivent les bruits du monde que e manière très assourdie.
Il y a les vrais suisses et les traitres.
Espérons qu’ils n’aient pas à le regretter bientôt.
Depuis la levée du secret bancaire la Suisse est sur la mauvaise pente et ça va donc continuer.
Je trouve surprenant de voir à quelle vitesse les mondialistes gagnent du terrain élection après élection… et pas qu’en Europe. Les Suisses ne sont malheureusement pas les seuls à ne pas avoir compris. Loin s’en faut et de toute façon, ils auront tout ce dont ils ne veulent pas…
L’article n’aborde pas les vrais causes du rejet de l’initiative de l’UDC. Comme le plus souvent dans les votations ayant des objets sociétaux, on observe un fossé entre Suisse alémanique et Suisse romande (et tessinoise), et un abysse entre villes et campagnes. Pour la Suisse alémanique, tous les centres urbains ont voté contre l’initiative, et inversement les campagnes se sont mobilisées pour le oui. La Suisse historique (Schwyz et Uri) a voté pour la limitation à une écrasante majorité ; le canton de Berne est intéressant puisqu’on a des communes comme Habkern qui ont massivement pour le oui (85 %) et les centres urbains comme Berne, où le non est écrasant (85 % pour le non). Quand j’interroge les campagnards autour de Lausanne qui ont voté contre l’initiative UDC, on me répond qu’ils n’ont pas voté contre l’objet, mais contre le montage juridique de la loi. Beaucoup ont en mémoire que la précédente votation sur le sujet en 2014 (initiative UDC qui avait été acceptée) n’a rien changé à la situation. La campagne contre l’initiative a été massive, et c’est d’après la RTS, la campagne électorale la plus chère. Le patronat et les affidés (PLR, socialistes, syndicalistes, verts) ont su occuper la scène.
Intéressant.
Ce n’est pas un nombre total qui compte, c’est l’assimilation réelle des étrangers à la culture nationale. Cette assimilation doit être la règle, la loi.
Les suisses vont connaître très vite les joies du remplacement progressif. Ce sont bien entendu les populations gauchissantes et ecolo qui condamnent à mort leur magnifique pays. Dans moins de 5 ans sauf quelques bastions de résistance au sud du pays , la Suisse aura été transformée en poubelle. Une fois de plus on peut affirmer sans se tromper que le peuple européen d’occident porte en lui les gènes du suicide.
Les suisses sont comme la grenouille dans la marmite d’eau tiède…Ils finiront pareil sans s’en apercevoir. La bien-pensance érigée en idéologie et unique horizon entraîne les hommes à leur perte. Les forts remplacent les faibles, c’est une loi naturelle de tous les temps. Ce qui est fascinant, c’est la revendication de tout un pan de la population pour son affaiblissement et sa relégation. Cela me semble assez nouveau dans l’humanité. Cela concerne l’homme trop civilisé qui s’est construit un monde aseptisé et qui a, de ce fait, perdu tout instinct de survie.
Les Suisses viennent de se tirer non pas une balle dans le pied mais plutôt une décharge de chevrotine avec ce rejet du contrôle de l’immigration. Il en sera bientôt comme en France et ce sera bien fait pour eux car je ne suis certainement pas du genre à plaindre des gens qui vont déplorer tôt ou tard les effets dont ils auront non seulement chéri mais provoqué les choses. Il y a une universalité dans la crétinerie et les Suisses n’échappent pas non-plus à cette règle tout comme la partie des électeurs français qui ont systématiquement fait « barrage » et qui pleurnichent minablement aujourd’hui comme des mauviettes. Pauvre pays que la France et la Suisse maintenant, mais quelque part c’est mérité.
Chers voisins,
Vous avez préféré le « signal de stabilité, d’ouverture et de fiabilité » vanté par vos « élites ». Ce fameux signal qui consiste à continuer d’importer massivement de la main-d’œuvre, à densifier vos villes, à faire exploser les loyers, à saturer vos trains, vos routes, vos hôpitaux et vos écoles, tout en bétonnant joyeusement ce qui reste de votre magnifique paysage. Pfff !
Mais par ailleurs les Suisses ne veulent pas de minarets dans leur joli paysage , et je viens de lire dans la Tribune de Genève : Les Genevois ne veulent pas d’élus arborant des signes religieux
À une courte majorité, le corps électoral souhaite interdire aux députés et conseillers municipaux de porter des signes religieux. La justice doit maintenant se prononcer.
la Suisse c’est la France il y a dix ou vingt ans , ils n’ont pas encore compris .
Limiter la population, c’est aussi contrôler les naissances. Plutôt malthusienne cette proposition…
Tout comme les Français ils comprendront quand « ça » se passera en bas de chez eux, c’est à dire trop tard!
pourquoi les Suisses disent non au contrôle de l’immigration
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parce qu’ils deviennent aussi bêtes que nous !
Tu n’as rien compris, ils ne veulent pas l’immigration mais juste lutter contre l’UDC, cette lutte est le seul programme des partis.
Castors sans frontières.
Bienvenus en terre d’islam, les Suisses.