[POINT DE VUE] Ruhr : une ancienne église transformée en terrain de basket. C’est de l’art !
« Églises pantoufles » : c’est dans ces églises modernistes abandonnées, construites dans les années 50 et 60 dans la vallée de la Ruhr, que la biennale « Manifesta », un rendez-vous d’art contemporain qui choisit à chaque fois une destination européenne différente, s’invite cette fois, après avoir investi plusieurs autres lieux du continent. Le souhait de sa fondatrice, une certaine Hedwig Fijen, est annoncé sous un prétexte de bienveillance et d’appropriation de notre héritage commun : « Que faire du passé dont nous avons hérité, quel futur voulons-nous pour notre collectivité ? C’est un catalyseur qui sert à poser de nouvelles bases pour repenser ensemble, et qui mise sur l’art au plus près des habitants. »
Évidemment, nos confrères du Monde, qui consacrent un long article à cette biennale, sont dithyrambiques. Investir les églises délaissées de la Ruhr, c’est presque un projet (temporaire, « nomade », disent-ils) d’aménagement du territoire : la région la plus peuplée d’Allemagne est semée d’édifices catholiques et protestants désormais presque totalement abandonnés. On pourra y voir une conséquence de la marxisation de longue date du clergé allemand : ces églises modernes (vous savez, celles qui ressemblent à des piscines ou des bowlings) choisies par « Manifesta » étaient en effet surnommées « églises pantoufles » car les fidèles pouvaient s’y rendre en chaussons. Y a-t-il un rapport entre cette sécularisation et le fait que les églises soient méprisées au point d’être désormais vides ? Le Monde reste muet sur la question.
Une sourde hostilité envers le christianisme
Bref, ce sont douze édifices, répartis dans quatre villes de la vallée de la Ruhr, qui abritent des « installations » d’art contemporain pendant cette biennale durant quinze semaines. La Ruhr est devenue une région qui compte la communauté turque la plus importante d'Europe, essentiellement musulmane, complètement déchristianisée, dans laquelle « la présence centrale de grandes croix au milieu des espaces offre un cadre décalé dans des quartiers où les rares mosquées sont pleines », commente sobrement le quotidien de gauche, sans s’étendre sur la question.
On aurait tort de pointer uniquement du doigt la responsabilité des artistes : certaines de ces églises sont déjà des lieux privés, comme la propriété de ce boulanger turc, qui en a fait un entrepôt de stockage. Toutefois, certains choix artistiques interrogent sur une sourde hostilité envers le christianisme. À Duisbourg, on pourra ainsi admirer « une installation sonore faite à partir de tuyaux d’orgue cassés qui prennent l’allure de missiles au milieu d’un champ de bataille », tandis qu’à Gelsenkirchen, l’intérieur de l’église Saint-Joseph a été tapissé d’une bâche en plastique bleu aux couleurs du club de foot local. À Bochum, l’église est devenue un terrain de basket rose ; chaque panier manqué déclenche un « harmonique de messe ». Un autre artiste diffuse des airs révolutionnaires (Bella ciao, L’internationale…) à heure fixe devant une autre église, comme un carillon diabolique ; une autre a installé une aire de jeux en forme de cloche gonflable, avec un slogan qui fait référence aux difficultés de la migration.
Objet de dérision, héritage inconnu, support d’une déconstruction permanente alors même qu’il ne reste pas grand-chose à déconstruire en Allemagne, les édifices religieux moches retournent à la laideur dont ils n’auraient jamais dû sortir. Ce qui, en revanche, brise le cœur de tout chrétien, c’est le contraste entre le message du Christ, toujours jeune, et la haine ricanante de ces artistes qui, en plein milieu d’un territoire gagné par l’islam, s’offrent le luxe de s’en moquer.
Qu’ils rigolent autant qu’ils peuvent : le jour où il n’y aura plus, dans la vallée de la Ruhr, que des mosquées, l’art de ces douteux artistes aura du mal à trouver des lieux d'exposition...
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13 commentaires
Dans la mesure où c’est un lieu abandonné, autant qu’il serve à quelque chose, non ? C’est ce qu’on
appelle de la récupération. Honni soit qui mal y pense !
Quel contraste avec l’article précédent !
Heureusement, en France , les églises sont encore bien considérées, elles sont maintenant des « îlots de fraicheur »bien indispensables, plus que la recherche de salut!
Triste constat ! Et pourquoi l’Eglise ne réagit pas à tous ces sacrilèges ?
Au point où on en est…
Excellente conclusion
Au Royaume Uni, j’ai vu bon nombre d’églises transformées en centre islamique, ou en salle de musculation. Je pense que je n’ai pas tout vu, d’ailleurs… Photos à l’appui de celle que fréquentais vers 1850 mon ancêtre, ouvrière chez Dens Work, une filature à Dundee.
Dans ma ville, une des églises est un centre culturel, momentané, selon le bulletin communal…suite travaux au centre officiel depuis deux ans….
A l’origine, il y a eu les arts primitifs qu’on appelle les arts premiers. Et puis, vers la fin de la civilisation occidentale, il y a eu les arts modernes qu’on peut appeler les arts derniers. Des artistes décadents s’y sont vautrés avec délice, en faisant semblant d’ignorer que c’était la fin, y compris la leur.
Mieux vaut un terrain de basket, un minimarché ou une salle de réunion ou d’activité culturel, bibliothèque ou spectacle pourquoi pas, c’est mieux que la destruction non?
Mais de là à vendre à un turs pour stockage non.
C’est aussi de notre faute, nos évêques sont des évêques de salon et les chrétiens, à cause de 68, n’ont pas su transmettre la foi, l’enseignement de notre religion , nous recueillons ce que nous avons semé
Je confirme.
Je confirme le dernier paragraphe. Le réveil va être douloureux !