Les tartuffes ont repeint en douce le buste de Dalida. Et le nient !

La Mairie de Paris et ses petites pudibonderies.
Capture d'écran TF1
Capture d'écran TF1

Dalida est, pour les touristes, la véritable attraction de la butte Montmartre. On se presse au cimetière pour honorer sa tombe et sur la place qui porte son nom pour honorer ses seins. Des saints protecteurs, en quelque sorte, puisqu’il paraît que les toucher porte bonheur. Et pourquoi pas, après tout ? Mais voilà, comme nous l’expliquions ici même, en novembre dernier, cela ne plaît pas aux brigades de la répression du vice et de la promotion de la vertu woke. Reprenant donc l’injonction du Tartuffe de Molière – « Couvrez ce sein que je ne saurais voir./Par de pareils objets les âmes sont blessées/et cela fait venir de coupables pensées » –, la mairie de Paris a repeint en noir le buste de la chanteuse. Et d’abord nié être l’auteur du forfait !

Les curés de l’Église woke veulent rééduquer le petit peuple

Rééduquer le petit peuple, voilà leur mission, et, pour cela, refaire l’Histoire en supprimant tout ce qui en est l’expression populaire. Ainsi, au conseil municipal du 20 novembre 2025, les élus gauchisto-écolos de la mairie de Paris se sont élevés contre cette pratique barbare autour de la statue de Dalida. « Ces gestes relèvent d’une forme de banalisation du contact non consenti avec la représentation du corps féminin et traduisent une persistance symbolique d’appropriation du corps des femmes dans l’espace public. Ces mises en scène d’actes mimant une agression sexuelle participent à la culture d’impunité », avaient alors pompeusement déclaré les censeurs du barbecue et autres pourfendeurs de saucisses (de porc, bien sûr). Et d’exiger de la mairie qu’elle rehausse le socle de la statue pour éviter les palpations indécentes et « ajoute un panneau pédagogique pour "garantir l’intégrité" de l’œuvre ».

N’ayant pas été informé de cette offensive pudibonde, Orlando, le frère de la chanteuse qui veille sur sa mémoire, ne décolérait pas. Et voilà que les tartuffes en remettent une couche. De peinture, cette fois. La mairie de Paris a en effet pris l’initiative de repeindre le buste en bronze de la chanteuse. Toujours sans prendre la peine d’en aviser son ayant droit.

Quand hypersexualisation et néopuritanisme font la paire

Bien sûr, depuis bientôt dix ans qu’on lui astiquait le décolleté, le bustier de la chanteuse préférée de François Mitterrand avait pris une belle couleur dorée. Pire qu’une atteinte aux bonnes mœurs : « une forme de banalisation du non-consentement », vociféraient les papesses du néo-féminisme. Qu’une Masiero arrive à poil sur la scène des César, tampons hygiéniques en guise de boucles d’oreille, que des drag-queens enseignent aux petits enfants de maternelle l’art du touche-pipi, que les réseaux sociaux abondent en jeunes « influenceuses » qui se trémoussent avec obscénité, que les Gay Pride soient des défilés où la provocation extrême se met en scène, tout cela n’est qu’une juste lutte contre le patriarcat blanc. Mais que des touristes du monde entier viennent poser la main sur l’auguste poitrine de Dalida comme ils caressent celle de Juliette à Vérone ou le Chien de garde de la frontière et le Coq de la fermière dans le métro de Moscou est une insupportable offense à la gent féminine.

La mairie de Paris, qui a donc obtempéré et repeint en noir l’entièreté du bronze, a d’abord nié auprès du Parisien être l’auteur de ce toilettage. Puis finalement avoué son forfait. Une « opération d'entretien », rien d'autre.

C'est que dans la tête des néo-puritains désaxés qui nous gouvernent, la poitrine des femmes est « une zone corporelle stratégique dans le processus de domination masculine », comme on peut le lire sur la page d’Europe des droits & des libertés. Pire : « elle synthétise, nous dit-on, l’injonction faite aux femmes de "devenir et demeurer des corps sexuels et maternels à disposition" ». Or, ces gens militent tout à la fois pour la dénudation complète de cette partie du corps et sa dissimulation aux regards.

Cette même pudibonderie est aujourd’hui à l’œuvre dans le sport où les retransmissions sont désormais soumises à des cadrages particuliers lorsqu’il s’agit des compétitions féminines. On floutera bientôt la poitrine et l’entrejambe des athlètes comme on floute les nourrissons dans les couveuses. Pendant ce temps, la pédophilie fait rage et les adolescentes se promènent dans les rues en sous-vêtements (caleçon moulant ultra-court et crop top). On nous dira que la pudeur est sauve, puisqu’elles crient à l’agression sexuelle si jamais un regard se porte sur elles…

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Marie Delarue
Journaliste à BV, artiste

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