Editoriaux - People - Politique - Société - 17 octobre 2019

Voile islamique : et si on prenait exemple sur Kate !

Un peu de people, de royal news nous feront du bien et nous sortiront du délire collectif dans lequel s’embarque la France autour du voile. Partons sans plus attendre au Pakistan, où le prince William et la duchesse de Cambridge sont actuellement en voyage officiel.

Mercredi, les deux altesses royales visitaient la province de Khyber Pakhtunkhwa, province montagneuse située au nord-ouest du pays, à la frontière avec l’Afghanistan. Pour visiter Chitral, une ville relativement modeste de 50.000 habitants (Peshawar, la capitale de la province, compte près de deux millions d’habitants), Kate Middleton (oui, je vais parler d’elle parce que c’est elle, et puis point barre) ne s’est pas pointée hissée sur ses talons de 15, dos dénudé, sans soutien-gorge, comme à la première du Spectre à Londres en 2015. Un lieu, une circonstance, une tenue. Le b.a.-ba du savoir vivre. Donc, notre chère Kate avait enfilé une jupe longue marron, des bottes, un gilet sans manche et, négligemment posé sur son épaule gauche, un châle (ou une écharpe, je ne suis pas chroniqueur à Modes & Travaux), tout ça lui donnant une délicieuse couleur locale du meilleur effet. Qui plus est tout en sobriété. Perfect, Madam! Et puis, pour couronner le tout, la duchesse de Cambridge a bien voulu poser sur son chef altier le pakol, coiffure traditionnelle en laine ornée d’une plume. La veille, pour rencontrer le Premier ministre pakistanais, elle était revêtue d’une longue tunique verte et d’un pantalon blanc, toujours histoire de faire couleur locale.

Faire couleur locale, ce n’est pas se déguiser, c’est montrer que l’on respecte les personnes, le peuple qui vous accueille gentiment, vous ouvre ses portes. On se répète, le savoir-vivre. Si ça vous amuse, ajoutez « ensemble », mais j’en resterai au savoir-vivre tout court.

En 2016, Kate middleton, en visite officielle en Inde avec le prince William, était allée assez loin dans le savoir-vivre en se déchaussant, comme le veut la coutume, pour pénétrer dans le mémorial de Gandhi. La duchesse aux pieds nus. On ne sait pas si elle s’était sentie humiliée d’exposer ainsi sa nudité pédicure au monde entier, d’autant que cela avait pas mal glosé à l’époque dans les magazines people sur l’état désastreux des pieds de Her Royal Highness – la faute à ses talons trop hauts. On ne sait pas, non plus, si Buckingham Palace avait dépêché en carrosse une cellule psychologique à Kensington Palace, au retour du voyage, pour que la duchesse Catherine se remette de cette humiliation. Semble-t-il, non.

Bon, tout ça pour dire qu’en France, on ferait peut-être mieux de lire ces magazines people que les chroniques de certains journaux qui relaient à l’envi, ces derniers jours, la profonde désespérance de cette pauvre femme, mère qui plus est – pardon, maman -, désespérance qui fait la une de ces dits journaux. Je veux parler de celle qui s’est pointée, la semaine dernière, au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, coiffée non d’un pakol mais d’un voile traditionnel qui n’a rien à voir du tout avec les coutumes ancestrales de Bourgogne, tant du duché que du comté.

Un lieu, une circonstance, une tenue : c’est pourtant pas compliqué. Faut croire que si. Dans le pays le plus intelligent du monde, paraît-il, on ne devrait pas avoir à légiférer là-dessus. Faut croire que si aussi. Je retourne à la lecture de mon magazine people.

Kate Middleton au Pakistan

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