Durant deux jours, Marseille a été le théâtre de scènes de guérillas urbaines particulièrement violentes, en marge du match entre l’Angleterre et la . Le hooliganisme européen a souvent fait la une des journaux, les Anglais en tête. Nul n’a oublié le drame du Heysel, survenu le 29 mai 1985 à Bruxelles. Lors de la finale de la Coupe d’Europe des clubs champions opposant Liverpool à la Juventus, des grilles de séparation et un muret s’effondrèrent sous le poids des supporters, faisant 39 morts et plus de 454 blessés. Suite à cet événement funeste, les hooligans anglais furent mis sur le banc des accusés, provoquant l’interdiction pour Liverpool de participer aux Coupes d’Europe pendant dix ans (ramenés à 6 ans) et le bannissement des Coupes d’Europe pour 5 ans au total pour tous les autres clubs anglais.

Depuis, le hooliganisme semblait mieux contenu par les autorités européennes, même si les incidents qu’a connus la ville de Marseille, pendant la Coupe du monde 1998 en marge du match où s’affrontaient l’Angleterre et la Tunisie, sont encore présents dans les esprits. Déjà Marseille, déjà l’Angleterre. Rien à signaler au cours de la Coupe du monde 2006 en , ou au cours des Euros qui se sont déroulés entre l’année 2000 et l’année 2012. Les Anglais étaient pourtant présents dans toutes ces compétitions, de même que les Russes aux Euros 2008 (organisé par la Suisse et l’Autriche) et 2012 (organisé par la Pologne et l’Ukraine).

Pourquoi aucun incident n’a-t-il été à déplorer lors de ces événements, tout aussi risqués ? Tout simplement parce que ces pays savent gérer le hooliganisme, contrairement à la France. Sans compter le fait que la violence est maximisée en France, surtout à Marseille, par les provocations des « jeunes », souvent venus des cités ou des groupes ultras de l’Olympique de Marseille, comme l’expliquait un policier cité par le journal L’Équipe dans un article hier : “En fait, ce soir, ce ne sont pas les Anglais qui font chier, mais nos crapauds marseillais.”

La culture française du maintien de l’ordre, faisant la part belle aux parades démonstratives, n’est pas adaptée au football, qui nécessite plutôt de la prévention, et une présence policière discrète en amont. La police allemande avait réussi, lors de la Coupe du monde 2006, à parfaitement contenir la menace des supporters violents, souvent parqués sans que personne n’ait le temps de s’en apercevoir.

Hier, la rencontre du hooliganisme anglais classique (personnes avinées et nombreuses), du hooliganisme moderne russe (supporters ultra-violents et parfaitement organisés, issus notamment des groupes suivant les clubs du Lokomotiv Moscou et du Spartak Moscou), de la racaille marseillaise (provocatrice et animée de l’envie d’en découdre) et d’une organisation socialiste ringarde digne des années 1980 a provoqué une chienlit incroyable. Les responsables de la sécurité de l’, le commissaire Antoine Boutonnet en tête, ont beau ne pas vouloir « dresser de constat d’échec », ils sont clairement les premiers responsables de ces débordements qu’ils devaient normalement prévenir.

Cet Euro 2016 est, d’ores et déjà, une catastrophe. L’UEFA et le gouvernement français devront s’expliquer. Ces incidents démontrent, par ailleurs, l’effondrement moral de la France, incapable d’organiser correctement une compétition internationale de football ; la faute au laxisme, la faute à ces « racailles » made in France qui s’empressent de sortir les drapeaux algériens ou maliens dès que cela est possible. Encore une fois, bravo à Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur aux abonnés absents.

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