Souvenez-vous de ce qui se disait. Souvenez-vous de ce discours méprisant vis-à-vis d’un peuple britannique soi-disant indécis qui était prêt à se raviser. Souvenez-vous de ceux qui disaient que les Britanniques, soi-disant trompés par , souhaitaient un nouveau référendum pour se repentir et renoncer définitivement à ce rêve fou d’indépendance nationale.

Eh bien, ce pari de l’indépendance, fait par Boris Johnson, triomphe aujourd’hui avec 364 sièges sur 650 et 44 % de suffrages exprimés, contre 203 sièges et 32 % pour les travaillistes de Jeremy Corbyn. Les Lib-Dem (un genre de LREM) 11 sièges et 12 %. L’élection n’a qu’un seul tour, et le premier dans la circonscription emporte le siège. « The winner takes it all. » C’est l’exact opposé de la proportionnelle qui aboutit à l’émiettement des sièges entre une multitude de formations politiques incapables de former une majorité stable dû à l’obligation d’alliances improbables.

Nous l’annoncions envers et contre tous sur Boulevard Voltaire dès le 25 juillet, en expliquant pourquoi Boris Johnson était l’homme qui ferait le Brexit, sachant que les conservateurs avaient toujours su trouver la personne qu’il fallait quand l’Histoire leur donnait rendez-vous. Cela vient d’être confirmé, aujourd’hui, Boris Johnson est l’homme de la situation, comme Churchill le fut en son temps.

Il faut se souvenir que les conservateurs, aux dernières élections européennes, n’avaient fait qu’environ 9 %. L’électorat conservateur s’était largement abstenu ou avait voté pour le Party de Nigel Farage. C’est dans ces conditions que Boris Johnson est devenu chef des Tories, puis nommé Premier ministre par la reine.

Il faut saluer un autre artisan de la victoire, il s’agit de Nigel Farage, qui avait réalisé 31,6 % aux dernières élections européennes avec son Brexit Party, créé en janvier après son départ du Parti pour l’indépendance du (UKIP). La campagne des européennes, menée sur une période assez courte, s’est largement focalisée sur cette question de la sortie de l’Union européenne. Pourtant fort de ce résultat, le chef du Brexit Party s’est sabordé pour assurer la victoire du parti conservateur, de manière unilatérale. Pas de candidat face aux conservateurs sortants mais systématiquement face aux travaillistes, ailleurs. Saluons, ici, Nigel Farage le grand homme qui s’est sacrifié pour son pays.

Aux dernières élections européennes, les conservateurs n’avaient pas fait mieux que LR chez nous : environ 9 %. Imaginons des législatives anticipées où Marine Le Pen ne proposerait aucun candidat là où LR aurait un sortant. Même pas en rêve, diraient et les uns et les autres, et pourtant, Dieu sait qu’en dehors d’une union des droites, il n’y a point de salut.

Des changements sociologiques profonds font que la gauche représente les élites globalistes et cosmopolites, les anywhere et les immigrés des banlieues qui les servent, tandis que « la droite » représente la bourgeoisie nationale, la classe moyenne et ouvrière et les populations rurales ou périurbaine, les somewhere. Face à cette gauche progressiste de Macron qui souhaite pour ennemi un front rouge-brun, seule l’union des droites (LR, PCD, DLF, RN, « droite hors les murs ») pourra créer une alternative qui attirera l’électorat de la France profonde.

Sur le plan diplomatique, sans attendre, l’entente cordiale doit être ravivée. Un partenariat global, diplomatique et stratégique franco-britannique avait abouti aux accords de Lancaster House signés en 2010 par Nicolas Sarkozy et David Cameron. Un partenariat qui n’oubliait pas le rôle et l’importance des États-Unis.

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