Véran : l’hôpital qui se moque de la charité

véran

Il paraît que le bon docteur Véran est ministre (délégué seulement…) du Renouveau démocratique. Emmanuel Macron étant un spécialiste des ressources humaines, tout comme sa N-1 Elisabeth Borne, ces deux-là ont dû juger que cette mission qui consiste à renouveler notre démocratie est certes noble mais ne valait pas un équivalent temps plein (ETP), et donc ils ont refourgué en sus au ministre émérite de la Santé, croix de guerre du Covid avec palme, le porte-parolat du gouvernement. Du coup, ça lui fait des journées bien chargées. Cela dit, en fait de renouveau démocratique, Olivier Véran est surtout en charge du RN.

Olivier Véran, ministre délégué en charge du RN

Une première sous la Ve République : on a désormais un ministre (délégué, j’insiste) dont la mission consiste à suivre au quotidien le principal parti d’opposition. Sous Hollande, souvenez-vous, on avait parlé d’un « cabinet noir » à l’Elysée pour s’occuper des cas Sarkozy puis Fillon. Depuis Richelieu et son Père Joseph, on a toujours aimé ça en France. Pas les cabinets noirs mais l’idée qu’il puisse exister ce genre d’officine. Avec Macron, on ne se gêne plus : tout est transparent, en open space, ou presque. D’où un Véran en charge de pister le RN. Et il faut reconnaître qu’en quelques mois l’intéressé a acquis une sacrée expérience. Entre une visite éclair à Beaucaire (même pas le temps d’y rester pour souper comme Bonaparte) et un posé d’assaut à Hénin-Beaumont, faut reconnaître que notre ministre délégué prend des airs de Napoléon à Arcole. On frôle l’héroïsme.

A quoi peut donc rêver Olivier Véran ?

Et puis, il y a les plateaux télé. Le dernier, c’était sur LCI. Interrogé sur les propos de Jordan Bardella qui se dit prêt à devenir premier ministre de cohabitation, en cas de dissolution et de victoire du RN aux législatives, Olivier Véran nous confie, sur le registre de l’ironie grinçante et quelque peu condescendante qu’on lui connaît, son fond intérieur : « Jordan Bardella, on peut deux secondes, je ne sais pas si ça fait rêver les gens… Moi, ça ne me fait ni rêver, ni cauchemarder, je n’y crois pas ». A quoi rêve Olivier Véran ? Un bon sujet de roman de gare, non ? En tout cas, c’est son droit de dire qu’il n’y croit pas. Mais on se demande alors à quoi sert cette espèce de « task force » montée au printemps dernier par le parti présidentiel autour de la députée macroniste de la Marne, Laure Miller, ancienne LR, dont le but était de faire « sortir du bois » le RN ? Ils veulent voir le loup ? Sept mois plus tard, le RN, comme les Gaulois, est dans la plaine et semble pour l’instant pas trop mal parti pour les élections européennes. Soit dit en passant, l’hypothèse d’une dissolution semble peu probable actuellement mais Olivier Véran devrait faire preuve de plus de modestie. Par les temps qui courent la politique française va de surprise en surprise. Qui aurait dit, il y a trois ans que Valérie Pécresse se vautrerait dans les conditions que l’on sait à la présidentielle de 2022 ? Que le RN rentrerait 89 députés à l’Assemblée nationale ? Que Macron n’aurait pas la majorité absolue ? D’ailleurs, à ce sujet, on avait bien compris que tout intelligent qu’il est, Macron savait mais ne voulait pas le croire. Il semblerait que depuis mardi soir, c’est chose faite.

 

Le casting de Véran

Alors Véran, qui n’y croit pas, nous fait son « casting » d’un gouvernement Bardella, n’hésitant pas à user d’arrangements avec la vérité, notamment lorsqu’il évoque Grégoire de Fournas comme ministre de la Mer, « parce qu’il disait ‘‘Qu’il retourne en Afrique’’ en réponse à un député qui était d’origine nord-africaine ? »… Bon, ce député, Carlos Bilongo, est d’origine congolaise. Mais c’est pas grave. Véran est peut-être aussi fâché avec la géographie, comme Macron qui avait parlé de la Guyane comme d’une île. Ce qui est grave c’est que tout le monde sait aujourd’hui que Fournas parlait de l’Ocean Viking et non de Bilongo. On vous épargne la suite de la tirade qui est du même tonneau.

Maintenant, pour oser ironiser sur cette question de casting, entre nous, faut être drôlement gonflé, alors qu’on a été collègue de gouvernement de personnages comme Marlène Schiappa, Sibeth Ndiaye, Pap Ndiaye ou encore Christophe Castaner. Et on doit en oublier d'autres... Ah oui, c'est vrai : Olivier Véran. Qui aurait parié un kopek en 2016 que tout ce beau monde serait un jour ministre ?

Georges Michel
Georges Michel
Editorialiste à BV, colonel (ER)

Vos commentaires

61 commentaires

  1. Le Docteur Véran doit rembourser à l’Etat l’intégralité de ses études de médecine car au lieu de pratiquer la médecine par exemple en zone rurale, le Dr Véran a été ministre et fait de la quasi basse police pour complaire au foutriquet de l’Elysée. Cette remarque est également valable pour tous les médecins-ministres de la Santé qui n’ont jamais réformé le numerus clausus, n’est-ce pas Dr Douste-Blazy et autres Marisol Touraine ?

  2. Qui pourra rappeler à notre gouvernement et à son porte parole qu’il est là pour gouverner et non diriger un parti. Qu’un parti politique essaie d’exister en manœuvrant pour disqualifier son adversaire, cela est normal, mais que le gouvernement utilise les deniers publics pour se livrer à cet exercice relève du détournement de fond.

  3. Méfiez-vous toujours d’un médecin qui a arrêté la médecine pour faire autre chose… Neuf fois sur dix ce sera un forban.

  4. Macron a la main heureuse dans son recrutement avec de tels spécimens de sa pensée unique : Véran , Dupont , Abdul , Pannier et j’en passe et des meilleurs certes la nupes l’a coiffé au poteau pour le phénomène Mélenchon avec son « enmêmetemps » il devrait ajouter à sa collection de nuisibles Rousseau pas Jean-Jacques mais l’autre.

  5. Véran encore une lumière macroniste qui a fait ses preuves lors du covid où il a excellé dans le mensonge , le voila reconverti dans la chasse au RN lequel n’a rien à craindre d’un type aussi peu crédible .

  6. Panique à bord pour tous ces pseudo ministres qui vivent sur le dos de la République; que ne feraient ils pas pour rester en place ?mais dans ce jeu de bonneteau et de poker menteur la carte anti facho , anti RN commence à perdre de sa valeur.

  7. veran n’a jamais été un cadre,c’est une affiche placer dans un coin ou personne ne va,quand aux autres personnes d’ont il parle sont certainement beaucoup plus intelligente que lui qui est un sous fistre de la macronie.

  8. Nos dirigeants actuels ont peur, mais même très peur du RN . Ils ont n’ont pas peur du RN pour la France, mais pour eux-même . Ils veulent surtout conserver leur place , ils sont bien au chaud et cela leur suffi . Que les français souffrent , cela n’est pas leur soucis premier .

Commentaires fermés.

Pour ne rien rater

Les plus lus du jour

L'intervention média

Les plus lus de la semaine

Les plus lus du mois