Je suis très inquiet pour la santé des Français. Non pas pour les risques liés au Covid-19. On sait, désormais, à quoi s’en tenir sur les personnes vraiment à risque, sur les profils des décès (comorbidité, etc.) et la médecine, « raoultienne » ou pas, réussit désormais à mieux prendre en charge les cas graves. Non, je suis très inquiet pour leur santé… mentale et l’impact des injonctions d’un pouvoir par ailleurs discrédité par ses incessants changements de pied sur les masques, les tests, les quatorzaines, les « On ferme/on ferme pas une classe ». Et j’en passe.

Dernier épisode de cette danse du Covid-19, la dernière sentence du ministre de la Santé : « Les cas contacts de cas contacts ne sont pas des cas contacts. » Les amis de mes amis… Ce sont des cas contacts « à risque négligeable ». Dans la classe de mes enfants, cela donne : « Ben oui, on lui parle pas, à lui, on mange jamais avec lui. » Entendu, chéri, j’ai compris. Si on y réfléchit un peu, tout cela se défend, et Le Huffpost explicite tous les cas possibles, les degrés de contact.

Mais ce n’est pas cela qui m’inquiète, ces centaines de milliers de tests, ces laboratoires débordés, cette vampirisation de tout par ce Covid-19… Non, ce qui m’inquiète c’est bien la santé mentale des Français.

Hier, au supermarché, pour les courses hebdomadaires, le soir, pour éviter l’affluence. On arrive avec nos deux Caddie™ de famille nombreuse et hop ! une caisse presque vide, avec une senior et son grand fils. Je commence à déposer mes boîtes quand, soudain, la dame me demande d’attendre et de respecter la distance. Elle pouvait s’avancer et s’éloigner de moi si ma présence l’angoissait. Elle pouvait aussi se faire livrer les courses chez elle, après tout. J’essaie de protester de mon innocence. Peine perdue : « Mais vous n’écoutez pas ce qu’on nous rabâche tout le temps ! » Oui, à ce point ! Et je me dis qu’elle écoute peut-être trop ce qu’on lui rabâche, la dame.

Quelques heures plus tard, dans notre petite ville, qui a délimité tapageusement une vaste « zone protégée Covid » avec masque obligatoire – zone à la densité très faible, par ailleurs -, alors que nous nous promenons hors de cette zone, qu’il n’y a personne dans la rue, un « jeune » masqué nous hurle qu’il faut mettre le masque, que c’est obligatoire. Et ce n’était pas une plaisanterie.

Voilà où nous en sommes !

Je tombe, en rentrant, sur l’interview de Luchini dans Le Figaro et sur son passage sur « C à vous » : « Alors, il y a Véran. Véran, c’est l’exalté. Le but de Véran, c’est… Véran, il me fait penser à Knock. “Vous me donnez un canton peuplé de quelques milliers d’individus neutres… Mon rôle, c’est de les déterminer. Je les mets au lit (on dirait que c’est ça, ce qu’il veut). – Vous ne pouvez tout de même pas mettre tout un canton au lit ? – Ça se discuterait !” » Regardez le numéro de Luchini imitant Jouvet. Sur la coupe de cheveux de Véran, sur Delfraissy. Et vous rirez davantage encore des 66 millions de cas contacts que nous sommes en train de devenir.

Conclusion de l’artiste : « Je ne dis pas qu’il n’y a pas un problème médical. Ils parlaient trop. Ils se contredisaient ; ça a été le bordel. » Et ça l’est toujours.

Luchini a été, avec ses fables sur Instagram, un excellent remède pendant le confinement. Lui, il est encore à la hauteur pour l’après.

Pour la santé mentale des Français, il est urgent de débrancher Véran et de diffuser cinq minutes de Luchini, tous les soirs, à 20 heures. Cher Fabrice Luchini, vous qui avez appelé le Président et Roselyne Bachelot pour rouvrir les théâtres, faites quelque chose !

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