Dans un communiqué daté du 18 février, le secrétaire d’État Mike Pompeo a annoncé une nouvelle vague de sanctions financières contre le régime de Nicolás Maduro en s’attaquant, cette fois, à la filiale Rosneft Trading SA du géant pétrolier russe Rosneft, accusée de contourner les sanctions américaines existantes pour soutenir le régime cháviste. Las de voir « la solution de recours Juan Guaidó » s’enliser, les États-Unis ont donc décidé, via cette filiale du géant pétrolier russe, de mettre la pression sur Moscou, ouvertement accusé d’aider financièrement le régime.

Depuis une dizaine d’années, la Russie a injecté, sous diverses formes et investissements, l’équivalent de 18 milliards de dollars. Les sanctions contre Rosneft Trading (gel de tous les avoirs détenus aux États-Unis, pénalités financières contre tous ceux qui entretiennent avec cette entité des relations commerciales), dont le siège social est à Genève, ont pour but d’empêcher ou, du moins, de rendre beaucoup plus complexes ses transactions sur les marchés financiers mondiaux. Ainsi, par exemple, Washington a donné 90 jours à ses alliés, y compris européens, pour mettre fin à toute relation avec Rosneft Trading.

L’objectif américain est, bien entendu, de mettre la pression sur Moscou mais aussi sur les partenaires du , à savoir la Chine et l’Inde, qui sont deux importants importateurs du brut vénézuélien, mais aussi sur des pays comme la et certains pays du Golfe, Arabie saoudite, Émirats arabes unis, par exemple, qui achètent plus ou moins clandestinement des tonnes d’or au .

À Caracas, ces nouvelles et lourdes sanctions ont déclenché l’ire de Maduro, qui a traité, dans une allocution, Guaidó de rata de caneria (« rat de canalisation »), de vendepatria (« antipatriote »), appelant même les travailleurs de la PDVSA à porter plainte contre lui !

La stratégie américaine est celle dite « du nœud coulant » avec, pour principal objectif, de contraindre, par asphyxie financière, Maduro à quitter le pouvoir et organiser de nouvelles élections sous contrôle international. Face à ce regain de tension, le président vénézuélien a organisé, il y a quelques jours, à la frontière colombienne, de grandes manœuvres militaires avec le déploiement de milliers de soldats. Inaugurant ainsi ce qu’il a nommé « le bouclier bolivarien 2020 » pour démontrer la capacité du Venezuela à assurer la défense de son territoire contre une éventuelle attaque des États Unis avec ses 360 000 soldats et, comme « force supplémentaire une milice bolivarienne composée de plus de trois millions d’hommes et de femmes ».

Au-delà des communiqués convenus, la Russie, qui a investi des sommes considérables, ne peut pas se retirer ainsi du Venezuela et nul doute qu’Igor Ivanovitch Setchine, ancien vice-Premier ministre de la Fédération de Russie (2008-2012), actuel président du conseil d’administration de Rosneft, ami personnel de , puisse se satisfaire d’une telle mesure. Ces sanctions sont, en fait, un véritable ultimatum à la Russie. La question centrale, maintenant, est de savoir, face à ce nouveau bras de fer, pour quel type de riposte va opter ?

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