Après plusieurs mois de rencontres et de négociations secrètes, soulignées dans ces colonnes, avec pour toile de fond la terrible crise énergétique consécutive au déclenchement de la et des sanctions à l’encontre de la Russie, le gouvernement du président vénézuélien Nicolás Maduro et l'opposition ont signé au Mexique, samedi 26 novembre, « un accord de protection sociale » afin de libérer une partie des avoirs vénézuéliens bloqués à l’étranger. L’accord, conclu sous l’égide à la fois du nouveau président de gauche colombien Gustavo Petro, de la Norvège, très influente dans le reprise du dialogue entre les deux parties, et, bien entendu, des émissaires discrets de Washington, a été accueilli dans de nombreux pays de manière enthousiaste. Y compris, avant même la signature de l'accord, par le Président Macron qui avait rencontré, lors de la COP27, le président Maduro et lui avait déclaré qu’il serait « heureux qu’on puisse se parler plus longuement ».

Pour autant, cet accord semble encore très nébuleux : le montant des sommes n’est pas précisé, même si Jorge Rodríguez, le responsable de la délégation gouvernementale vénézuélienne évoque un montant de trois milliards de dollars. Nébuleuse, aussi, leur affectation précise « destinée à la santé et à l'éducation, à la rénovation du réseau électrique déficient, la prise en charge de l'urgence générée par les pluies qui ont provoqué des inondations et des glissements de terrain ». C’est en fait l’ONU qui, selon le document, serait en charge de la création et du fonctionnement de ce fonds financier abondé par les sommes débloquées « progressivement ».

Mais l’important semble ailleurs : à peine cet accord est-il officiellement annoncé à la presse que le gouvernement américain autorisait le géant pétrolier Chevron à reprendre partiellement ses extractions d’hydrocarbures au ! Une décision qui fait suite à l’autorisation accordée dès mai 2022 à Chevron de « négocier » son éventuelle reprise d’exploitation au Venezuela. C'était une première entorse à l’embargo sur le pétrole vénézuélien imposé par Washington depuis avril 2019 pour tenter d’effondrer l’économie vénézuélienne, très dépendante de sa ressource pétrolière, et provoquer ainsi la démission de Maduro.

Contraint de diversifier leur approvisionnement en hydrocarbures pour compenser la perte du brut russe à la suite des sanctions prises en réponse à l’invasion de l’ par la Russie, les États-Unis se tournent donc vers le Venezuela, qui disposerait, d’après de nombreux experts, des plus grandes réserves au monde. Conscient que cette volte-face pourrait étonner, le département d'État a tenu cependant à déclarer que les autres sanctions continueront d'être appliquées « avec vigueur ».

Cet accord est également une véritable bouée de secours pour Maduro et son pouvoir alors qu’une enquête nationale sur les conditions de vie (ENCOVI) menée par l’Institut de recherche sociale de l’Université catholique privée Andrés Bello (UCAB) a révélé que le nombre de pauvres représentait, en 2021, plus de 65 % de la population, soit près de 18 millions d’habitants. Comme par hasard, dans « l’accord partiel » conclu à Mexico, aucune mesure n’a été annoncée pour garantir que la prochaine élection présidentielle (prévue en 2024) puisse se dérouler « normalement »...

1934 vues

28 novembre 2022

VOS COMMENTAIRES

BVoltaire.fr vous offre la possibilité de réagir à ses articles (excepté les brèves) sur une période de 5 jours. Toutefois, nous vous demandons de respecter certaines règles :

  • Pas de commentaires excessifs, inutiles ou hors-sujet (publicité ou autres).
  • Pas de commentaires insultants. La critique doit obéir aux règles de la courtoisie.
  • Pas de commentaires en majuscule.
  • Les liens sont interdits.
  • L’utilisation excessive de ponctuations comme les points d’exclamation ou les points de suspension rendent la lecture difficile pour les autres utilisateurs, merci de ne pas en abuser !

Pas encore de compte, inscrivez-vous gratuitement !

La possibilité d'ajouter de nouveaux commentaires a été désactivée.

9 commentaires

  1. Les USA n’ont pas d’ennemis car ils ne peuvent être envahis. Ils n’ont que des relations d’affaires et ça , ça va ç vient au gré de l’époque

  2. Comment peut-on être aussi narcissique ? Il est pitoyable dans son costume de négociateur qu’il sait lui mème taillé. Les USA et le VZ non que faire de l’avis de notre guignol national, incompétent, mauvais à tout, menteur et j’en passe. Lui qui shunte systématiquement la représentation nationale a le culot de nous parler de démocratie et de liberté.

  3. Notre président félicite cet accord mais que fait il pour son peuple à part tout augmenter au point que de plus en plus de gens finissent à la rue . Je ne supporte plus cet être , ce n’est pas un homme et je vais m’arrêter là pour obéir aux règles de la courtoisie .

  4. Le pétrole n’a pas d’odeur.On voit les mentalités occidentales , américaines çà on savait leurs valeurs de même que celle de macron,ils sont tous préts à se prostituer pour un peu de pétrole.Ne pas oublier que notre ministre des finances voulait mettre à genoux la Russie.Je pense que là on a touché le fond du point de vue de la moralité.J’ai honte de voir que les français aient pu réelir un guignol pareil.

  5. Les USA avancent maintenant totalement démasqués. Le Venezuela est bien plus près que la Russie et qu’importe si le peuple Vénézuélien est plus pauvre que le Russe. L’amérique d’abord ne me choque pas, mais il est scandaleux que notre président se félicite de cet accord alors que sa mission est de défendre l’intérêt de la France.

    1. Mais il ne sait pas ce qu’est la France. Quand il parle à la télé on a l’impression qu’il s’écoute parler

Les commentaires sont fermés.

  Commenter via mon compte Facebook

  Commenter via mon compte Twitter