Le 18 mai 2022, Washington annonçait une levée de certaines sanctions à l’encontre du Venezuela : l’entreprise américaine Chevron Corporation, l'italienne ENI et l’espagnole Repsol pouvaient de nouveau exploiter le pétrole vénézuélien et le vendre sur les marchés extérieurs. Cette décision s’inscrit dans la ligne à la fois des contacts entrepris depuis le 5 mars 2022 avec le président Nicolás Maduro et les conséquences sur le marché de l’énergie de la guerre en Ukraine.

Cette annonce, même si elle est bien entendu encore très minime, reste cependant révélatrice de la politique extérieure américaine : les grands principes énoncés ici et là sont à géométrie variable et l’ajustement de la variable est étroitement lié aux intérêts américains. Dans le contexte actuel, le prix du gallon (3.78 l), qui vient de dépasser en moyenne les cinq dollars, selon les chiffres fournis par l'Association américaine des automobilistes, soit une augmentation de plus de 60 % en une année, est une très mauvaise nouvelle pour à l’approche des de mi-mandat du 8 novembre 2022.

Aussi l’intérêt de la Maison-Blanche est-il donc de reprendre contact avec un pays qui a été durant des décennies une de ses principales sources d’approvisionnement en pétrole. D’autant que la marge de manœuvre sur le plan de la production vénézuélienne est considérable : 800.000 barils de brut actuellement produits par jour alors qu’elle était encore de plus 3 millions en 2008/2009 !

Tout cela explique l’arrivée, mardi 28 juin, à Caracas, dans la plus grande discrétion, d’une délégation américaine « d’importance ». Au menu de cette rencontre secrète, la possible et progressive normalisation des relations entre les deux pays avec, bien entendu, à la clef l’augmentation de la capacité de production pétrolière. La morale, cependant, doit être sauve : les « avancées » seraient conditionnées à la reprise, au Mexique, du processus de négociation entre l’opposition et la gouvernance vénézuélienne rompu depuis octobre dernier. Avec, en perspective, l'élection de 2023.

Tous ces événements conjugués sont une véritable aubaine pour Nicolás Maduro, hier encore mis au ban des nations occidentales !

Faut-il alors s’étonner des déclarations du Président Emmanuel Macron tenues lors de la réunion du G7 sur le possible retour du Venezuela (et de l’Iran !) en tant qu’importateurs de pétrole, et ce, pour éviter la hausse des prix consécutive à la guerre en Ukraine ? Une nouvelle déclaration, impensable encore, il y a quelque temps, dont s’est immédiatement réjoui le président vénézuélien : « Le Venezuela est prêt à recevoir les entreprises françaises qui veulent produire du pétrole pour les vendre sur le marché européen. »

Comme dirait Félicien Marceau, « il faut avoir quelques principes fermes. Ils vous aident à tenir debout ! »

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3 juillet 2022

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14 commentaires

  1. Forcément , quand on se ferme des portes là , il est urgent d’en ouvrir ailleurs , l’honneur est sauf mais les américains en ont jamais eu , c’est le business qui fait loi .

  2. Ce Pays, contesté politiquement, au bord de la faillite, regorge de pétrole. On oublie tout !
    « Qu’importe la flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse ».
    Viendra le moment où l’on adorera Poutine !

  3. Biden lui fait tout pour l’Amérique contrairement à Macron qui fait tout pour tout le monde au détriment de la France et des français.

  4. « Il faut avoir quelques principes fermes. Ils vous aident à tenir debout ! » On pourrait surtout dire que les principes, c’est fait pour s’assoir dessus…

  5. Mais, parfois, pour rester debout, il faut sautiller d’une patte sur l’autre.
    Celà montre quand même l’affolement du G7 pour récupérer certains pays qu’ils avaient mis en quarantaine et qui se rapprochaient dangereusement du BRICS (E7)

    1. Rester debout? Même sur un vélo, Biden, quasiment à l’arrêt, se vautre lamentablement .

  6. Même s’il donne une image de sénilité, la marionnette Biden (piloté par ses conseillers ….) ne pense qu’aux intérêts de l’Amérique ! Il est fichu de manoeuvrer pour que la guerre touche toute l’Europe si ça peut rapporter des dollars aux Etats-Unis ! Et pendant ce temps, notre mauvais comédien cynique, complètement inconscient de la gravité de la situation, joue à faire de la pub pour des lessives ou des lampes à bronzer …. avec la complicité de nos médias. La France est très mal barrée …

  7. C’est plutôt la planche à billets la cause principale de la hausse des prix. Mais personne pour le dire. Biden a besoin de réduire son inflation galopante avant novembre ; sans compter toutes ses décisions stupides. Il a besoin de pétrole entre autre, c’est urgent.

  8. Mais qui doute encore que la politique mondial des USA est principalement braqué dans l’intérêt seul des états unis et uniquement. Est ce que les anglo-américains vont débloquer les millions de dollars de l’état Venezuela. si on rajoute les fonds des pays qui ne sont pas alignés avec Washington çà fait un bon paquet qui profite aux budget des états unis et quelques de ses alliés.

  9. Quand ils disent « America first » Ce ne sont pas des paroles en l’air, c’est leur credo et je les comprends. A nous d’agir en conséquence, mais là..

  10. Business is business, seul crédo des USA, on le voit en europe avec leur frénésie à pousser la guerre en Ukraine de façon à affaiblir l’europe et à fourguer leurs engins militaires aux dépens des entreprises européennes comme Dassault par exemple.

  11. Notre petit président est le seul au monde à ne pas défendre les intérêts de son pays la France !
    Et pourtant 58% de Francis l’ont réélu ! Décidément cela devient un leitmotiv chez moi !

    1. Oui, mais si on enlève les abstentionnistes, les votes blancs, nuls et la fraude, il a été élu par combien ?

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