Fin octobre, la tension était à son comble à Caracas à la suite des manifestations imposantes du 26 octobre, de la générale deux jours plus tard et de l’annonce, par le Parlement, d’un vote (symbolique) de destitution du président Nicolás Maduro.

Et la semaine suivante s’annonçait particulièrement à risque avec le vote de défiance et, surtout, la grande marche populaire vers le palais présidentiel de Miraflores, prévue par l’opposition le jeudi 3 novembre, dont on pouvait craindre le pire. Surtout après les déclarations de Vladimir Padrino López, ministre de la et homme fort de l’armée, qui avait annoncé qu’il défendrait « au péril de sa vie le gouvernement légitime de Nicolás Maduro » !

À la surprise générale, le MUD – la coalition anticháviste – décidait de suspendre le vote de défiance prévu au Parlement et la marche vers le palais présidentiel. Et on apprenait qu’une réunion avait eu lieu entre le gouvernement Maduro et l’opposition le dimanche 30 octobre.

Une décision qui peut paraître surprenante mais qui découle de deux influences :

– d’abord géopolitique : les sont non seulement le principal client commercial – 40 % – mais aussi le principal fournisseur – 25 % – du , et nul doute que la proximité de l’élection américaine (8 novembre) a contribué à cette désescalade : certains observateurs craignaient des émeutes qui auraient pu interférer sur cette élection…

– ensuite, et de manière concomitante (un peu trop, diront certains), le : tout d’abord par l’intermédiaire du pape François qui recevait, lundi 24 octobre, en audience privée – pourtant non prévue à son agenda initial -, le président vénézuélien Nicolás Maduro ; ensuite par l’entregent d’un des meilleurs connaisseurs de cette région du monde, le nouveau « général » des jésuites, le Vénézuélien Arturo Sosa, tissait des liens « pour le bien de tous les Vénézuéliens » et proposait sous son égide un dialogue entre le pouvoir cháviste et l’opposition.

Dans ce contexte, il devenait alors très difficile à l’opposition de décliner cette voie de médiation et, comme le déclarait un de ses leaders, Henry Ramos Allup, président de l’Assemblée nationale, « il est judicieux d’accepter cette demande ». Pour autant, l’opposition ne baissait pas la garde et demandait au gouvernement la libération des prisonniers politiques. En signe d’apaisement, cinq opposants au régime étaient immédiatement libérés.

L’envoyé du Vatican, l’archevêque italien Claudio Maria Celli, spécialiste de l’Amérique latine, sous l’égide duquel s’organise cette médiation, a lourdement averti, dans une déclaration datée du 5 novembre, les deux camps que s’il advenait « qu’une partie ou une autre voulait mettre fin au dialogue, ce n’était pas le pape mais le peuple vénézuélien qui y perdrait, parce que la voie ouverte pourrait être celle du sang ».

Si la possibilité d’un révocatoire semble être de plus en plus hypothétique, comment sortir du chaos mais aussi et économique dans lequel est enfoncé ce pays et faire l’impasse d’une élection présidentielle anticipée ? Une nouvelle rencontre était prévue le 11 novembre…

12 novembre 2016

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