La situation financière de notre pays se dégradant rapidement, le pouvoir va devoir créer de nouveaux impôts, même s’il prétend qu’il n’en fera rien. Taxer les classes populaires ou moyennes, comme on a tenté de le faire avec la taxe carbone, étant impossible depuis la révolte des gilets jaunes, on va donc se tourner vers les classes aisées, et surtout vers les classes moyennes aisées.

Vincent Lindon a proposé une taxe Jean Valjean qui rapporterait, paraît-il, 38 milliards d’euros en taxant les patrimoines au-dessus de 10 millions d’euros, avec un taux qui atteindrait 5 %. Bien entendu, le rendement attendu est illusoire : si cette taxe était instaurée, les grandes fortunes fuiraient la France et, pour finir, ce nouveau prélèvement risquerait de nous coûter plus cher que les 38 milliards car les « riches », en s’exilant, ne paieraient plus chez nous impôts fonciers, impôts sur le revenu, TVA. M. Macron n’a pas eu tort en supprimant l’ISF, même si d’autres modalités auraient été préférables : étalement du dégrèvement sur cinq ans ou transformation en un investissement total en actions européennes.

Comme les « très riches » sont hors d’atteinte, on va se tourner vers l’. Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, vient de réclamer de nouveaux impôts dans ce domaine en s’appuyant sur une étude indiquant que 42 % de l’ est détenu par 10 % des plus riches (le syndicaliste a gonflé à 50 % cette part pour marquer les esprits), rappelle Le Parisien. Cependant, l’immobilier est déjà une vache à lait : il rapporte 78 milliards d’euros par an (impôts fonciers, taxes d’habitation, frais de mutations, IFI, TVA sur les immeubles neufs, taxation des plus-values des résidences secondaires) tout en ne coûtant que 40 milliards (APL, dispositifs Pinel ou de Robien).

Le gouvernement a répété, récemment, qu’il ne remettrait pas en cause la suppression de la taxe d’habitation pour les 20 % de ménages les plus riches, soit un « cadeau » de 23 milliards environ. Il n’a guère le choix, car le Conseil constitutionnel l’oblige à être fiscalement équitable. Cependant, les comptes sont tellement dégradés que le pouvoir sera contraint d’inventer une nouvelle taxe immobilière d’un montant de 20 milliards qui ne frappera que les plus riches.

Signe des temps, une commune du Nord, Bailleul, a doublé la part communale de la taxe foncière (payée par les seuls propriétaires) en qualifiant cette hausse exorbitante d’impôt solidaire, explique La Voix du Nord. Cet exemple pourrait être rapidement suivi. On peut aussi doubler ou tripler l’IFI, qui a remplacé l’impôt sur la fortune. Plus sûrement, les plus-values sur la résidence principale seront bientôt taxées, en prenant garde de ne frapper que les plus hauts patrimoines, alors que cet impôt est scandaleux : il ne tient pas compte de l’inflation, ou si peu, il taxe l’augmentation due à la hausse des prix.

M. Macron, à l’approche de 2022, tient à corriger son image d’ami des riches et il veut orienter l’épargne des Français vers la Bourse au détriment de l’immobilier. Cette politique est à courte vue. Les plus aisés risquent, certes, de se détourner du marché locatif, mais ce sont les plus pauvres qui paieront les pots cassés en n’arrivant plus à se loger à des prix convenables.

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