Après Jeanne, Geneviève et Clotilde, nous avons désormais Greta, Camélia et Aïssa. La presse est unanime. BFM titre « Rassemblement pour Adama Traoré : le discours puissant d'Aïssa Maïga ». Pour Elle, aussi : « Le discours puissant d’Aïssa Maïga au rassemblement contre les policières ». Le Huffington Post et PurePeople s’accordent à le trouver « fort » quand, pour Voici, il est « poignant ».

Qu’a donc pu annoncer la médiatique Aïssa Maïga pour que des titres français ou internationaux cèdent à la facilité de l’uniformité ? En quoi son discours est-il unanimement édifiant ? « Je suis fière d'être ici, aux côtés d'Assa et de toutes les familles victimes de la brutalité policière en France […] C'est un combat pour la représentation juste et une représentation positive et digne des populations afro-descendantes françaises. C'est un combat pour la à l'image, pour les populations d'origine asiatique, c'est un combat pour les populations d'origine arabe. »

Rappelons que cette femme, dont le « courage » présentement salué par la doxa consiste à marcher avec bravoure dans les pas de Camélia Jordana, s’était aussi héroïquement illustrée, en février dernier, lors de la en dénonçant l’absence de diversité sur les écrans français : « Dès que je me retrouve dans une grande réunion du métier, je ne peux pas m’empêcher de compter le nombre de Noirs et de non-Blancs dans la salle. » Ce à quoi Éric Zemmour rétorquait judicieusement que ceux qui comptent les Noirs et les Blancs sont des racistes !

« Aujourd'hui, quand on se bat pour George Floyd, on se bat pour Adama Traoré... Nous ne laisserons pas la France tranquille, tant qu’il y aura des injustices », clamait la militante, ne prenant donc pas le soin de cacher sa volonté de récupération. Même reconnaît que les situations de la France et des États-Unis ne sont « pas tout à fait comparables » ! Qu’importent donc l’instrumentalisation de la mort d’un délinquant pour exercer l’habituel chantage au racisme, les revendications multiculturelles, les interdictions de rassemblement bravées, les saccages et les insultes. Il est si facile, si médiatiquement correct, de taper sur la et d’oublier, par la même occasion, que celle-ci reste interdite dans plus de 600 cités en France, qu’elle se fait quotidiennement insulter, caillasser, voire tirer dessus à balles réelles lorsqu’elle intervient sur le terrain. Mais cela, « le discours puissant » d'Aïssa Maïga ne vous en parlera pas…

4 juin 2020

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