Quelle surprise ! Le brutal examen de conscience qui nous vient du s’applique étonnamment à la vie politique française.

On peut reprendre la sévère litanie que le pape François vient d’adresser à ses cardinaux à la veille de Noël, avec les mêmes mots pour désigner les mêmes maladies : "arrogance" (du mensonge d’État et des privilèges indus), "vie cachée et souvent dissolue" (fraude fiscale, corruption, affaires judiciaires), recherche de "la vaine gloire" (hystérie de l’indice de popularité et obsession de l’Audimat), "le vide spirituel" et "l’Alzheimer" culturel (absence de réflexion et nivellement par le bas), "la médiocrité" (ambiante et médiatique), ceux qui se sentent "immortels" (rééligibles à vie), et "indispensables" ( gardée dans les plus hauts postes de l’État et de l’économie), "la schizophrénie" (doubles ou triples mandats), "la pétrification mentale" (du service public et des privilèges), le " du bavardage" (la communication permanente pour transmettre des discours fumeux), "la maladie du visage funèbre" (pour faire sérieux devant les caméras face aux événements pas toujours bien compris), etc.

Voir la réalité en face, aussi rude soit-elle, est parfois salutaire. Mais il ne suffit pas de fustiger la trahison des élites, publiques et privées, pour être quitte individuellement avec ses propres devoirs.

En effet, pour être juste, il faut reconnaître que le mauvais exemple est horriblement contagieux. Les Français ne se contentent pas de ne plus écouter leurs dirigeants ni de leur retirer la confiance. Ayant perdu à leur tour le sens de l’intérêt général, ils se réfugient dans l’abstention, dans l’indifférence, tout en profitant de l’assistanat largement offert.

On assiste à une sorte de sauve-qui-peut, chacun pour soi. L’inculture, l’illettrisme et l’infantilisme des débats annoncent la décadence d’une civilisée. L’immoralité, ou pire, l’amoralité, donnent libre cours aux appétits et à la violence.

Cette République à l’état gazeux provoque un nouvel état d’esprit. Le mal est plus profond qu’on le pense.

Alors ? "Gémir, prier, pleurer est également lâche." C’est le moment de réarmer la nation, de retrouver les bases de la République, c’est-à-dire l’ordre, fondé sur la liberté et la justice, et le rassemblement du plus grand nombre sur l’exigence de la vertu. Montesquieu nous rappelle opportunément que "lorsqu’on veut changer les mœurs et les manières, il ne faut pas les changer par les lois. Il vaut mieux les changer par d’autres mœurs et d’autres manières".

C’est la moralité personnelle des dirigeants et leur irréprochable exemplarité qui conditionnent l’autorité de l’État et qui inspirent au peuple le respect de la loi. De même, il appartient aux citoyens de témoigner de l’attachement à la chose publique, tout en contrôlant strictement leurs élus, tenus d’accomplir leur devoir d’état en actes et en vérité.

En démocratie, les Français choisissent les élus qu’ils méritent, à condition que les uns et les autres contribuent à libérer le système des abus de pouvoir, des impostures et des féodalités.

31 décembre 2014

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