Les Miss ayant rejoint leur chambre d’hôtel après avoir bien mérité de l’Audimat, , tout juste sélectionné pour le prochain grand concours de beauté de la gauche, est entré en piste ce dimanche matin en donnant une interview dans Le Parisien, « dévoilant », comme on dit, les grands axes de son programme.

Au menu, un truc qui marche bien actuellement : la réduction du nombre des élus. Rien d’original. Réduire de moitié – à feu doux, peut-être – le nombre de députés, c’est ce que propose Montebourg. On passerait donc de 577 députés à 288 ou 289 (le débat reste ouvert). Bruno Le Renouveau, lui, était plus modéré : 450 était son dernier prix. Gérald Darmanin, l’ex-petite frappe de Sarkozy, n’y allait pas par quatre chemins en 2013 : moins de 400. Quant à François Fillon, qui veut rendre la parole au peuple pour les débats essentiels, il veut soumettre cette grave question à un référendum. On voit, déjà, le sujet passionnant et passionné qui promet un long dimanche d’ennui aux scrutateurs dans les bureaux de vote !

Mais, au fait, pourquoi réduire le nombre de députés ? Arnaud Montebourg ne nous le dit pas, et si l’on va sur son site de campagne, pour l’instant, on ne trouve qu’un long et cruel réquisitoire contre le Sénat avec – chose amusante – un couplet sur la réforme du Sénat italien proposée par Renzi…

François Fillon, lui, en 2013, dans une interview aux Échos, déclarait qu’“il faudra passer par un référendum sur l’organisation du territoire. C’est la seule façon de régler cette question. Il faut le faire en début de quinquennat, quasiment couplé avec les élections législatives, et y introduire la réduction du nombre de parlementaires et la réorganisation du Parlement, qui seraient je crois, assez populaires.” Donc, parce que ce serait assez populaire.

L’un des arguments massue en faveur de la réduction du nombre d’élus est, évidemment, le coût, car si la démocratie n’a pas de prix, elle a tout de même un coût. Agnès Verdier-Molinié, directrice de la Fondation pour la recherche sur les administrations et politiques publiques (iFRAP), dans une tribune publiée le 1er décembre dernier, pointait du doigt le nombre trop important, selon elle, du nombre d’élus : un élu (toutes catégories confondues) pour 100 habitants contre un pour 500 en Allemagne.

On ignore les chiffres de la Corée du Nord, qui doit avoir un ratio encore meilleur, n’en doutons pas, et l’on passe sous silence celui de la Suisse, dont la démocratie ne se porte pas trop mal, semble-t-il : en 2009, 150.000 citoyens étaient pourvus d’une charge élective dans un pays de moins de huit millions d’habitants !

Mais pour la Torquemada de la dépense publique, 350 députés, ce serait largement suffisant pour la France.

Ceux qui s’imaginent que, par une telle mesure, l’on réduirait de moitié le coût de l’Assemblée en seront pour leur argent. Qu’ils soient 577, 288 ou même 2 dans l’Hémicycle, il faudra tout de même chauffer les locaux !

Certes, diviser leur nombre par deux obligerait les députés à se concentrer sur l’essentiel de leur mission, c’est-à-dire la production législative et le contrôle de l’action gouvernementale, et les arracherait peut-être, une fois revenus dans leur circonscription, à cette antique et fâcheuse manie clientéliste. Mais, en même temps, n’oublions pas que les députés sont les héritiers directs de ceux qui portèrent au roi les doléances des Français car ils en connaissaient les préoccupations profondes. La loi ne se nourrit pas que d’abstractions – et des directives de Bruxelles – mais aussi du contact avec les citoyens. On l’espère, en tout cas…

Cela dit, une fois discuté du sexe des anges, on aimerait tout de même que l’on nous parle de choses plus essentielles pour la France.

18 décembre 2016

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