Un vent de printemps souffle-t-il sur notre terre de France ? Témoins de notre enracinement, des voix s’élèvent, puissantes, continues, de nos villes et de nos villages. De partout. Du peuple d’en haut et du peuple d’en bas. À chacun son souffle, son rythme, son style. Politiques, journalistes, romanciers, poètes, gilets jaunes, chacun donne de la voix, singulière, qui n’en fait qu’une.

Les voix de ceux qui, tel le guetteur sur les remparts, dans Les Perses, d’Eschyle, ou celle de Cassandre, dans Agamemnon, voient, à la place du prisme irénique de l’Autre, la filouterie venue du Bosphore, ou dénoncent les athlètes du camp du bien fantasmant sur les hydres populistes. Ceux qui dénoncent les traîtres de toujours. Ceux qui jettent un pavé dans la mare européenne dont les cercles vont grandissant. Ceux qui « tirent les fils » de tous les mensonges. Vision tragique ! Vision fasciste ! Vision populiste ! disent nos Vandales en se lavant les mains plus souvent qu’à leur tour. La moisson est si abondante qu’il est impossible de les citer, tous ces veilleurs.

Et que dire des Gavroches, venus des carrefours, montant sur les barricades pour dénoncer une société ouverte à tout vent du marché ? Sans oublier les plumes, trempées de poésie, des amoureux de la terre et de la langue – car c’est tout un. Après Le Bon Cœur et Le Bon Sens, de Michel Bernard. Après L’Âme française, de Tillinac, et Les Traîtres, de Rioufol, et Les Enracinés, de Gabrielle Cluzel. Il y a Notre langue française, de Delacomptée. Il y a les revues incorrectes et les sites dangereux. Tous ces Français, différents de style et de dégaine, ne font qu’un corps « charnel et mystique » – c’est tout un -, comme dirait Péguy.

On peut dire qu’on l’a échappé belle. À quoi ? À la dernière du Parlement européen, par la bouche du socialiste David Sassoli, voulant bannir de l’hémicycle les drapeaux nationaux. Au prétexte d’être « des bannières ou banderoles », interdites par l’article 10 § 3 du règlement de l’Assemblée ! Le président de la délégation française, Jérôme Rivière, a dit son indignation. Lui a fait écho une mise en garde discrète de la dame du quai Conti se souvenant du drapeau qui flotte au sommet de sa tête vénérable. Eh, quoi ! Notre , disparaître du Parlement européen ? Mais il figure dans l’article 2 de notre Constitution !

Le coq de Notre-Dame incendiée a chu sur le parvis sans se briser. On va le restaurer plus flambant qu’avant. La flèche pointant le ciel ? On la refera, à l’identique, car on ne fait pas deux fois Viollet-le-Duc. L’entendez-vous, dans nos campagnes, le chant du coq ? Le drapeau tricolore, le voyez-vous claquer, ici, sur nos édifices tandis que s’effondrent, là, des forteresses ? Ce drapeau rejoint ceux des autres peuples : les illibéraux, les mal famés, tous les mis au banc de l’Europe. Tout est à faire dans une nouvelle Europe ? Mettons-nous à la tâche ! Aujourd’hui ! Pas demain ! Demain, c’est trop tard ! Allons, enfants de la patrie ! Le jour de gloire est arrivé !

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