C’est bien connu, les dimanches après-midi sont interminables, une fois passé le déjeuner, le café et les cerises à l’eau de vie. L’Élysée ne doit pas échapper au phénomène. « Du coup », s’est offert une petite séance sur les RS (pardon, les réseaux sociaux). Un direct live qu’on dit, je crois. Le chef de l’État était rasé du matin, portait la cravate et avait laissé le sweat à capuche au vestiaire. Il avait tombé la veste mais, bon, Kennedy faisait bien pareil. Sujet : l’écologie, l’environnement, la planète et tout ça. La cible ? Les jeunes, on imagine.

Et là, prenant tout le monde de court (gouvernement, élus et tout le reste), nous annonce qu’il a pour projet de mettre des tout partout en France. Enfin, presque : dans dix métropoles. Pourquoi dix ? Parce que c’est un chiffre rond, j’imagine. La France entière envie Paris et sa grande banlieue : son bondé aux heures de pointe et interdit de fait aux femmes aux heures creuses, passé certaines stations, alors le président de la République s’est dit : « Tiens, et si on offrait à la province un RER, histoire de leur faire plaisir ! » Alphonse Allais rêvait de construire les villes à la campagne, , lui, veut transférer Paris et sa banlieue en province. Blanche-Neige voyait des nains partout, Macron, c’est des trains qu’il voit partout. Ça lui a pris comme ça. L’esprit d’escalier, peut-être, avec un Castex qui prenait, ce lundi, ses fonctions de PDG de la RATP, accueilli comme il se doit par des agents en grève.

L’idée, au fond, n’est pas idiote, quand on y pense. Qui dit dit moins de gens prenant leur voiture pour aller bosser à l’autre bout de la métropole ou dans les hyper-centres. Ce qui, en revanche, est plutôt rigolo, c’est qu’au début du mois de novembre, à l’Assemblée, les oppositions LFI, PS et LR avaient fait voiture commune pour accorder trois milliards d’euros supplémentaires au ferroviaire. Mais cet amendement avait été retiré par le gouvernement du texte voté sous 49-3. Alors, que s’est-il donc passé, entre-temps, dans la tête du Président ? A-t-il eu une révélation, genre Claudel, caché derrière des lunettes de soleil et un pilier métallique de la station Saint-Michel ? Vous n’y comprenez rien. Ces trois milliards, c’était pour demain, 2023, du pousse-mégot à la petite semaine. Macron, lui, voit loin, beaucoup plus loin, se projette à dix ans, trace des perspectives, sculpte la fumée de l’avenir. Un mélange de Louis XIV perçant des allées dans le parc de Versailles et de Ferdinand de Lesseps un canal dans le désert. « Pour tenir notre ambition écologique, je veux qu’on se dote d’une grande ambition nationale », s’exalte tout seul Emmanuel Macron, dans son grand bureau, face à un public d’internautes qu'on imagine emballé. Neuf mois après sa non-campagne présidentielle et son projet torché à la va-vite pour les cinq prochaines années, nous invente le train électrique. Il est vrai qu’il est petit-fils de cheminot, comme il a tenu à le rappeler, une nouvelle fois. Dans l’imagerie d’Épinal de notre pays, ça fait toujours bien, genre Jean Gabin mettant du charbon dans la chaudière de la loco.

Au fait, il a parlé de choses qui fâchent, notre mécano des temps nouveaux ? C’est-à-dire ? De ce qu’il faut pour alimenter la chaudière : les sous. Ah non ! Il n’allait pas gâcher ce joli dimanche après-midi à l'Élysée placé sous le signe du sauvetage de la planète. François Durovray, président LR de l’Essonne et, par ailleurs, membre du Conseil d’orientation des infrastructures, calme un peu ce bel enthousiasme, rapporte Le Monde. Certes, cet élu dit « Chiche ! » mais rappelle que « pour faire ces dans dix agglomérations, il faut plus de 30 milliards d’euros sur les cinq prochaines années, c’est le double de ce qui est prévu ». Vous me direz qu'un train de mesures peut en cacher un autre...

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28 novembre 2022

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62 commentaires

  1. notez que c’est pour les métropoles, les « campagnards » seront toujours au diesel et rouleront toujours leurs clopes c’est la vue de l’Elysées. Mais nous « campagnards » n’avons pas de réduction d’impôts sur les services publics, on paie plein pot pour rien. pour ceux qui nous disent encore « moi je ne paie pas d’impôts », donnez-moi la recette, moi je paie la taxe sur les carburants et l’électricité, la tva sur cet ensemble et sur mes besoins alimentaires.

    1. Bien vu ! Mais tant que les français ne comprendront pas qu’une taxe (environ 480 sous différentes formes) est un impôt direct sur la consommation (au sens large) au contraire de l’impôt sur les revenus (IRPP) payé par les particuliers nous n’avancerons pas. Et oui, il faut bien financer les vélos d’Hidalgo et les immigrants de Macron !

  2. dommage qu’il n’ai pas monté l’escalier de l’Elysée ,à la Obama .(investiture 2017 ) est -ce une de ses priorité ? (qui s’ajouterait aux autres ) la seule question sera de savoir 1) comment il finance ? 2 ) j’aimerais connaitre quelle est sa priorité prioritaire ? (pardon , il n’a pas dit « priorité »

  3. En chemise !? Avec la température extérieure, le 19° n’est pas respecté à l’Elysée ! Où est l’exemple ? Où est le pull à col roulé ? Il avait du se faire un rail pour se réchauffer. La photo pourrait le laisser supposer.

  4. Du baratin, comme d’habitude ; cela ne restera évidemment que des mots, car il est bien connu (au besoin consulter Mobilettre), que la priorité à l’heure actuelle devrait être de remettre à niveau les infrastructures ferroviaires existantes qui en ont dramatiquement besoin, ce que, comme vous le faites d’ailleurs observer, le gouvernement refuse d’envisager, bien au contraire, en écartant les amendements au projet de budget qui allaient dans ce sens ! Le « en même temps » atteint maintenant l’absurdité dans des proportions qui passent l’entendement.

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