Nous sommes à 90 jours de l’élection présidentielle.

Faites vos jeux ! Quatre candidats caracolent en tête et peuvent se qualifier pour le second tour : Macron, Pécresse, Le Pen et Zemmour, que le philosophe Marcel Gauchet considère comme un « phénomène majeur » de l’élection présidentielle.

Les précédents de 2002 (Jospin éliminé par Chirac et Jean-Marie Le Pen) et de 2017 (François Fillon éliminé par Marine Le Pen et Emmanuel Macron) prouvent que toutes les surprises sont possibles.

Faire la course en tête en janvier ne garantit pas le salut en avril. Malgré la glaciation covidienne, sorte de police d’assurance du sortant, l’entrée en campagne fera baisser Macron comme elle a fait baisser tous ses prédécesseurs, même les plus talentueux.

Pécresse et Le Pen semblent au coude à coude mais avec des faiblesses symétriques : l’une existe peu dans l’électorat populaire, quand voter pour l’autre est jugé peu chic chez les CSP+ et les classes moyennes. L’une et l’autre sont dans leur couloir et partagent la même frayeur d’un débat avec leurs adversaires, en particulier Éric Zemmour.

Celui-ci apparaît aujourd’hui légèrement distancé dans les sondages qui ont du mal – comme le reconnaît Brice Teinturier d’IPSOS - à apprécier et à prévoir la mobilisation relative des différents électorats. Un point faible pour Marine Le Pen que les sondages surestiment d’élections en élections. Une donnée qui, au contraire, pourrait profiter à Éric Zemmour. Un candidat d’union des droites (il prend à et au RN) et d’union des classes (il séduit toutes les catégories sociales et tous les âges). Un candidat qui pulvérise les records d’adhésions et d’audience dans les meetings (les autres sont sauvés par les « jauges »…), sur les réseaux sociaux - YouTube en particulier - et dans les émissions de télévision. Certes, les militants ne font pas toujours les électeurs, mais il est bien rare que l’enthousiasme en campagne ne se traduise pas dans les urnes.

Bref, ils sont quatre à concourir pour la finale, mais le 17 avril au soir, il n’en restera plus que deux. Et comme cela peut se jouer dans un mouchoir de poche, toutes les combinaisons sont possibles.

Un remake de 2017 : Le Pen/Macron. Mais aussi Le Pen/Pécresse. Ou encore /Macron ou Zemmour/Pécresse. Classique : mondialistes contre patriotes, bloc élitaire contre bloc populaire. Mais d’autres cas de figure plus baroques sont envisageables.

Et, pour commencer, une finale Pécresse /Macron. Le songe d’Attali, le petit bonheur de Minc. Un deuxième tour opposant les deux poulains de la French American Foundation, de Davos et du Bilderberg. Le rêve éveillé de General Electric.

Mais aussi, accrochez-vous, imaginez une finale Marine Le Pen/Éric Zemmour, la consternation des journalistes à 19 h 59, le cauchemar des salles de rédaction, l’affolement dans les antichambres des ambassades. Peu probable ? Peut-être, mais pas du tout impossible, d’autant que la probable candidature « wokiste » et indigéniste de Taubira pourrait leur servir de booster ! Reste à espérer que, dans ce cas-là, le Conseil constitutionnel ne refuserait pas d’organiser le deuxième tour…

 

 

14 janvier 2022

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