Les deux promoteurs d’images ne se quittent plus. a réussi son OPA sur le parti unique qui dirigeait la depuis le départ de De Gaulle ; Trump a réussi la sienne sur un parti républicain devenu syndicat des lobbyistes depuis le départ de Reagan. Les deux manipulateurs ont exploité les pour se faire élire, tout en démontrant d’excellentes capacités manœuvrières face à des politiciens fatigués. Les deux veillent à tenir les promesses symboliques de leur , tout en baisant l’anneau des grandes banques d’affaires internationales.

Deux champions du grand écart, mais deux spécialistes du « branding »…

Trump avait misé sur Marine Le Pen, la croyant Farage. Il se voyait lui-même comme le phare du mouvement populiste mondial et européen, aurore d’une redistribution des cartes géopolitiques.

L’échec de Madame Le Pen, aux conséquences internationales bien plus que françaises, cassa la dynamique collective : le est devenu cauchemar, et les irréductibles des villages de Centre-Europe sont assiégés (, ), cependant que l’Empire romain d’Orient (la Russie) n’a pas encore réussi à neutraliser le “Novus Ordo” (les États-Unis).

Trump, lui-même otage du coup d’État rampant de cet « ordre des siècles » dont Merkel était devenue la dépositaire après Obama, a vite compris. Il lui fallait une Europe de rechange, neuve. Faute de Marine, ce fut Macron…

Macron, lui aussi, a vite compris. Objectivement, il savait que la France, minée, ne pouvait plus faire jeu égal avec l’Allemagne, bernard-l’hermite de Bruxelles. Il ne se voyait pas en “gauleiter de Berlin” et ambitionnait plus : voler à Londres son statut de filiale de Wall Street. Transformant la France en centre financier de l’Europe, il pouvait espérer remonter à parité avec l’Allemagne, centre industriel. Et puis aussi, il lui fallait vendre quelque chose à ce peuple français dont il pensait qu’il n’existait pas, et séduire l’archaïque couche « trumpienne » de sa population.

Bref, les deux élus récents avaient besoin de s’acheter un costume d’homme d’État. À Macron d’apporter à Trump une caution financière (il connaît Wall Street mieux que Trump), puis de le « valider » internationalement, comme de le renforcer vis-à-vis des #NeverTrump de Washington. À Macron, donc, d’embrayer sur la géniale coalition israélo-saoudienne qui avait mondialement propulsé Trump plutôt que de le rejeter.
Et à Trump d’apporter à Macron le soutien des États-Unis dans sa tentative de remplacer Merkel dans le cœur de Bruxelles. Subtil, Macron sut dès le début flatter l’encolure du président américain, lui offrant un 14 Juillet dont les Américains parlent encore, lui conseillant de se rendre à Davos et lui proposant des portes de sortie relatives à l’accord de Paris sur le climat, comme en matière de commerce international.

Trump va recevoir son “coach” Macron en grande pompe du 23 au 25 avril, lui faisant l’honneur de la première visite d’État. Ce qui ravit Melania Trump, dont on aura retenu de ses voyages officiels qu’elle adore la France, d’autant qu’elle est traditionnellement catholique. Un voyage non sans frictions : Trump, agent commercial des industries américaines de l’armement, va-t-il imposer à Macron un nouveau Mers el-Kébir ? Autrement dit la des industries françaises de l’armement? Un enjeu de taille…

28 février 2018

BVoltaire.fr vous offre la possibilité de réagir à ses articles. Toutefois, nous vous demandons de respecter certaines règles :

  • Pas de commentaires excessifs, inutiles ou hors-sujet (publicité ou autres).
  • Pas de commentaires insultants. La critique doit obéir aux règles de la courtoisie.
  • Pas de commentaires en majuscule.
  • L’utilisation excessive de ponctuations comme les points d’exclamation ou les points de suspension rendent la lecture difficile pour les autres utilisateurs, merci de ne pas en abuser !

Vous pouvez désormais commenter directement sur Boulevard Voltaire :

Pas encore de compte, inscrivez-vous gratuitement sur bvoltaire.fr

Les commentaires Facebook intégrés aux articles sont désormais inactifs, nous vous invitons désormais à commenter via le module ci-dessus.

À lire aussi

Le trumpisme était beaucoup trop grand pour Donald Trump…

Ce n’est pas « la gauche » qui a battu Donald Trump, c’est la ploutocratie technétronique …