Quinze jours avant le premier tour de l’élection présidentielle, la répartition de l’électorat n’a pas beaucoup varié par rapport au début de l’année 2022. On observe toujours un bloc formé par l’extrême gauche et la gauche pesant, ensemble, entre 25 % et 30 % des intentions de vote. De l’autre côté de l’échiquier, la droite souverainiste et l’extrême droite mobilisent entre 30 % et 35 % des électeurs. Enfin, le bloc centriste, renforcé par une partie de la gauche et par une partie de la droite institutionnelle, reste stable à environ 40 %. Cette configuration est demeurée quasi inchangée après trois mois de campagne.

Cependant, si les convictions politiques des Français n’ont pas fondamentalement évolué, on constate que certains candidats se sont imposés face à leurs concurrents. À gauche, Jean-Luc Mélenchon, qui représentait 8,5 % des intentions de vote en janvier, a atteint 14 % dans un sondage Rolling IFOP-Fiducial du 28 mars 2022, poursuivant une progression lente mais régulière. Au centre, Emmanuel Macron a un peu amélioré sa position, passant de 26 %, en janvier, à 28 %, fin mars. Surtout, il a conforté sa situation face à la peu charismatique Valérie Pécresse, tombée de 16 % à 11 %. Mais c’est surtout au sein de la droite dite « nationale » que la lutte, particulièrement farouche, a produit l’évolution la plus remarquable.

Concurrencée sur sa droite par Éric Zemmour, Marine Le Pen bénéficiait de 17 % d’intentions de vote, en janvier, contre 12,5 % en faveur du polémiste. Au fil du temps, les deux candidatures ont fini par se rejoindre, mi-février, Éric Zemmour ayant même un instant dépassé, avec 16,5 % d’intentions de vote, une Marine Le Pen à 16 %. Cependant, les tendances se sont rapidement inversées pour aboutir, fin mars, à 21 % d’intentions de vote en faveur de Marine Le Pen, contre 11 % pour son rival.

Sous réserve d’une évolution particulièrement sensible de l’opinion, il apparaît donc qu’Emmanuel Macron reste en tête des intentions de vote, bien devant Marine Le Pen, suivie par Jean-Luc Mélenchon, tandis qu’Éric Zemmour et Valérie Pécresse peinent à rester dans la course. Si cette configuration devrait permettre au Président sortant d’accéder sans difficulté au second tour de l’élection, une incertitude subsiste à propos de son challenger.

En effet, Marine Le Pen comme Jean-Luc Mélenchon appuient leur candidature sur un électorat d’abord populaire dont la mobilisation pourrait jouer un rôle essentiel, le 10 avril. Dans l’hypothèse où cet électorat s’engagerait tout particulièrement en faveur du candidat communiste et, inversement, s’il boudait l’ancienne présidente du RN, il n’est pas exclu que le score soit très serré pour l’accession au second tour. Dans le cas de figure, aujourd’hui encore peu probable, mais néanmoins toujours envisageable, où Jean-Luc Mélenchon se qualifierait sur le fil face à Marine Le Pen, Éric Zemmour porterait alors la terrible responsabilité d’avoir divisé le camp national et d’avoir précipité son échec.

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29 mars 2022

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45 commentaires

  1. Je voterai Zemmour ou Marine,mais Macron l’emportera,un peuple qui a voté deux fois Mitterrand est indécrottable!
    D’autre part je ne pense pas que l’avenir d’une nation se décide sur un débat télévisé avant le second tour,ni De Gaulle,ni Pompidou n’ont participé à un débat avant d’être élus,c’est Giscard à introduit en France le modèle américain.
    Je veux me fier à un programme et non à un spectacle télévisé,cela est certainement cause du taux d’abstention élevé.

  2. aucune réaction à ma proposition ci-dessous! On a là des gens qui savent écrire mais ne savent pas lire, en tout cas faire des suggestions les dépasse ! Des abstentionistes par vocation !

  3. c’est curieux comme tous les médias , même ceux de la réinfosphère comme BV , foncent bille en tête avec les résultats des derniers sondages…il est étonnant que dans le milieu journalistique politique , a qui normalement on ne devrait pas la faire , on pense à la sincérité d’organismes qui font partie de la panoplie des systèmes de persuasion et de manipulation des masses par l’oligarchie , une pratique qui est même devenue une science ….

  4. Quelquesoit le résultat, Éric Zemmour a, d’ores et déjà, eu le grand mérite, et l’immense courage de dénoncer les problèmes majeurs qui rongent notre pays et de proposer les solutions adéquates. Tout cela au risque de sa propre sécurité, mise en danger au quotidien. Il ne peut qu’être remercié et honoré pour un engagement aussi sincère et courageux.

  5. Ce  » matraquage sondagier » infligé quotidiennement devrait être interdit pendant les deux dernières semaines avant le 1 er tour, ainsi que pour le second tour, afin de laisser les électeurs réfléchir et voter en conscience et non sous influence.

  6. un ancien ex RN pas content mais ce n’est pas lui qui va faire changer le choix des Français, des vrais français….. Attendons le premier tour, après on discutera !!!!

  7. C’est le souhait le plus cher d’EZ que de placer Mélenchon au 2nd tour et ce devrait être le nôtre que de l’y voir affronter…..MLP ! Alors, là, le salmigondis déclenché par les Médias associés aux Sondeurs aurait bénéficié à la clarification essentielle!
    Contrarier ce qui ne paraissait pas une évidence, eût amené MLP à renoncer pour placer NDA dans une situation des plus favorables pour s’adjoindre du E Z et du Pécresse !
    Quelle belle élection c’eût été!

  8. « André Murawski
    Conseiller régional (Hauts-de-France)
    Quant on accuse les autres (de trahison, quand même), on a le minimum de pudeur de révéler son étiquette.

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