[TRIBUNE] Bientôt un programme d’éducation affective et sexuelle : pour le meilleur ou le pire ?

COUPLE

Au moment où les programmes obligatoires d’éducation affective et sexuelle dès le CP (et peut-être dès la maternelle, maintenant que l’école est obligatoire dès trois ans) sont sur le point d’être publiés, les parents s’émeuvent, ici et là, des séances déjà imposées à leurs enfants, parfois à leur insu, et semant le trouble dans l’esprit des chers petits, voire les choquant profondément. Est-ce pour remédier à ces désordres que le ministère a demandé à la Commission supérieure des programmes de fixer des obligations et des règles ?

On peut encore l’espérer, sauf que l’objectif affiché de ces trois séances annuelles ne laisse pas d’inquiéter : le but de ces séances est de « protéger les élèves contre les conduites à risque » et « promouvoir l’égalité filles-garçons ».

« Protéger les élèves contre les conduites à risque »

Autrement dit, la sexualité, c’est le risque et le danger. Ceci peut sembler réducteur, mais faire de ce but la ligne directrice du programme revient à prendre le problème à l’envers. Présenter aux enfants et adolescents la sexualité comme une série de pièges contre lesquels il faut se prémunir (grossesses non désirées, maladies sexuellement transmissibles, violences sexuelles) ne peut que les inquiéter et éventuellement aller jusqu’à les dégoûter durablement de leur propre corps et du sexe.

Les Belges, par exemple, en avance sur nous (mais pour combien de temps ?), recommandent dans leur guide EVRAS de faire mimer en séance, par les enfants de 6e et de 4e entre eux, des attouchements et violences sexuelles par des adultes ou par d’autres mineurs. Pourquoi ? Pour leur montrer très concrètement les situations où il faut savoir dire NON ! [1]

Comment s’étonner, ensuite, du profond mal-être d’une génération qui pense trouver refuge en changeant de sexe ou en refusant toute sexualité (les transgenres ou les No Sex) ?

Ce qu’il faut faire, au contraire, c’est éveiller les enfants, progressivement et à la mesure de leur entendement, à la découverte de leur identité (je suis un petit garçon, je suis une petite fille) et, par voie de conséquence, de permettre leur altérité : je suis différent de l’autre, ce qui me permet de le rejoindre dans la complémentarité. Au lieu de faire trembler l’enfant, il faut l’ouvrir à l’émerveillement, lui faire découvrir qu’ainsi qu’il a reçu la vie, il pourra la donner à son tour ; lui parler d’amour, lui apprendre que le plaisir n’est qu’un moyen et l’amour le but. La sexualité n’est pas d’abord un risque mais un don. Don pour l’amour, don pour la vie.

Le premier terme de la phrase, « protéger », est également trompeur. Qui ne voudrait, en effet, protéger son enfant ! Mais la meilleure des protections est d’aider à grandir afin que l’enfant acquière la maturité - raison, cœur et volonté - pour prendre lui-même les bonnes décisions et ne pas se mettre en danger. Plutôt que lui enseigner avant tout la recherche et les techniques du plaisir, comme c’est actuellement trop souvent le cas, il faut lui apprendre l’intelligence de la fin et la maîtrise des moyens. Protéger un enfant, ce n’est pas lui donner les techniques pour ne pas assumer la responsabilité de ses actes, c’est former son intelligence de sorte qu’il puisse faire des choix libres par rapport à un but, et sa volonté de sorte qu’il subordonne ses actions à ce but. Or, « si le plaisir est immédiat, l’amour se construit et prend du temps » (Inès de Franclieu).

« Promouvoir l’égalité filles-garçons »

Promouvoir l’égalité garçons-filles figure comme un mantra, une formule magique, dans toutes les recommandations et rapports.

Oserions-nous suggérer qu’à vouloir proclamer l’égalité parfaite entre les sexes, on ne voit pas pourquoi les hommes se retiendraient d’user de leur force à l’encontre de femmes qui ne seraient en rien plus faibles qu’eux et donc parfaitement capables de se défendre ?

Mais le vrai problème n’est pas là. Quand on s’imagine, pour remédier à la violence, de prôner comme vecteur essentiel l’égalité garçons-filles - notion que nul ne songe à contester -, on entend l’égalité comme une indifférenciation qui néglige les différences fondamentales, non seulement biologiques mais psychologiques, entre les garçons et les filles. Dans le moule égalitaire et unisexe (voire transsexuel) de l’éducation contemporaine, les garçons n’ont aucune idée de ce que ressentent les filles et les filles sont inconscientes de l’effet qu’elles ont sur les garçons. Comment exiger le « respect » entre des adolescents qui ne connaissent l’autre qu’à l’aune de leur propre ressenti.

Il faut, au contraire, expliquer aux garçons que les filles ne sont pas comme eux, que leurs attentes et leurs réactions ne sont pas les mêmes ; et aux filles, il faut expliquer aussi que les garçons sont différents. Il faut qu’elles soient conscientes de l’effet qu’elles ont sur eux, qu’elles comprennent que leurs réactions plus physiques ne sont pas le fait d’un monstre ou d’un obsédé mais que c’est un fait de nature et que c’est à elles de ne pas les provoquer. Ils ne pourront se respecter avec délicatesse et sans se blesser que s’ils savent un minimum comment l’autre fonctionne.

C’est pour attirer dans ce sens l’attention du ministère de l’Éducation, des élus, des enseignants et des familles que, sous l’égide de l’Union pour une éducation responsable, le Syndicat de la famille, Juristes pour l’enfance et Famille et Liberté ont organisé un colloque au Sénat, le 9 février, faisant intervenir des éducateurs en milieu scolaire, des pédopsychiatres et sexothérapeutes, juristes et spécialistes de l’éducation. Espérons qu’ils seront entendus…

Ce colloque soulignait entre autres que c’est aux parents à éveiller leurs enfants à la vie affective et sexuelle et qu’il faut en cela les aider, les former pour qu’ils le fassent effectivement. C’est leur devoir et leur prérogative de parents. L’école vient en second, plus tard, à partir du collège, suppléer, avec prudence et discernement. Ludovine de La Rochère invitait à une « extrême vigilance » sur les décisions du ministère et sur l’application qui en sera faite dans les écoles.

Affaire à suivre…

[1] Témoignage de deux pédopsychiatres et sexothérapeutes belges au colloque au Sénat du 9 février 2024 qui rapportaient l’expérience de leurs petits patients.

Claire de Gatellier
Claire de Gatellier
Association Famille et Liberté

Vos commentaires

34 commentaires

  1. Enfin une personne qui parle avec intelligence de l’éducation sexuelle. En effet , la responsabilité de chacun doit être la première chose a prendre en compte lors d’une relation. Si chacun en tenait compte, il n’y aurait pas tant d’enfants non désirés, et l’avortement ne serait pas indispensable comme le font croire certains élus. Beaucoup de ces enfants non désirés sont malheureux, et par voie de conséquences le monde se porte mal. Si chacun refranchissait a cela le monde irait mieux. On peut apporter à ces enfants, si suite a erreur , l’amour d’un couple pour le mener convenablement a son age adulte, ce n’est pas dans une famille monoparentale qu’il peut vraiment s’épanouir. On voit trop d’enfants jetés à la rue dès l’adolescence, et qui tournent mal, délinquance , drogue, prostitution etc…, les vrais responsables de ces ces fléaux sont les géniteurs qui ont fuis leurs responsabilités .  » On récolte ce que l’on sème « …..

  2. Je crois qu’il faudrait déjà apprendre ça aux profs dont certains ne doivent pas être des flèches en la matière. Ce genre d’éducation ne serait-elle pas réservée aux parents par ce que tout ça reste de l’intime, il est vrai qu’avec nos invités qui n’ont pas la même culture faut-il sensibiliser les descendance, mais les français sont encore majoritaires contrairement à ce que les publicistes veulent nous faire croire.

  3. L’inversion de la pédagogie fait des ravages dans toutes les matières , il n’y a donc aucune raison pour que l’éducation sexuelle soit épargnée .Quant à l’éducation affective les professeurs n’ont à priori aucune légitimité pour la transmettre ; et pourquoi pas donner des notes , aussi ?

    • Je ne pense pas que des travaux pratiques soient dans les programmes, ni les devoirs à la maison

  4. Un colloque le 9 février ? C’était le moment d’inviter les parents de Judith Godrech (psy) !!!

    • Judith Godrech a oublié de nous dire que sa fille était la vedette d’un film sur ce thème, ceci expliquerai cela et je ne l’ai jamais entendu parler de ses parents.

  5. On peut tout craindre bien sûr..Parents battez vous..Comment nous gens supposés normaux avons nous pu éduquer sainement nos enfants ,en les informant par étapes de la sexualité sans ces fariboles aussi odieuses que dangereuses?

  6. Quand un état dirige et contrôle toutes nos pensées et tous nos actes, c’est un état communiste.

  7. L’enseignement de la sexualité n’a rien à faire à l’école : chaque enfant grandit et mûrit à son rythme et les parents sont les mieux placés pour connaître cette évolution.
    Il y aura toujours des pervers et je pense au contraire que cette incursion dans l’esprit de nos enfants sans en connaître la maturité est propice à favoriser une telle déviance

  8. On va faire des économies !! Avec cette éducation sexuelle dès la maternelle, les futurs adultes seront tellement dégoûtés de la sexualité qu’il n’y aura plus besoin de recourir à l’IVG, sacralisée, con-sti-tu-tio-na-li-sée, parce qu’il rejetteront tout rapport entre homme et femme ; Oh pardon, entre personne à pénis et personne ayant un vagin !!!

  9. Mon Dieu ayant plus de 80 ans, comment ai-je fait pour surviv re sans cet enseignement de la sexualité, et pourtant je pense que mon épouse elle non plus instruite par l’éducation nationale, ne s’est jamais plainte de notre vie amoureuse, près d’un demi siècle de mariage, oui comment avons nous fait.

  10. L’arrivée tonitruante de « représentants » de certaines minorité activistes ne pouvaient qu’aller dans ce sens ! … « La protection des femmes » et toutes les causes qui ont été mises comme « priorité de la nation, pour son bien et soutenue par le couple de coucous poli-tocards ayant squattés l’Elysée sera un « marqueur sociétal » déterminant dans le saccage de la France ! … Que fallait-il « attendre » de ces nocifs ? ! … Comme dans le « monde du cinéma », tout le monde savait mais rien n’a été fait pour que la morale redevienne « la norme » ! … La décadence « en marche » ne s’arrêtera pas toute seule ! …

  11. Quand des détraqués , des maldes sont au pouvoir que peut espérer . Aux parents de dire non , d’exiger que l’école se limite à ce pourquoi elle est là : lecture , calcul ,histoire ,géo ,science ,éducation civique etc . Pour le reste c’est le rôle des parents . Surtout ne pas les laisser détruire nos petits .

    • Je partage totalement votre avis en n’étant plus loin de mes 80 ans. Les  » futurs vieux  » ne connaitrons jamais la joie de découvrir petit à petit la modernité. Ils veulent tout de suite et n’ont même pas la patience d’écouter une chanson entièrement.

  12. Si seulement l’EN voulait bien revenir à sa fonction première et consacrer les moyens colossaux (1er budget de
    l’Etat !) à sa disposition à l’immense chantier qu’est l’INSTRUCTION des élèves que lui confient les parents !
    L’état s’immisce de plus en plus dans l’éducation des enfants jusqu’aux questions les plus intimes.
    Il n’y a que les familles attentives et à l’écoute qui sauront répondre aux interrogations ou aux inquiétudes qui se poseront inévitablement aux plus jeunes et rétablir un équilibre face à toutes ces infos compliquées à gérer pour de jeunes enfants.
    Quelle tristesse…

  13. Nous constatons malheureusement tous les jours que sous des slogans trompeurs, tout est fait pour manipuler nos enfants. J’ose espérer me tromper, mais j’ai bien peur qu’une fois de plus Ludovine de La Rochère ne soit point entendue et que les conclusions du colloque au Sénat, le 9 février prochain ne soient déjà écrite et n’aillent pas pour le bien être mental de nos enfants mais dans la satisfaction d’esprits malades.

    • Faites le constat des « délires » qui ont été mis en avant par les différents « sinistres de l’EN » depuis que ce couple de coucous poli-tocards est arrivé à l’Elysée et vous ne pourrez qu’être très inquiet de ce mettent ces « personnages » lorsqu’ils osent dire : « on veut protéger les enfants … »

      • D’autant plus que tous ces copains/copines de l’école alsacienne – ENA sont à 90% des tordus-détraqués- invertis-inversés du fonctionnement corporel normal, et des pensées honteuses nocturnes subséquentes..

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