Le glas du rugby féminin a sonné. Désormais, les femmes transsexuelles pourront concourir dans les compétitions féminines françaises, mais aussi les personnes transidentitaires, c’est-à-dire celles en cours de transition qui auront entamé le processus depuis douze mois.

À l’encontre des recommandations de la World Rugby

Première fédération sportive de l’Hexagone à inclure les transsexuels dans les compétitions, la Fédération française de rugby va pourtant à l’encontre des recommandations de l’organisme international World Rugby, qui conclut, en octobre 2020, que « compte tenu des connaissances disponibles de la testostérone sur ces attributs physiques dans le cas des femmes transgenres, […] la et l’équité ne peuvent actuellement pas être assurées pour les femmes jouant contre des transexuelles ». Ainsi, l’organisme s’inquiète autant « pour des raisons de sécurité », au vu de l’écart physiologique « de taille, force, puissance et vitesse » que d’équité, qui risque d’être pulvérisée par l’arrivée de transgenres dans la compétition.

Florilège d’iniquité

En effet, dans de nombreuses disciplines sportives féminines, la participation de femmes transgenres a rappelé l’évidence : les hommes sont plus forts que les femmes. Que faut-il, des exemples ? Il en pleut.

On pense à Caster Semenya, l’athlète sud-africaine souffrant d’une hyperandrogénie, double championne olympique et triple championne du monde au 800 mètres ; à Laurel Hubbard, devenue femme à 34 ans, 1,85 m pour 131 kg, championne du monde de soulevé de poids, 19 kg devant la deuxième de la compétition. « Je ne crois pas qu’il y ait une différence fondamentale entre moi et les autres athlètes, et suggérer qu’il y en a une est humiliant pour elles », a-t-elle déclaré ; à Mary Gregory, une haltérophile transgenre qui remporte neuf victoires sur neuf exercices en pulvérisant quatre records du monde féminin lors d’un concours ; à Hannah Mouncey, 1,88 m pour 100 kg, joueuse professionnelle de football australien, ancien joueur dans l’équipe nationale jeune ; mais pas assez bon chez les hommes. Passé chez les femmes, le voilà parmi les meilleures ; à Fallon Fox, vétéran de la Navy, née Boyd Burton, qui a participé pendant sept ans à des compétitions de MMA cachant sa transidentité, même à son coach, avant que le magazine Sports Illustrated ne la révèle. Elle venait de jouer son deuxième match en professionnel, où elle avait écrasé son opposante en seulement 39 secondes. En 2014, elle bat Tamikka Brents en lui infligeant une commotion cérébrale et une fracture de l’os orbital, en quelques minutes.

Dans le rugby féminin français, un seul nom : celui d’Alexia Cérénys, joueuse de rugby au club de Lons (Pyrénées-Atlantiques), née garçon. Elle jouait à 14 ans au club de Mont-de-Marsan avant de rejoindre les espoirs, puis de se blesser à répétition. Devenue femme, elle joue dans la plus haute division du rugby féminin, en Élite 1. Surprenant.

Déni de réel

Ainsi, au nom de l’égalité, on torpille toute équité. C’est le règne de la subjectivité contre l’objectivité ; le rêve contre le réel ; le langage contre le corps. À la place du corps, qui est la chose la plus réelle et concrète qui nous soit donnée, on laisse planer des rêves : « je m’identifie comme je le désire, je me dis comme je me désire », quitte à fermer les yeux sur ce que ce corps différencié lui-même nous dit. Oui, on a affaire à un tragique déni du réel, un déni du corps, un déni du corps différencié, donc du sexe. C’est bien l’œuvre de l’existentialisme : le réel ne compte plus, seul vaut le discours sur soi. Alors, dans un domaine comme le sport, dont le principe même repose sur le corps, matière même de toute la discipline, on ouvre une boîte de Pandore qui signe la mort des disciplines féminines.

Je le dis en tant que joueuse de rugby féminin amatrice : ça y est, le rugby féminin n’est plus.

21 mai 2021

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