L’image a couru les réseaux sociaux. Vladimir Poutine apparaît dans le costume de Garcimore, lançant les mains en avant comme s’il disait Abracadabra : « And just like that… Covid was gone. »

Le premier porté disparu de cette guerre ukrainienne, c'est le Covid. Plus une trace dans les médias. Bonne nouvelle, me direz-vous. À ce détail près que le est toujours là, et que tout le monde semble l’avoir oublié. Sauf ceux, évidemment, que le Président voulait emmerder et qui sont donc interdits de trains, restaurants, spectacles… qui ne peuvent plus rendre visite à leurs proches dans les hôpitaux et, parfois même, n'ont plus de boulot.

Dans son roman Suite française, Irène Némirovsky décrit une famille bourgeoise pendant la Deuxième Guerre mondiale que l’avancée des Allemands vers Paris prend par surprise. Il faut partir précipitamment, la mère de famille demande à la bonne de serrer l’argenterie, les bijoux, les vêtements dans les valises, tout ce petit monde affolé se croise en courant dans les couloirs, on finit, en tirant à hue et à dia, par faire rentrer tant que bien que mal dans la voiture les enfants, les malles, les meubles, les domestiques. On est bien soulagé de faire enfin démarrer le moteur et de partir… avant de se rendre compte qu’on a oublié le grand-père grabataire, au fond de sa chambre, dans le fauteuil qu’il ne peut quitter seul. Ainsi en est-il de la France ficelée par le , oubliée par des gouvernants trop pressés de faire des moulinets avec leur sabre de bois, et leur passoire sur la tête en guise de casque lourd. C’est la guerre, clame Bruno Le Maire, vous comprenez ! Oui, mais c’était déjà la guerre, disiez-vous !

Youhou, yakelkun ? La crise sanitaire résonne comme une pièce vide dont on a éteint en partant la lumière, les tableaux avec les indicateurs rouges ne clignotent plus, les médecins ont déserté les plateaux télé retournant au noble anonymat de leur service hospitalier. On voit presque déjà apparaître les toiles d’araignée. Eh, oh, là, revenez, ne nous abandonnez pas, déliez nos liens !

« Entre deux coups de fil à Poutine, on pourrait enlever le masque à nos enfants ? » suggère, aimable et pragmatique, sur Twitter, Olivier Truchot, le fameux journaliste des « Grandes Gueules ». On apprend, par la voix du ministre des Transports et de la SNCF, que les migrants ukrainiens seront autorisés à circuler gratuitement en France. C’est très altruiste. Mais on ne peut imaginer qu’on leur fera l’affront de les refouler s’ils n’ont pas de passe vaccinal ? Et on continuerait à le réclamer pour les Français ? Ce serait un peu fort de café, non ?

Le 23 février dernier, a poliment tiré la manche de la Justice, pour se rappeler à son bon souvenir. Mais son référé contre la diminution de validité du et du certificat de rétablissement à quatre mois a été rejeté. Le juge a argué qu’il n’y avait « pas d’urgence ».

Faudra-t-il attendre que cette nouvelle guerre soit réglée pour que l’on vienne délivrer les prisonniers de la précédente ? Sachant que la même équipe est à la manœuvre, entre ordre, contre-ordres, désordres, deux pas en avant, trois pas en arrière, ils auront le temps de sécher sur pied. Tiens, justement, en parlant de rétropédalage, Bruno Le Maire vient d’aller à Canossa et de reconnaître que l’emploi du mot guerre économique était « inapproprié ». Allons, faisons un prix de gros : le est désormais, également, tout à fait inapproprié.

7992 vues

1 mars 2022

VOS COMMENTAIRES

BVoltaire.fr vous offre la possibilité de réagir à ses articles (excepté les brèves) sur une période de 5 jours. Toutefois, nous vous demandons de respecter certaines règles :

  • Pas de commentaires excessifs, inutiles ou hors-sujet (publicité ou autres).
  • Pas de commentaires insultants. La critique doit obéir aux règles de la courtoisie.
  • Pas de commentaires en majuscule.
  • Les liens sont interdits.
  • L’utilisation excessive de ponctuations comme les points d’exclamation ou les points de suspension rendent la lecture difficile pour les autres utilisateurs, merci de ne pas en abuser !

Pas encore de compte, inscrivez-vous gratuitement !

La possibilité d'ajouter de nouveaux commentaires a été désactivée.

83 commentaires

  1. Macron est incapable de discipliner les racailles des banlieues et il prétend donner des leçons à Poutine. C’est vraiment un clown.

Les commentaires sont fermés.

  Commenter via mon compte Facebook

  Commenter via mon compte Twitter