Terrorisme victimaire : vous butez sur un nom d’origine étrangère ? Raciste !

Ruth Elkrief (mais pas que) vient d'en faire les frais. Le maire de Saint-Denis la somme de s'excuser.
Capture d'écran ©RTL
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L'extrême gauche ne traque pas seulement les dérapages verbaux. Elle est passée, à présent, aux dérapages phonétiques. Ruth Elkrief, qui a commis l’immense crime de buter (par deux fois, ce qui fait d'elle une récidiviste) sur celui du nouveau maire de Saint-Denis, vient de l’apprendre à ses dépens. Conspuée sur les réseaux sociaux par Thomas Portes, sommée de s’excuser par l’intéressé lui-même, la célèbre journaliste a été la cible d’un terrible bad buzz, essuyant les pires propos orduriers.

Crime de lèse-majesté

Mais elle n’est pas la première : invitée, le 30 mars, sur Télématin, Valérie Pécresse avait appelé par mégarde le nouveau maire de Saint-Denis « Ali Bakayoko ». Stupeur et tremblements. Crime de lèse-majesté. Peu importe que la dame soit coutumière des lapsus - une semaine auparavant, elle avait transformé le nom de (Thomas) Sotto en « Scotto » -, la sentence immédiate est tombée : harcèlement et insultes à feu continu. Sur son compte X, pour se défendre, Valérie Pécresse avait posté une vidéo de Jean-Luc Mélenchon dont la langue avait aussi fourché : « Aux trolls de LFI qui me harcelez depuis hier, que dites-vous à Jean-Luc Mélenchon qui écorche le nom de Ballybagayoko ? Raciste ? » Rien n’y avait fait : Mélenchon, évidemment, ce n’est pas pareil, il a un totem d’immunité.

Le nouveau maire de Saint-Denis - qui règne en potentat sur sa ville tel un nouveau Clovis pour une nouvelle France et use, par exemple, du nous de majesté pour décider qui est Dyonisien et qui ne l’est pas (comme Bardella) - ressuscite, en somme, le vieux concept hébreu (pas sûr que la référence plaise à LFI) de « schibboleth » : un signe d’appartenance verbal, « un mot qui se prononce d’une manière bien précise dans une zone linguistique déterminée, que seules les personnes maîtrisant parfaitement la langue locale peuvent prononcer sans accroc ». Victor Hugo l'évoque dans son Cromwell. Malheur à celui qui ne sait pas prononcer, il sera exécuté.

« Olivier, capitaine et juge dans Sion !
Les saints, siégeant à Londre [sic] en congrégation,
Sachant que ta science est un vase à répandre,
Te demandent par nous s'il faut brûler ou pendre
Ceux qui ne parlent pas comme saint Jean parlait,
Et disent Siboleth au lieu de Schiboleth. »

Ruth Elkrief a souvent donné des gages à gauche, Valérie Pécresse, à sa façon, aussi, mais cela ne suffit pas. Cela ne suffira jamais. Il faut toujours plus. Jusqu'à l'absurde : le phonème de travers.

Procès en prononciation suspecte

Je l’ai moi-même expérimenté, lors de la dernière campagne pour les élections municipales. Parce que sur CNews, j’ai articulé trop lentement le nom de la candidate LFI à Lille Lahouaria Addouche, j’ai eu droit à un post vengeur, à la veille du deuxième tour : « Dimanche, CNews devra apprendre à prononcer mon nom correctement. » (Eh bien, non, finalement, inutile de se fatiguer, la dame n’a pas été élue et est donc retournée à l’anonymat.)

Nous serions donc désormais collectivement coupables de ne pas être familiarisés avec les noms étrangers. C’est une preuve patente que nous avons grandi dans l’ancienne France : devrons-nous bientôt nous excuser ?

Quand Gad Elmaleh raillait, dans son one-man-show, les noms gutturaux bourrés de consonnes, indicibles pour un français, des meubles suédois IKEA, personne ne s’est avisé de le qualifier de xénophobe. Tout lecteur français de Tolstoï, de Tchekhov ou de Dostoïveski a confondu, au début, les personnages, les patronymes russes semblant, pour celui qui ignore la langue, tous se ressembler. Aucun Slave, au monde, n’en a pris ombrage.

Et le bûcher médiatique...

Pendant la Révolution, on reconnaissait les Français d’Ancien Régime à leur difficulté à tutoyer leur prochain et à l’appeler citoyen. Cette seule caractéristique suffisait à susciter le soupçon et à les arrêter.

Il en va de même de l’ancienne France. Celle-ci est sommée par la nouvelle de s’assimiler, et fissa ! Si elle ne le fait pas assez vite, s'emmêle les pinceaux avec les phonèmes exotiques comme avec les chaussettes de l’archiduchesse et le chasseur sachant chasser, elle sera brûlée médiatiquement en place de Grève. Lui reprochera-t-on, bientôt, de méconnaître le ouolof ou le farsi ?

Un exemple chimiquement pur du terrorisme intellectuel décrit par Jean Sévillia, dont le domaine de la lutte s'étend comme tache d'huile. Tous ceux qui font écho hypocritement à la victimisation soigneusement orchestrée du nouveau maire de Saint-Denis en sont complices.

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Gabrielle Cluzel
Directrice de la rédaction de BV, éditorialiste

Vos commentaires

77 commentaires

  1. Allons Gabrielle, vous si attentive à l’usage du bon français, et amoureuse des expressions anciennes, ne cédez pas à ces abus et déformations de notre patrimoine linguistique, qui le tire vers le bas.  » Mais pas que  » est l’une de ces déformations en passe de remplacer  » mais pas seulement « , alors résistez, que diable, ne succombez pas ! Merci.

  2. On n’est pas habitués à la « Nouvelle France », non plus! Il faudra du temps…

  3. Le seul fait d’être blanc nous rend déjà suspect d’être raciste, c’est la nouvelle France, il va falloir se préparer si nous voulons rester chez nous, chez nous est déjà extrêmement raciste car la terre appartient à tout le monde me dira-t-on, mais pas une histoire, pas une civilisation elles appartiennent à ceux qui les ont construites.

  4. Il est pas sure que d’avoir su mettre, ou peut être on lui a mis le pied a l’étrier pour une début que çà puisse perdurer.
    Des fois çà fini dans un flop, l’histoire nous montre des exemples qui ont mal fini, pour le moment le soleil brille, pour combien de temps l’avenir nous le dira, la réalité est souvent incontournable.

  5. Ruth Elkrief, n’est-ce pas elle qui s’était plainte, en substance, que des « ouvriers » puissent fréquenter la même épicerie que sa personne ?

  6. C’est ce qui est sur avec cette gauche… ils ne cesseront jamais de nous surprendre !
    On raconte n’importe quoi pour passer pour des victimes… mais on s’autorise à faire la même chose, sauf que chez eux c’est volontaire : faut il rappeler Melenchon citant les noms de Gluksman ou Epstein ??…

  7. Mme Pécresse, élevée à Sainte Marie de Neuilly, veut faire la charité… mais avec l’argent des autres.

  8. Qu il arrête de se victimiser. Cette journaliste ne l a pas fait exprès. N a t il pas autre chose à faire que de traquer les médias pour écouter ce que l on dit sur sa seigneurie. Il n est pas aussi intéressant qu il se croit .

  9. Il n’y a qu’à l’appeler le maire des dealers, ça simplifiera.
    Les consonances de ces patronymes ne sont pas habituelles dans notre pays à l’origine chrétienne, mais écorcher son nom serait criminel, quelle foutaise.Qu’il s’occupe de ses velos et de l’argent de la drogue, on verra son bilan dans quelque temps

  10. Il faut vraiment être à court d’arguments pour s’en prendre à des défauts de prononciation .

  11. Se tromper en parlant de Bally, c’est Ballot.
    Ca me rappelle une chanson paillarde tout ça….

  12. Un sang mauvais pour paraphraser le Maréchal Petain qui lui, parlait de vent mauvais. Un sang mauvais s’infiltre dans les veines de nombreux occidentaux finissant par refuser le racisme même lorsque les arabonegroides les attaquent frontalement par leur agressivité. Ce signe est révélateur du déclin de notre civilisation devenue faible, faineante et surtout acceptante. Les populations européennes sont mûres pour être totalement submergées et l’assimilation sera une assimilation inversée. Le système va contraindre l’européen blanc à s’assimiler à la négritude ambiante.

  13. Je suis né dans un environnement où les gens s’appelaient Martin, Robert, Thomas, Pierre…. et suis trop vieux pour faire l’effort d’apprendre à prononcer ces noms et prénoms exotiques. Et je ne vous parle même de cette soi-disant écriture sensée être inclusive qui ne fait que nous faire buter sur chaque mot.

  14. Pauvre France !
    que Saint Denis se racaillise c’est son affaire, mais il faut éviter la contagion avec des extrémistes comme Mélanchon, le Déat des temps modernes, favorable au grand remplacement qui invite le migrants à faire des enfants à nos compatriotes.

    • Les Français se rendent t’ils compte de ce qui adviendrait si cette gauche là était élue à la présidentielle ?

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