« Les victimes, ce sont les chrétiens » : la lourde peine des familles face aux églises vandalisées
À Luynes, près de Tours, l'église Sainte-Geneviève trône au cœur de cette commune d'un peu plus de 5.000 habitants. En dehors d'une messe le mardi matin, d'une célébration mensuelle le samedi soir et des offices ponctuels qui rythment la vie d’une paroisse, le bâtiment vit surtout des allées et venues discrètes de quelques fidèles qui s'y recueillent un instant, loin de l'agitation du quotidien.
C'était notamment le cas de Lorette, jeune mère de famille de Luynes, qui avait pris l'habitude d'y passer quelques moments privilégiés avec ses deux enfants en bas âge, au gré des trajets de la journée. Mais ces visites improvisées appartiennent désormais au passé. Ce lundi 3 août, elle a appris que l'église resterait dorénavant fermée en dehors des célébrations, conséquence du vol d'un tronc et de la dégradation d'une porte survenus un peu plus tôt.
L’église, un lieu de transmission
Pour Lorette, pousser la porte de Sainte-Geneviève était devenu un geste aussi naturel qu’habituel quand elle s’y arrêtait avec ses petits sur le chemin de l’école, de la pharmacie, de la bibliothèque ou encore de la boulangerie. « Je savais qu'elle était tout le temps ouverte », confie, auprès de Boulevard Voltaire, la mère de famille. « C’était très facile d’y aller, cela prenait dix minutes : on entrait, on repartait. » Dix minutes seulement, mais dix minutes qui avaient trouvé leur place dans le rythme de la vie familiale. Loin de l'agitation d'une messe dominicale, l'église vide et silencieuse lui permettait de faire découvrir à ses enfants ce qui échappe souvent aux plus petits lorsque les bancs sont remplis : les statues, les vitraux, l'autel, la petite flamme rouge qui signale la Présence réelle. Ils s'arrêtaient quelques instants pour apprendre à prier sagement, puis les enfants disaient simplement « Bonjour Jésus », avant de lui adresser un « au revoir » en quittant les lieux.
Ces visites spontanées étaient, pour cette mère de famille catholique, « une façon de transmettre [s]a foi dans le quotidien et de mettre la prière au milieu de la journée. Pas seulement le dimanche. »
C'était une habitude que partageaient, autrefois, nombre de familles catholiques, au temps où l'on savait trouver les églises ouvertes. Combien d'enfants ont récité La Vierge à midi de Paul Claudel, ce poème où l'auteur entre dans une église « parce qu’il est midi », heureux d'y trouver simplement « l'église ouverte ».
« C’est le cœur des chrétiens que l’on attaque »
« Cela me désole énormément car je ne pourrai plus proposer à mes enfants ce moment intime », regrette Lorette. Et demain, redoute-t-elle, ils ne pourront peut-être même plus franchir spontanément le seuil d'une église pour venir prier seuls, car « plus le temps passera, plus les églises seront fermées dans la journée pour éviter ce genre de problème », analyse la mère de famille, qui ne cache pas sa colère de voir ces actes devenir habituels. « Les églises sont de plus en plus dégradées, de plus en plus pillées, et il n’y a aucun moyen de retrouver les responsables. »
En 2025, « 843 actes antichrétiens ont été recensés », selon le ministère de l'Intérieur, soit une hausse de 9 % par rapport à l'année précédente.
« Les personnes victimes de cela, ce sont les chrétiens. On ne peut plus entrer dans les églises, on ne peut plus s'y sentir en sécurité. Ce sont pourtant des lieux de recueillement, ouverts à tous », déplore Lorette.
Comment transmettre aux générations futures ce réflexe autrefois si naturel de pousser la porte d’une église, de s’y recueillir quelques instants ou simplement d’y trouver un peu de silence, lorsque ces lieux tendent à se fermer en dehors des célébrations ? C’est une habitude séculaire de la vie française qui risque ainsi de disparaître peu à peu.
« C'est le cœur des chrétiens que l'on attaque », conclut Lorette.
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Un commentaire
En France, on finira pas renvoyer les Chrétiens prier dans les catacombes, certains en rêvent nuit et jour et ne le cachent pas.