Les étudiants sont, eux aussi, des victimes de la crise sanitaire et se plaignent de leur , de leur isolement, de leur détresse psychologique. La semaine dernière, ils ont manifesté dans plusieurs villes de et plaidé pour une reprise des cours dans les universités. Pourtant, comme le dit Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, « les choses sont moins binaires que ce qu’elles paraissent ». Emmanuel est allé à leur rencontre et semble les avoir entendus.

Qu’en est-il exactement ? Pour le savoir, nous avons rencontré Chloé, étudiante à Clignancourt

Quelle est votre appréhension du moral des étudiants autour de vous ?

De façon générale, le moral est relativement bas. Le taux de décrochage au cours du premier semestre a été important, même parmi mes amis de la licence, dont un certain nombre a abandonné et arrêté de suivre les cours et de rendre les devoirs à cause du découragement lié à la durée du distanciel. Et je trouve qu’un certain abattement se fait de plus en plus sentir, notamment depuis les annonces d’une reprise des cours à distance pour le deuxième semestre. Il y a une grosse perte de motivation du fait de l’absence d’un contexte favorable à l’étude et au travail et de la vie sociale qui l’accompagne. Une idée qui revient souvent est d’ailleurs celle des étudiants, « grands oubliés de la crise » du Covid, qui semblent sacrifiés à des mesures sanitaires très strictes bien plus que les lycées ou que les prépas, par exemple.

La reprise des cours et TD en présentiel, est-ce vraiment la revendication principale ?

La question de la reprise des cours, au moins les TD, en présentiel est, en effet, la revendication la plus importante puisqu’elle permettrait d’assurer le minimum de suivi dont on a tous besoin pour s’accrocher et continuer à travailler, et cela, quelle que soit la motivation initiale. Si cela reste la principale demande adressée au gouvernement, on peut cependant mentionner aussi celles liées à une potentielle hausse des aides financières étudiantes en cette période de crise ou, à une échelle plus réduite, à une adaptation du mode d’évaluation et de la notation.

Mais tous les étudiants ne souhaitent apparemment pas retourner en cours. Que s’est-il passé, à la Sorbonne ?

Je peux surtout parler de ce qu’il s’est passé sur le campus de Clignancourt, dans le XVIIe arrondissement, qui accueille une partie des licences de la faculté de lettres de la Sorbonne. Une série de blocus a été mise en place pour empêcher la tenue des partiels en présentiel après les de Noël. Mais la présence de la , envoyée sur la demande de la hiérarchie, a permis aux étudiants qui souhaitaient composer de le faire. Le nombre de ceux qui ont choisi de composer malgré tout a, en outre, sensiblement augmenté au cours de la semaine d’examens, même si le pourcentage des étudiants qui ont boycotté pour dénoncer la tenue d’examens en présentiel après une moitié de semestre à distance est demeuré important (à titre d’exemple, plus de la moitié de la promo des L2 de Géographie et Aménagement). Cette période des examens a donc été particulièrement compliquée, aussi bien pour ceux qui les ont passés, dans ces conditions particulières et peu propices, que pour ceux qui les ont boycottés, dont le sort est resté incertain pendant quelque temps et qui passeront sans doute aux rattrapages en juin.

Jeudi, Emmanuel Macron a annoncé un retour en « présentiel » à 20 % du temps pour les étudiants, des repas à 1 euro deux fois par jour « pour tous » et un chèque »psy contre le mal-être » en affirmant, toutefois, qu’il n’y aurait pas de retour à la normalité avant l’année prochaine. Qu’en pensez-vous : le gouvernement en fait trop ou pas assez ?

Je pense personnellement que si ces mesures traduisent une certaine volonté du Président de prendre en compte les revendications et désirs des membres de l’enseignement supérieur, elles se révèlent pourtant assez inadaptées dans le sens où elles ne répondent pas réellement aux problèmes actuels. Ainsi, la jauge de 20 % en particulier pose de vrais problèmes de planification pour l’administration universitaire, notamment parce qu’il faut que les emplois du temps coïncident avec la jauge de 50 % pour les L1. Et à l’instar de la Sorbonne, de nombreuses facs maintiennent le distanciel intégral pour éviter ce de soucis. Le problème reste donc entier et la perspective d’un potentiel troisième reconfinement n’est pas pour rassurer…

26 janvier 2021

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