Economie - Editoriaux - Politique - Réflexions - 8 décembre 2018

Taxes, impôts, dépenses : et si on en revenait à des règles de bon sens ?

La tentative de sortie de crise des « gilets jaunes » par notre gouvernement montre bien que nos hommes politiques, plus préoccupés de leur situation que de celle de la France, sont arrivés au bout du bout de leur paradigme. D’ailleurs, ils en sont si conscients que c’est sur le bout des lèvres, plus que timidement même, qu’ils ont annoncé leurs propositions de sortie de crise comme s’ils étaient convaincus eux-mêmes qu’elles étaient franchement ridicules face aux attentes des citoyens. Ils viennent de comprendre, à leurs dépens, que le moratoire, comme les antibiotiques, c’est pas automatique si on veut lui conserver un peu d’efficacité.

Le pays est ruiné par des générations d’énarques qui ont même réussi à ruiner leur propre école – l’ENA est au bord du gouffre – parce qu’ils sont, tout simplement, débordants d’imagination ! Écrire des scénarios complexes pour plonger le pays dans des situations inextricables, ça, ils savent faire ! Mais appliquer des règles de « bon père de famille » et/ou des recettes de « bon sens de ménagère »… Notions bien trop basiques, bien trop ringardes, pas progressistes du tout et, donc, certainement ignorées par l’ENA et autres Sciences Po.

Il me semble pourtant que le principe élémentaire qui vaut dans toute gestion économique est de ne pas dépenser plus que l’on possède. J’entends déjà des protestations : on ne gère pas un État comme une famille ou une entreprise. Je pourrais juste répondre à ces protestations : on voit le résultat.

Le problème est pourtant bien là ! Contrairement à n’importe quel particulier, à n’importe quel responsable d’entreprise, nos gouvernants ne connaissent pas de limites budgétaires. Contrairement à nous, le politique peut rêver d’un nouveau porte-avions – utile ou pas, peu importe – au cours de la nuit et décider de sa construction le matin au réveil sans avoir à se demander comment il allait le payer, puisque ce n’est pas lui qui le paye mais nous tous. Les caisses sont vides ? Pas grave ! Une nouvelle p’tite taxe rendue indolore par un prétexte « écolo-humaniste », un mode de calcul à endormir une armée de comptables, un nouvel organisme censé la gérer, histoire de caser un « copain », et hop ! le tour est joué… Jusqu’au jour où l’ensemble des prélèvements indolores (à l’unité) deviennent une ponction douloureuse, si douloureuse que le peuple saigné dit STOP !

En 1965, les prélèvements obligatoires représentaient 33 % du PIB. Aujourd’hui, ils frisent les 50 % !

Je rêve, mais il me semble que la solution à la fois la plus simple, la plus rassurante pour nous tous et la plus consensuelle également serait de créer constitutionnellement des limites, l’ensemble des prélèvements ne pouvant excéder un plafond, 33 % par exemple, en limitant les taxes pour les produits et services de première nécessité comme l’eau, l’énergie, le logement, l’alimentation. Interdire l’emprunt, cette solution de facilité dont la France n’a que trop abusé, y compris aux collectivités, pour revenir à ce principe basique : on ne dépense que ce que l’on a et pas plus.

Bref, je propose juste à nos politiques aux responsabilités qui pourraient me lire un retour vers le paradigme des citoyens, celui de la réalité, celui de l’effort, celui des limites et des fins de mois, celui qui permet de rêver vraiment… Mais n’est-ce pas ce que je fais en ce moment ?

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