Lundi soir, à l’Élysée, Emmanuel accueillait Vladimir Poutine, et le nouveau président ukrainien Volodymyr Zelensky pour discuter de la paix au Donbass, région déchirée par la guerre civile depuis cinq ans à la suite du coup d’État du Maïdan à Kiev, en février 2014.

Le sommet n’a pas mis fin à la guerre, mais on peut dire qu’il a été globalement positif et augure d’une nouvelle ère de négociations entre belligérants. Zelensky et Poutine ont ainsi pu se rencontrer pour la première fois, ce qui a fait grincer les dents de bon nombre d’ultra-nationalistes ukrainiens pour qui « un bon Russe est un Russe ».

C’était un acte courageux de la part de Zelensky, prouvant ainsi qu’il ne comptait pas se laisser prendre en otage par la petite clique en baskets qui a pourtant permis le coup d’État du Maïdan en 2014. Ensuite, et surtout, dans leur déclaration commune, les responsables se sont engagés sur la poursuite du processus de paix. Avant la fin de cette année, l’Ukraine et les Républiques populaires de Donetsk et de Lougansk s’échangeront de nouveau des prisonniers, établiront un cessez-le-feu et s’engageront sur de nouvelles zones de démilitarisation. Ils feront, d’ailleurs, un bilan dans quatre mois montrant qu’ils veulent aller vite et s’assurer du bon déroulement du processus.

Bien évidemment, il ne faut pas encore crier victoire, loin de là. Des cessez-le-feu au Donbass, il y en a déjà eu beaucoup, qui n’ont jamais été respectés. Il reste aussi des points qui paraissent irréconciliables entre parties, quand Zelensky parle de la récupération de la Crimée alors que, pour Moscou, la réunification est actée à tout jamais et le sujet est clos. On voit aussi difficilement comment Kiev pourrait récupérer le contrôle des républiques sécessionnistes, alors que celles-ci souhaitent au contraire rester indépendantes. Le chemin de la paix sera long, n’en doutons pas.

Aussi, et c’est assez rare pour le souligner, Emmanuel Macron peut se targuer d’avoir réussi une belle opération diplomatique internationale et d’avoir remis la France au cœur des enjeux politiques européens. Depuis quelques mois déjà, il a entamé une de réhabilitation de Moscou en rappelant que « la Russie fait partie de l’Europe » et « n’est pas notre ennemi ». Dans un contexte où il estime que « l’OTAN est en état de mort cérébrale », son rapprochement intelligent avec la Russie fait tousser dans les milieux atlantistes qui pensaient que l’affirmation de souveraineté et de puissance françaises sur la scène internationale avait été enterrée avec le en 1970.

Depuis longtemps, on n’avait pas entendu parler de paix au Donbass dans ce conflit fratricide entre chrétiens européens où seul Washington tire son épingle du jeu en attisant la guerre sur la frontière russe. La paix au Donbass n’est clairement pas pour demain, mais réjouissons-nous qu’un nouvel espoir soit né aujourd’hui.

13 décembre 2019

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