En 2014, , une Soudanaise convertie au christianisme, avait été condamnée à mort par pendaison pour apostasie, un crime majeur en islam : “Et ceux qui parmi vous abjureront leur religion et mourront infidèles, vaines seront pour eux leurs actions dans la vie immédiate et la vie future. Voilà les gens du Feu : ils y demeureront éternellement” (sourate 2, verset 217 ; traduction : Dr Muhammad Hamidullah). Grâce à une mobilisation internationale, Meriam avait été finalement libérée et pu quitter son pays d’origine.

Au , la charia – loi islamique – “est explicitement reconnue dans la Constitution comme l’une des principales sources du droit soudanais” (L’Obs). Un autre fait divers vient à nouveau de le confirmer. , mariée de force à l’âge de 16 ans, a ainsi été condamnée à mort à l’issue de son procès pour avoir poignardé son mari.

“En avril 2017, la jeune femme s’est installée chez son mari après la fin de ses études secondaires. Refusant de “consommer le mariage”, elle a été victime de viols répétés. Le procès à son encontre qui s’est tenu en juillet dernier a révélé que son mari avait notamment fait appel à deux de ses frères et un cousin pour la tenir pendant qu’il la violait” (Marianne).

Le lendemain, alors que son mari entendait réitérer son geste, Noura s’est saisie d’un couteau dans la cuisine et l’a tué en le frappant à plusieurs reprises, certainement prise de panique à l’idée de subir à nouveau ce supplice. Et c’est son père, chez qui elle s’était ensuite naïvement réfugiée, qui l’a livrée à la police. Le même père qui avait forcé sa fille à épouser Abdulrahman Hammad.

Reconnue coupable d’homicide volontaire par le tribunal, ayant “appliqué une vieille loi qui ne reconnaît pas le viol conjugal […], Noura Hussein Hammad, dont le rêve était de devenir enseignante, est détenue dans une prison pour femmes depuis mai 2017” (Le Figaro).

Compte tenu des faits, Amnesty International, par la voix de son directeur régional adjoint, Seif Magang, demande “que Noura ait droit à un nouveau procès, équitable, qui prend en compte ces circonstances atténuantes”.

Il faut savoir que nombre de Soudanais, fuyant le régime autoritaire d’Omar el-Béchir – au pouvoir depuis un coup d’État en 1989 –, “optent de plus en plus pour la France, dessinant les contours d’une nouvelle communauté”, expliquait Le Monde dans un article paru en octobre 2017, indiquant par ailleurs que “30.000 Soudanais de cœur [résideraient] dans l’Hexagone”. On imagine que ces Soudanais condamnent les mœurs de leur pays ? La question mériterait qu’elle leur soit posée.

Samuel Huntington écrivait que “dans ce monde nouveau, les conflits les plus étendus, les plus importants et les plus dangereux n’auront pas lieu entre classes sociales, entre riches et pauvres, entre groupes définis selon des critères économiques, mais entre peuples appartenant à différentes entités culturelles” (in Le Choc des civilisations). Dont acte.

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