Il ne fait aucun doute que la monnaie unique pose de très gros problèmes à de nombreux pays membres de la zone euro, comme l’a souligné le prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz dans son dernier ouvrage intitulé L’Euro : comment la monnaie unique menace l’avenir de l’.

Selon cet économiste, 90 % des titulaires du prix Nobel d’économie en activité lors de la création de l’euro considéraient que c’était une erreur.

Stiglitz et ses nombreux collègues partagent un même point de vue qui peut se résumer ainsi : on ne peut pas doter d’une même monnaie des pays ayant des structures économiques et sociales trop différentes, cela n’a jamais fonctionné et, à nouveau, nous constatons que cela ne fonctionne pas.

La dénonciation des effets néfastes de l’euro est donc fondée, contrairement à ce que disent les médias de l’oligarchie qui ont réussi à convaincre les Européens du bien-fondé d’une monnaie unique paneuropéenne.

La classe politique et les médias manipulent les Français et les autres Européens en leur faisant peur, et ils ont si bien réussi qu’il n’y aurait que 11 à 20 % de partisans de la sortie de la zone euro en France, selon deux sondages de juin 2017 (27 % en avril 2016, ce qui signifie que la campagne du FN qui était centrée sur ce thème n’a pas convaincu).

Notons aussi que 28 % seulement des électeurs du FN sont favorables à la sortie de la zone euro.

Le FN ne pouvait pas rassembler très largement en mettant en avant l’idée du retour au franc et il doit son score malgré tout remarquable (10,6 millions de voix au deuxième tour, à comparer aux 5,5 millions de voix obtenues par Jean-Marie Le Pen en 2002) au fait qu’il est le seul parti clairement opposé à l’immigration. La crainte d’une sortie de l’euro a fait fuir les trois millions d’électeurs de LR et de DLF, qui ont préféré s’abstenir ou voter blanc au second tour de la présidentielle parce qu’ils ne voulaient ni voter pour Macron ni prendre le risque d’une sortie de la zone euro.
 
Joseph Stiglitz estime que le pronostic vital de l’euro est engagé ; pour qu’il survive, il faudrait que les États concernés acceptent des transferts budgétaires à hauteur de 300 milliards d’euros par an, dont 220 pour la seule Allemagne, ce qu’elle ne peut et ne veut faire, ce qui implique que l’euro, tôt ou tard, disparaîtra mais, à ce jour, peu de gens en ont conscience et la propagande anxiogène des médias les incite à accepter le statu quo.

La sortie de la zone euro ne peut donc pas être, dans l’état actuel des choses, le thème central d’un parti désireux de prendre rapidement le pouvoir.

Il serait plus judicieux de proposer la transformation de la monnaie unique en monnaie commune, ce qu’a fait, trop tardivement, Marine Le Pen entre les deux tours de l’élection présidentielle.

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