Editoriaux - Politique - Sciences - Société - Table - Tribune - 17 septembre 2017

Sens commun, la PMA et les LR

Madame Bazin de Jessey, porte-parole de Sens commun, vient de publier une tribune sur FigaroVox appelant la droite à se ressouder autour d’une lutte contre le projet gouvernemental de généralisation de la PMA à toutes les femmes.

Ce faisant, et malgré une argumentation excellente qui dénonce les maux que cette pratique ne manquera pas d’amener, elle en oublie un. Ou même deux, si l’on préfère.

Le premier est que, d’évidence, généraliser sans plus d’examen des motifs la PMA à toutes les femmes, ne plus la soumettre aux cas d’infertilité d’un couple homme-femme conduira la gent masculine à se voir exclue de ces bénéfices. Ainsi les verra-t-on crier hors de toute raison et réclamer que leur soit attribuée à leur bénéfice une autre loi ; bien sûr : la GPA. Si le désir – de possession – d’un enfant est la seule justification de la satisfaction du besoin… Et puisque aussi bien il est de par le monde des sociétés où les mères, génitrices, sont disposées à ces pratiques détestables, il est bien certain que cette voie sera poursuivie.

Le second est que Madeleine de Jessey affirme qu’une droite divisée – ce qu’elle est, ô combien ! – “se montre une fois de plus timorée sur ces sujets, alors même qu’ils font appel à tous les grands principes qui justifieraient son existence face à La République en marche”. Alors qu’elle “s’honorerait à porter fièrement, sans hésitation, sans crainte des anathèmes”, une volonté de lutter et s’affirmer contre des projets légalisant des modifications fort conséquentes des mœurs.

Où l’on voit la vanité de Sens commun dans ses ralliement successifs, ses propres divisions internes…

Bien sûr, on peut (ou on pouvait) voir en François Fillon un candidat qui, personnellement, s’affirmait opposé à ces évolutions sociétales ; et, bien sûr, il n’était pas tout à fait seul dans son camp ! Mais quel crédit fondamental accorder à un parti – LR – dont les positions sociétales structurantes n’existent pas ou, au mieux, sont fluctuantes, au gré des valses-hésitations de ses nombreux représentants. J’eus récemment, sur le site Riposte laïque, l’occasion de manifester une incompréhension : “Pourquoi cette soumission inconditionnelle des électeurs et “influenceurs” de droite qui leur interdit de se questionner ? […] Sont-ils libres, ceux qui mettent leurs principes sous l’éteignoir en acceptant, quoi qu’il en soit, de suivre aveuglément des chefs qui les trahissent ? Savent-ils distinguer l’esprit qui fait vivre de la lettre électorale jointe aux enveloppes marron d’avant élections ?”

Ainsi de Sens commun. Ainsi de madame de Jessey, qui très sincèrement contribue à éclairer les consciences mais bloque sa raison (et son action ?) au constat anticipé que le parti qu’elle rejoint ne fera pas sienne ses positions sociétales !

Alors ? Faut-il rappeler, ici, les positions toujours maintenues du FN, ses positions officielles et structurantes qu’on trouvera sur le site de l’Alliance VITA : “Protéger l’enfant de la PMA sans père ; défendre l’enfant et la femme contre la GPA ; préserver l’intégrité du mariage.” Quoi qu’on pense des idées de certains leaders de courants non “marionistes”, elles n’ont jamais contesté cette ligne officielle du mouvement dirigé par Marine Le Pen.

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