C’est sous ce néologisme entré dans le vocabulaire courant que la caste politico-médiatique qualifie toute forme de remise en cause de la pensée « politiquement correcte », unique et obligatoire, et ce, quel que soit le sujet en cause.

Il s’agit, en réalité, d’une nouvelle définition de l’esprit critique, dont l’exercice est prohibé par un terrorisme intellectuel, dénoncé voilà déjà vingt ans par le journaliste et historien Jean Sévillia, qui pratique l’anathème, l’amalgame ou le procès d’intention afin de condamner, sans débat ni argument contradictoire, toute opinion non conforme.

Ainsi, dans les circonstances actuelles, les opposants au port obligatoire du masque dans l’espace public comme dans les lieux « clos » sont qualifiés de complotistes : à cet égard, un récent article du Parisien relatant une hostile « aux mesures restreignant les libertés individuelles pour combattre le Covid-19 », qui s’est déroulée à Berlin, le 1er août dernier, illustre parfaitement le phénomène.

Afin de discréditer la contestation, le quotidien insinue notamment que la devise choisie par les organisateurs, « Jour de la liberté », ferait référence au titre d’un film de la réalisatrice allemande Leni Riefenstahl portant sur une conférence tenue, en 1935, par Adolf Hitler… Bien entendu, cette a été vertement dénoncée par la chancelière allemande et par les responsables des partis chrétien-démocrate comme -démocrate.

Autre exemple, les critiques apportées au dogme écologiste du et de son origine exclusivement humaine subissent le même sort : diabolisation des « climato-sceptiques », qualifiés également de complotistes, dont les études s’appuient pourtant sur des recherches scientifiques tout aussi valables que celles des tenants de la thèse devenue officielle, comme l’expose brillamment l’universitaire Rémy Prud’homme dans un ouvrage très éclairant et fort documenté intitulé L’Idéologie du réchauffement, paru en juin 2020 chez L’Artilleur.

Or, une étude qui se prétend scientifique ne peut être considérée comme valide si elle n’a pas fait l’objet, au préalable, d’une analyse critique sans concession : à défaut, ses conclusions se limitent à de simples hypothèses toujours contestables.

Dans une ouverte et démocratique, aucune question ne devrait rester taboue et ceux qui ne respectent pas les thèses officielles devraient pouvoir librement s’exprimer sans être dénoncés comme des adeptes d’une imaginaire « théorie du complot », tout particulièrement dans un pays comme la France, qui fit jadis de Descartes son maître à penser…

6 août 2020

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