Sondage choc. 77 % des Français contre les abayas à l’école mais pas les jeunes

abaya voile

L'immense majorité des Français - toujours ces 70-80 % à qui on ne la fait plus sur l'immigration - se dit opposée au port des vêtements communautaires traditionnels moyen-orientaux tels qu'abayas, qamis ou djellaba dans les établissements scolaires. C'est le résultat rassurant d'un sondage de l'IFOP pour le compte de Sud Radio publié vendredi. L'appel de Jean-Luc Mélenchon, le 18 juin dernier - on a les appels du 18 juin qu'on mérite...-, à prendre les abayas pour l'équivalent des chemises à fleurs d'ados en crise, dénoncé par Georges Michel, n'a donc pas été entendu et c'est heureux.

Autre sujet de satisfaction : la même proportion ne tombe pas non plus dans le piège de l'Éducation nationale et de Pap Ndiaye qui a dévolu aux chefs d'établissement, par une note de septembre 2022, le soin d'estimer que telle ou telle tenue était religieuse ou pas. Pour 78 % en effet, cette évaluation doit être faite automatiquement et nationalement par le ministère de l'Éducation et non laissée à la discrétion des établissements scolaires et des chefs d'établissement, une fois de plus laissés en première ligne, à la merci des pressions communautaristes. Les Français ne sont pas dupes, ni de la pression islamique, ni des complaisances et des faiblesses politiques.

Derrière ces chiffres globalement rassurants se cachent des disparités attendues selon l'appartenance politique. Comme prévu, la doctrine Mélenchon sur l'abaya-chemise à fleurs a ses principaux adeptes chez La France insoumise, puisque 40 % de ses sympathisants y sont favorables. Inversement, les sympathisants de droite, chez Les Républicains ou le Rassemblement national, sont les plus opposés, à 92 % et 87 % ! C'est dire le caractère clivant du sujet.

Mais il est un autre chiffre bien plus inquiétant, celui du clivage générationnel : 58 % des 18-24 ans se montrent favorables aux vêtements communautaristes, contre seulement 7 % des seniors. C'est considérable.

Ce chiffre du soutien des jeunes aux abayas et autres djellabas en milieu scolaire n'a pas échappé à Éric Zemmour, qui y trouve confirmation du troisième pilier de sa théorie : aux Grand Remplacement et au grand déclassement s'ajoute le grand endoctrinement.

Mais il faut sans doute y ajouter le facteur « Grand Remplacement » lui-même : la part de la population d'origine musulmane est en effet bien plus élevée dans la jeunesse que dans nos clubs de bridge ou nos EHPAD.

Par ailleurs, une étude antérieure de l'IFOP avait montré que, du côté des enseignants, les plus jeunes se montraient plus ouverts à un assouplissement des règles de la laïcité : 62 % (contre 34 % des plus de 50 ans) soutiennent l’introduction de menus à caractère confessionnel mais aussi le port de signes religieux par les parents accompagnateurs. Pire : 41 % d'entre eux sont favorables au port de vêtements traditionnels larges !

Mais cette faiblesse des jeunes enseignants a une autre explication que met en avant, dans Le Figaro, François Kraus, directeur du Pôle politique et Actualités de l'IFOP : « Plus les professeurs se font agresser sur des questions religieuses et identitaires, plus ils cèdent aux revendications identitaires des minorités religieuses. » Leur tolérance et leur ouverture ne seraient qu'une soumission aux intimidations islamistes. Oui, c'est bien la triste réalité que j'observe quotidiennement dans mon établissement REP rongé comme tous les autres par la lèpre islamiste. Jeunes lycéens musulmans et jeunes profs : même combat. Sauf que les uns sont des vainqueurs, les autres des vaincus...

Frédéric Sirgant
Frédéric Sirgant
Chroniqueur à BV, professeur d'Histoire

Vos commentaires

51 commentaires

  1. Les Français qui sont « favorables » aux vêtements religieux sont des trouillards . Mais je les comprends : Samuel Paty en est l’explication . Certes , il doit bien y avoir un petit pourcentage de « pour » . Quelles en sont les raisons ? Ce sont des convertis ou encore par amitié pour des copains musulmans auxquels ils ne veulent pas déplaire . Ou une fille dont ils sont amoureux … Quand ils comprendront , il sera trop tard … Pauvre France !…

  2. Il y a pourtant une solution toute simple et cette solution est :instaurer un uniforme par école et de préférence élégant pour les femmes

  3. Dans moins de 10 ans la majorité des jeunes sera pour le voile et l’abaya… c’est une question de démographie. Ou alors l’uniforme, l’uniforme, l’uniforme !

  4. A autoriser les abayas, qamis ou djellaba, à l’école ou d’ailleurs partout en République, ils ne pourront pas interdire les tenus de troubadour, ménestrel, chevalier (sans l’épée), de zorro, de cow boy (revolver factice), ou tout autre tenue de Carnaval portées à travers le Monde et à travers les siècles….Nous n’irons pas jusqu’à l’époque de Cro Magnon….quant aux jeunes qui seraient pour les abayas à l’école c’est parce qu’ils ne sont pas éduquer, ne connaissent pas l’Histoire, la Politique, la Civilisation, les risques de guerre civile…

  5. Quitte à déplaire, j’affirme que j’ai toujours préféré les femmes portant des foulards et des jupes mi-longues (comme ma grand-mère) à celles en mini-jupe (que j’ai toujours trouvé affreuses) et en décolleté. Alors, je trouve revigorant cette reprise de la jeunesse avec la pudeur.

    • sauf qu’il s’git d’une  » pudeur » ( je dirais plutôt pruderie) obligée car décrétée de façon religieuse….mais peut-être est-ce votre milieu culturel ( sinon cultuel) Ou le vieux fantasme masculin d’avoir le privilège de découvrir ce qui est caché !

      • Ce n’est pas mon milieu ! et en ce qui concerne votre 2me remarque, qui pourrait être pertinente, ma grand-mère (que j’ai citée) n’est surement pas concernée.

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