Mélenchon lâché par sa nouvelle France ? Belattar ne veut pas être un « tirailleur »
Jean-Luc Mélenchon peut se faire du mouron. Quand Aly Dioura l’a débarrassé de Raquel Garrido - non sans avoir dit son fait, au préalable, à l’encombrante donzelle sur StreetPress -, peut-être le leader de La France insoumise a-t-il souri.
Sauf qu’il est rattrapé par la patrouille. La dulcinée d’Alexis Corbière pourrait aujourd’hui faire son Danton criant à Robespierre, avant que sa tête ne roule sur le billot : « Tu seras dans la prochaine charrette. » Le temps du porte-parolat, selon l’expression de Rima Hassan, est révolu. Celui des supplétifs dociles aussi.
Dans un entretien accordé à la chaîne YouTube « Funérailles des tabous », Yassine Belattar a affirmé que Jean-Luc Mélenchon voulait faire des populations des quartiers ses « tirailleurs ». Le petit extrait a été trouvé par le compte X « French Carcan ».
Il y avait longtemps que l’ancien membre du Conseil présidentiel des villes, nommé par Emmanuel Macron en 2018, ne s'était pas exprimé publiquement. C’est lui qui, en 2019, avait déconseillé à Michel Blanquer, après que celui-ci avait donné son avis sur le hijab, de « mettre les pieds dans le 93 ». Autant dire qu’il est préférable de ne pas s’attirer son inimitié. Mais ce n’est pas Mélenchon qui se prendrait les pieds dans le voile islamique : il ne le qualifie plus de « torchon sur la tête » depuis belle lurette et en a, du reste, bruyamment demandé pardon.
C’est aussi Yassine Belattar qui, au rassemblement contre l’islamophobie, toujours en 2019, avait déclaré : « Nous ne sommes pas dans un projet d’assimilation : la France doit s’habituer au fait que nous restons. » Ou encore, s'agissant du RN : « Ils ne se rendent pas compte de ce qu’on a préparé, c’est-à-dire nos enfants. »
À l’époque, Jean-Luc Mélenchon avait dû applaudir à tout rompre. Dans ce « nous » il s’était, madré, inclus, lui qui se qualifie désormais, dans une éhontée appropriation culturelle, de « maghrébin ».
Il en fait des tonnes
Pour asseoir cette nouvelle identité autoproclamée, il en fait d'ailleurs des tonnes pour piétiner l'ancienne : il fustige à la fois les Blancs et les catholiques, ayant d’ailleurs décidé une fois pour toutes, avec ses lieutenants, que les deux étaient synonymes. Thomas Portes, il y a quelques jours, déniait d’ailleurs, sur X (avant de supprimer son post), la qualité d’arabe aux chrétiens libanais. On comprend mieux pourquoi émettre une réserve sur l’islam est taxé par eux de racisme.
À ce sujet — [POINT DE VUE] « Tout blancs, tout moches que vous êtes » : nouveau dérapage de Mélenchon
Jean-Luc Mélenchon en rajoute, toujours une pelletée de plus. On peut faire un florilège de ses sorties les plus spectaculaires : Les « ouvriers blancs catholiques » sur lesquels il ne faut pas compter pour instaurer le socialisme. Les « tout blancs, tout moches ». La modernité, jadis, du monde arabe, face à l’Europe arriérée. Les Français qui avec le roi Dagobert mettaient leur culotte à l’envers, pendant que les Arabes, droits dans leur caleçon, inventaient les maths. Sans Saladin, nous explique-t-il, nous n’aurions pas eu de cathédrales. Si Trump avait proféré tant d’erreurs historiques, on l’aurait traité d’illettré sénile, mais en France, il est de bon ton de proclamer que Jean-Luc Mélenchon est notre dernier homme politique cultivé.
Quoi d’autre, encore ? Ah oui : il ne pourrait pas survivre dans un univers de blonds aux yeux bleus. Il préférerait mille fois être un Noir athée (peut-être, maintenant, dirait-il musulman, car cette vidéo date un peu) qu'un Blanc catholique.
Sauf que le problème des flagorneurs est qu’ils finissent toujours par en faire trop, à prendre leurs cibles pour des idiots : « Que vous êtes joli, que vous me semblez beau ! » LFI, dans le rôle du renard, attend que le fromage ne tombe du bec. Elle veut faire des populations issues de l’immigration sa chair à canon. On se partage les rôles : vous votez, nous siégeons.
Ni dans les urnes, ni dans la rue
Or, il ne faut pas prendre Yassine Belattar pour un imbécile. Il précise que Quentin Deranque n’a pas été tué par des « gens des quartiers » mais par des Blancs d’extrême gauche, fait indiscutable : « On n’est pas les tirailleurs de Jean-Luc Mélenchon. » Lisez : nous ne serons pas leurs supplétifs. Dans les urnes, ni dans la rue. Cette France du Grand Soir, ce chaos général, dont l’extrême gauche rêve depuis toujours, elle compte, de fait, sur la piétaille des banlieues pour le généraliser.
Sauf que la jonction, pour le moment, n’a pas pris. Au moment des émeutes en banlieue en 2020, Mediapart révélait que des antifas avaient voulu venir prêter main-forte aux émeutiers… sans succès : « L’alliance entre locaux et militants avait viré, selon le site, assez vite au mariage de la carpe et du lapin. »
Pour Yassine Belattar, « c’est ça, le programme de Jean-Luc Mélenchon : prendre des Arabes et des Noirs et les mettre en avant dans un programme de tension » quand, selon lui, ces Arabes et ces Noirs « qui ont des enfants, aspirent à la banalisation et à la normalisation ». De fait, LFI n’a aucun intérêt à l’embourgeoisement des populations issues de l’immigration, il ne faut pas que l’électorat qu’elle convoite devienne propriétaire, car qui dit propriété dit détestation du squat, qu'elle ambitionne un avenir meilleur pour ses enfants, car qui dit ambition dit aspiration à la sécurité, à l’ordre, à une école qui tient debout grâce à l’autorité et la transmission. La gauche veut le maintien général sous perfusion des aides sociales, dans un état de révolte permanente.
Yassine Belattar reste prisonnier du magistère d’extrême gauche et de son registre sémantique colonial. Mais il le retourne comme un boomerang contre son créateur.
Et cette fois, c’est Jean-Luc Mélenchon, personnellement, qui est visé. La nouvelle France qu’il a conceptualisée, remontée comme une pendule, soignée et tant caressée, pourrait-elle le débrancher avant 2027 ?
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3 commentaires
Les idiots utiles deviennent rapidement les idiots inutiles.
Ce que je rappelle toujours aux électeurs de gauche, c’est ce qui est arrivée à la gauche iranienne qui avait oeuvré pour le retour komeny, 1 an après les mola élimininaient tous les gauchistes
Mélenchon devrait se méfier des alliés de circonstance.
Qu’il se souvienne du sort funeste que Khomeyni a réservé aux communistes iraniens qui l’ont aidé à conquérir le pouvoir.