« On est les premiers à vouloir savoir qui est derrière ça » : l’imprimeur des blasons profanés de Rouen sous le choc
Il est le premier à être « tombé des nues ». Lorsqu’il a appris ce qu’arboraient les magnets que sa société avait vendus au bureau de tabac La Civette, Fernand Chen a cru à une erreur, une mauvaise blague au pire. Il lui a fallu 24 heures pour se rendre à l’évidence : les dessins détournés des armoiries de Rouen ne pouvaient résulter que d’un acte malveillant.
Les armoiries de Rouen détournées façon islam
À la place des trois fleurs de lys et de l’agneau pascal portant une croix, qui ornent habituellement le blason de la capitale régionale, un militant de l’UNI a pu constater avec effroi, dimanche dernier, que les magnets vendus par le bureau de tabac de la place du Marché avaient été modifiés : on y voyait un croissant et une étoile islamiques, un agneau décapité et une croix brisée en deux. Une image suffisamment choquante pour qu’une fois l’alerte donnée par l’étudiant, la société de fabrication de souvenirs à l’origine de ces objets manifeste son désarroi face à ces dessins dont elle n’avait - promet son gérant - pas connaissance.
🔴 1/ Un bureau de tabac du centre de #Rouen vend des magnets «Blason De Rouen» sous une forme arborant un croissant de Lune islamique, le mouton décapité et la croix chrétienne brisée.
Ce n'est pas une blague ou une parodie, c’est une représentation grossière de notre patrimoine pic.twitter.com/DzfqFQxY7G— UNI Rouen (@unirouen) April 12, 2026
À ce stade, le chef d’entreprise interrogé par Boulevard Voltaire n’entrevoit toujours aucune raison qui aurait pu pousser l’un de ses employés à commettre un acte aussi grave. « Je me suis demandé si j’en avais blessé un qui aurait voulu se venger... Pourtant, je crois être en bons termes avec tout le monde », s’interroge-t-il encore, à voix haute.
Pour lui et son équipe, la découverte a été une douche froide. D’autant qu’aucun des actuels collaborateurs n’est, selon lui, responsable de ce qui est arrivé. Les fichiers ayant servi à l’impression des magnets n’ont pas été modifiés depuis une dizaine d’années. Dans le viseur du gérant : quatre anciens salariés, identifiés comme les derniers à avoir manipulé ces documents. Au Figaro, il évoquait, ce mardi, la piste d’un ancien stagiaire. Aujourd’hui, faute de preuve, il préfère ne pas s’avancer. En tout cas, assure-t-il, aucun ne serait d’une « religion ou d’une origine particulière ». « C’est d’autant plus surprenant », s’étonne-t-il encore.
Heureusement, le bureau de tabac en question serait le seul concerné. En dix ans, il s’agit du premier client rouennais à avoir commandé ces magnets qui, sur le catalogue du vendeur, apparaissent bien avec les motifs d’origine.
Le gérant prêt à engager des poursuites
Si Fernand Chen se dit bien désolé pour les gérants de l’établissement, il n’a pas non plus manqué de prendre les devants en présentant ses excuses aux Rouennais, ainsi qu’au maire de la ville, qu’il a tenu à contacter rapidement. « C’est notre entière responsabilité », assume le patron de la société Han, qui se réserve néanmoins le droit de porter plainte pour le préjudice causé à son entreprise. « On est les premiers à vouloir savoir qui est derrière ça », martèle-t-il, encore sous le choc de cette découverte qui a créé la polémique.
Le syndicat étudiant de l’UNI avait en effet lancé l’alerte dès dimanche soir sur ses réseaux sociaux. À ce stade, aucune information concernant une éventuelle enquête n’a été communiquée par le parquet de Rouen, que nous avons contacté. Mais le député RN de Seine-Maritime, Robert Le Bourgeois, a annoncé, ce mercredi, saisir le procureur de la République pour « obtenir des comptes sur cet acte très inquiétant ».
🚨 Faux blason de Rouen : je saisis la procureure de la République
L'@unirouen Rouen a signalé un magnet christianophobe (croix brisée, Agneau décapité…).
Le commerçant l'a retiré et sa bonne foi n'est pas en cause. L'enquête doit viser la source de cette production abjecte. pic.twitter.com/NyjfNj4Ga5
— Robert Le Bourgeois (@LeBourgeois7610) April 15, 2026
Le bureau de tabac a, pour sa part, retiré de la vente, le soir même de leur découverte, les magnets représentant ce faux blason christianophobe.
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Un commentaire
Un agneau décapité, un croissant de lune et une croix brisée, il n’y a aucun doute c’est signé … Vite, il faut dissoudre Némésis ! On nous fait le coup à chaque fois et ça fonctionne très bien.