Editoriaux - International - 6 avril 2019

Situation explosive en Libye : merci l’ONU !

À nouveau, les combats reprennent en Libye et, comme d’habitude, l’ONU affirme qu’il ne peut y avoir de solution militaire, mais seulement une solution politique.

Le Nobel norvégien a encore fait plus fort en auréolant Barack Obama, dès 2009, sur ses bonnes intentions. Dix ans plus tard, son retrait des troupes américaines d’Irak, son discours pro-islamiste du Caire et son soutien au prétendu printemps arabe laissent le champ de ruines, les monceaux de cadavres, la multiplication des métastases terroristes et l’éclatement des territoires que sa politique criminelle d’indécision et de choix funestes a provoqués.

Parmi ses victimes figure la Libye : lors du vent de révolte contre les dictatures militaires arabes, le colonel Mouammar Kadhafi avait été renversé, après huit mois de « guerre civile ». Les Occidentaux avaient aidé directement les rebelles, les médias des grandes démocraties avaient désinformé l’opinion avec enthousiasme et chacun avait applaudi lors du massacre bien peu glorieux du « tyran ». Celui-ci n’avait pas été contesté par un peuple qui n’existe pas. Il tenait d’une main de fer une mosaïque tribale prête à éclater entre Arabes et Berbères de l’Ouest et de l’Est, eux-mêmes répartis en tribus rivales, Banu Slim, Megarha, Warfala, etc… et, évidemment, Kadhafa. S’y ajoutent les Touaregs et les Toubous du Sud.

Comme dans les autres pays arabes, la révolte populaire apparente a masqué la tentative des islamistes, et notamment des Frères musulmans, de s’emparer du pouvoir. L’opération avait donc le soutien primordial du Qatar et de la Turquie, comme en Syrie. Les Occidentaux, et la France de Sarkozy, avaient été les mercenaires dévoués et naïfs, mais pas forcément désintéressés de la manœuvre qui avait écrasé le régime. L’ineffable BHL en avait été le grotesque chantre. Après la chute et l’assassinat du despote, la Libye a explosé en laissant percer sa réalité : une myriade de milices tribales, locales, ou islamistes, jalouses les unes des autres, et puissamment armées par les Occidentaux et les commanditaires arabes ou turcs du renversement du régime.

Peu à peu, la situation s’est clarifiée pour faire apparaître deux forces : à l’est, l’Armée nationale libyenne du maréchal Khalifa Haftar, ancien officier de Kadhafi, mais opposant de longue date, basé à Benghazi et Tobrouk, soutenu par le Parlement élu en 2014 et par un certain nombre de pays, comme les Émirats arabes unis ou l’Égypte ; à l’ouest, le GNA de Tripoli, « gouvernement d’union nationale », présidé par Fayez Al-Sarraj, et s’appuyant sur le Conseil d’État, une sorte de Sénat issu, lui, des élections de 2012. Il bénéficie de la reconnaissance de la « communauté internationale » puisqu’il est le résultat de l’accord inter-libyen de Skhirat de 2015, promu sous l’égide de l’ONU. Derrière cette façade, il y a la réalité des milices dont celle de Misrata, fer de lance anti-Kadhafi et proche des Frères musulmans.

Actuellement, les forces « nationalistes » de l’est essaient de s’imposer à la galaxie islamiste de l’ouest, et personne ne s’étonne plus de l’acharnement de l’ONU à faire perdurer une situation plus explosée qu’explosive qui est la cause de ce flux de migrants qui cherchent à parvenir en Europe, et des multiples trafics qui l’accompagnent ou nourrissent l’islamisme du Sahel. Il paraît évident qu’ici comme en Syrie, la solution est militaire et doit donner l’avantage aux nationalistes sur les islamistes.

Mais de l’ex-Yougoslavie au Moyen-Orient en passant par le Rwanda, les méandres diplomatiques du « machin » qu’on appelle l’ONU n’ont obtenu que deux résultats : soit le chaos permanent, soit la victoire de l’un des adversaires, et pas nécessairement le meilleur. C’est l’ONU qui avait décidé une « zone d’exclusion aérienne » pour empêcher l’aviation libyenne de bombarder. Les avions de l’OTAN, français en particulier, en avaient profité pour bombarder l’armée libyenne. C’est elle, encore, qui consacre la fiction du gouvernement de Tripoli. L’établissement d’un régime militaire à Tripoli, allié à celui du Caire, serait, qu’on le veuille ou non, le meilleur moyen de stabiliser la région et de lutter contre l’islamisme qui, cette semaine encore, vient de tuer un militaire français au Mali.

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