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Editoriaux - Société - 18 février 2020

Sexiste, le déneigement ?

Les féministes, ça ose tout ; c’est même à ça, qu’on les reconnaît ! Michel Audiard nous pardonnera certainement ce léger détournement de citation au regard de telles situations.

Les féministes se sont longtemps battues pour avoir les mêmes droits que les hommes. Ironie du sort : certaines commencent à réaliser que, finalement, les femmes auraient des besoins différents, liés à leur condition féminine. Tiens tiens ! La femme ne serait pas un homme comme les autres ?

Prenons cet exemple des toilettes publiques, certes pas très palpitant, mais cité par la journaliste féministe britannique Caroline Criado-Perez, dont le best-seller Femmes invisibles arrive en France. Si la stricte égalité hommes-femmes demande d’accorder la même surface aux toilettes, voire même le nombre égal de cabinets (attention, il y a du niveau !), la journaliste qui a tout de même pris le temps d’enquêter sur ce sujet nous apprend que les femmes passent plus de temps aux toilettes que ces messieurs. A-t-on vraiment besoin d’en savoir plus ? Manifestement, elle ressent le besoin d’argumenter ; amis de la poésie, passez votre chemin. « Vous devez déjà trouver un cabinet de libre, baisser votre pantalon, vérifier si c’est bien propre avant de vous asseoir. Et puis, il y a les 20 à 25 % de femmes en âge de procréer qui peuvent avoir leurs règles et doivent changer de tampon ou de serviette hygiénique. Sans parler du fait que la grossesse augmente la fréquence à laquelle les femmes doivent se rendre aux toilettes. » Bref, après avoir réclamé les toilettes non genrées, voire distribué, pour les plus endoctriné(es), des urinoirs féminins portables en carton, les féministes demandent « tout simplement [de] fournir plus de toilettes aux femmes dans les espaces publics ».

Jamais à court de bonnes idées, peut-être que la saison du ski les a inspirées, celles-ci n’ont pas peur d’affirmer que le déneigement peut être sexiste. Et la neige, à ce moment-là ? Ne devrait-elle pas tomber un peu plus sur les hommes, histoire de venger les femmes en attendant le « déneigement pro-égalité » ? Parce que si l’on suit leur raisonnement, les grandes voies seraient déneigées prioritairement aux trottoirs. Or, « les hommes utilisent plus la voiture, tandis que les femmes seront plus susceptibles de marcher ou de prendre les transports publics, en partie parce qu’elles ont des revenus plus bas », affirme Caroline Criado-Perez, donc les hommes seraient largement privilégiés. N’est-ce pas d’une logique implacable ? Où l’imagination débordante de ces professionnelles de la revendication s’arrêtera-t-elle ? Nul ne le sait.

En attendant, la Suède a pris très au sérieux ces problématiques de genre pour déblayer la voirie. Et ce qui devait arriver arriva ! Le Point relate cette anecdote caricaturale. Tandis que les trottoirs de Stockholm étaient déneigés, « les automobilistes se sont retrouvés bloqués pendant des heures sur le périphérique et les écoles ont été fermées faute de cars scolaires en mesure de circuler ». Cela rappellerait presque notre maire de Paris créant plus de pistes cyclables, donc plus de bouchons, pour améliorer la qualité de l’air, mais cela, c’est un autre sujet !

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