Revenons sur le « séisme » de l’affaire Paty. Une vague de sidération a secoué le microcosme politico-médiatique à l’annonce de ce terrible assassinat. Pourtant, ce n’était pas la première fois qu’on tuait, en France, dans une école, au nom de l’islam. Rappelez-vous ! Le 19 mars 2012, le djihadiste Merah abattait froidement Arié et Gabriel, 5 et 3 ans, leur père, et Myriam, 8 ans, dans une école juive de Toulouse. Et ce 16 octobre 2020, le saint des saints de la République, l’école « laïque, gratuite et obligatoire », était atteint par le martyre de l’un de ses serviteurs. Pas de sanctuaire contre le terrorisme islamiste !

Occultant, d’un côté, les manquements de l’institution dans la gestion du cas Paty, le ministre Blanquer a, de l’autre, pointé des responsabilités morales de la dérive communautaire qui gangrène notre société en osant dénoncer les foyers intellectuels de « l’islamo-gauchisme », et particulièrement ses « ravages » à l’université et dans le syndicalisme étudiant de l’UNEF. Auditionné au Sénat en juin dernier sur la radicalisation islamiste, il avait déjà évoqué « la perméabilité du monde universitaire avec des théories qui sont aux antipodes des valeurs de la République et de la laïcité », citant « les théories indigénistes ».

Cette idéologie ne toucherait-elle que nos élites intellectuelles ? Hélas, non. Dans une société où la parole du clown médiatique vaut celle du chercheur, où les « talks » télévisuels guignolesques et orduriers réunissent des millions de téléspectateurs aux heures de grande écoute, où les chroniqueurs du « camp du bien » s’imposent en censeurs et donnent des leçons d’amoralité aux spectateurs adolescents qui les suivent, le saltimbanque, la chanteuse, l’acteur se doivent de donner au public leur leçon de bien-pensance ou de fausse rébellion : le méchant Trump ; Marine la folle ; Zemmour le « criminel »; sous le béni-oui-ouisme des animateurs du système qui les convient sans risque.

Dans le microcosme médiatique, peu se sont élevés, à l’exemple de l’honnête Éric Naulleau, contre l’ignominie d’Assa Traoré, immiscée, avec ses soutiens indigénistes, dans la manifestation d’hommage à Paty du 18 octobre, à Paris ; et dont l’un d’eux, Benjamin Belaïdi, arborait cet écriteau : « RIP Samuel mort en saignant ! » Injure à un mort sous couvert d’ambiguïté.

Mais la palme de l’équivoque revient à : « Ce qu’il se passe aujourd’hui nous atteint tous Français dans le plus profond de ce que nous sommes et ce que sont les valeurs de notre pays. Plus jamais la haine, l’extrémisme, le fanatisme, quels qu’ils soient, ne doivent nous atteindre, nous diviser », écrit-il sur son compte Instagram, le 17 octobre, pour son « hommage » obligé au professeur assassiné, en tant qu’icône médiatique. Voilà qui interroge ! Beaucoup de mots en « isme » ; mais pas le bon : « islamisme ». Terrorisme au nom de l’islam. En voilà un qui se montra plus prompt, criant « réveillons-nous », à dénoncer les prétendues violences policières, en soutien à la sœur du violeur Traoré, en juin dernier ; et à demander des comptes à l’État et à la nation.

Nous aimerions que cet amuseur – qui se veut bon croyant musulman, mais aussi sermonneur et donneur de leçons – se détermine plus clairement contre les tueurs djihadistes et pour nos vraies « valeurs » de liberté, plutôt que de le voir porter, implicitement, l’ambiguïté d’un communautarisme. Quid de son tweet compassionnel après qu’un clandestin a égorgé trois paroissiens catholiques à ?

Oui, réveillons-nous. Comme le rappelle le blogueur Greg Toussaint : « Plus que jamais, et quels que soient nos différences et nos différends, il faut à présent choisir un camp. Celui de la nation, ou celui de sa destruction ! […] pour ou contre la France. Ceux qui nous poussent au communautarisme, qu’il soit religieux, sexuel ou ethnique ; ceux-là sont des collaborateurs ; ils ont déjà choisi leur camp ! ».

Nommons, avec ce Réunionnais courageux, le mal trop cautionné par nos stars du show-biz ; cet « islamo-gauchisme » dénoncé par Blanquer. Et controns-le : « La cause est juste, je vous garantis qu’y adhérer emplit de ferveur. On dormira tous mieux », pouvons-nous reprendre en chœur, en faisant nôtre ce propos déplacé du saltimbanque douteux… expatrié à Los Angeles !

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