Audio - Editoriaux - Entretiens - 29 décembre 2018

Serge Federbusch : “Cette baisse de la population à Paris est la conséquence directe de la politique d’Anne Hidalgo”

Serge Federbusch, fondateur d’Aimer Paris et candidat à l’élection municipale de 2020, analyse la baisse de la population de la capitale : “Il faut immédiatement cesser les préemptions.”

La France comptait 66 362 000 habitants au premier janvier 2016. Les grandes villes ont gagné en habitants, sauf Paris.
Comment expliquez-vous l’absence d’attractivité de Paris par rapport aux autres grandes villes ?

C’est la conséquence directe de la politique d’Anne Hidalgo. Sa politique de préemption de logements à prix d’or, dans le peu de mètres carrés qu’il reste encore disponibles, fait en particulier monter le prix de l’immobilier de manière délirante. La ville devient donc beaucoup trop chère pour les classes moyennes. Elles sont évincées de manière accélérée. C’est le cas en particulier pour les familles nombreuses. Ce phénomène était corrigé temporairement par le logement social et l’augmentation des subventions attribuées essentiellement aux familles d’origine immigrées. Cela permettait de se créer des espèces de bases électorales. Mais cela ne suffit plus.
Les forces de rappel sont telles aujourd’hui que le marché se venge. La montée des prix chasse les familles nombreuses et les Parisiens des classes moyennes. Ne peuvent désormais vivre à Paris que les très aisés ou les très aidés. Tout cela est le résultat de la politique d’Anne Hidalgo, quels que soient ses dires et ses prétextes.

Entre 2001 et 2016, Paris a perdu 0,5 % de sa population par an. En revanche, le nombre d’habitants en Ile de France a lui progressé de 0,4 %.
Les habitants de Paris déménagent en banlieue où le logement est moins cher…

Il y a aussi un effet de contagion. Par cette politique, les prix vont commencer à monter également dans la petite couronne, puis dans la moyenne couronne.
Toutefois, l’Ile de France est assez vaste, concentrique et condensée, le phénomène finira par s’arrêter. Le marché de l’immobilier peut de la même manière et pour des raisons macroéconomiques, s’effondrer.
De même, la politique de circulation rend les livraisons très compliquées. Les commerces ont du mal et dépérissent. S’il y a moins de concurrence, les frais augmentent. Seuls les commerces à fortes valeurs ajoutées ou chères peuvent donc survivre. Cela contribue également directement à la hausse du coût de la vie.
Tout cela contribue à la réduction de la population et au fait que les classes moyennes et populaires soient chassées.
Anne Hidalgo se plaint également de Airbnb. C’est cependant la seule parade qu’ont trouvée certains propriétaires parisiens pour lutter contre les encadrements de loyer et toutes les tracasseries instaurées pour louer son bien.
Tout cela est la conséquence de la politique socialiste d’Hidalgo au niveau parisien et poursuivie par Macron Macron au niveau national.

En tant que candidat à la mairie de Paris, que préconisez-vous pour rendre à Paris l’attractivité qui était la sienne pendant des années ?

Premier axe, il faut immédiatement cesser les préemptions. La ville doit arrêter de déséquilibrer le marché. Il faut arrêter de créer des logements dits sociaux qui sont en réalité des logements clientélistes.
Par ailleurs, il faut retrouver de l’offre. La difficulté vient de là. Il faut donc permettre, aux gens qui y habitent, d’acquérir leur logement pour pouvoir les revendre quelques années plus tard, de telle manière que le marché soit à nouveau fluidifié. Il faut également rendre plus facile la transformation de bureaux en habitations et des pieds d’immeubles en habitation.
Mais, je répète, il faut surtout arrêter la politique démentielle de préemption de logements.

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