Editoriaux - Polémiques - 3 février 2020

Ségolène Royal : pas Mila pour un sou

n’est pas . L’adolescente qui avait critiqué l’islam avec virulence et qui a reçu des menaces de mort et de viol n’a pas reçu le soutien de . Sur le plateau de France 3, l’ex-ambassadrice des pôles se livre à un numéro de contorsion intellectuelle digne des grands soirs du cirque de Moscou.

Le tout débute dans la bonne humeur : « Il y a une liberté de critiquer les religions… » Le téléspectateur est rassuré mais se doute bien que l’artiste ne va pas en rester là. C’est alors qu’entre en scène le célèbre « MAIS », sans lequel la gauche et la Macronie tout entière ne seraient pas les rois du clientélisme acrobatique : « Mais moi, je refuse de porter le débat sur la laïcité à partir des déclarations d’une adolescente de 15 ans… »

Le public n’est pas déçu. Au risque d’un claquage neuronal, l’héroïne est parvenue à dire, en quelque sorte, qu’elle était contre la liberté de critiquer les religions tout en affirmant, en préambule, « être pour ». Le double looping hors sujet sur l’âge de la jeune fille (qui a 16 ans) ajouté à la déportation du débat sur le thème incongru de la laïcité ont réussi à porter la confusion à son paroxysme. De liberté d’expression il ne fut question, de menaces de mort non plus? Une fois de plus, la position alambiquée du politicien ménageur de chèvre et de chou s’exprime au bénéfice de l’intolérance.

Pour tous les humanismes possibles, toutes les libertés… « MAIS ! ». À la manière des astérisques sur les propositions publicitaires alléchantes qui renvoient à une série de réserves et d’impossibilités, le « MAIS » est la frontière à partir de laquelle l’offre exceptionnelle de démocratie échevelée s’annule. La locution-charnière qui permet de replier la phrase dans le sens inverse de la grandeur annoncée. Avec l’électeur à l’intérieur. La tapette à souris du sophisme politicard.

Au terme de nombreuses fouilles dans les tréfonds de la compromission, Ségolène Royal ramène à la surface une trouvaille : la notion de respect. Ça se tente. Encore plus risqué que le double looping, elle se lance : « Critiquer une religion, ça n’empêche pas d’avoir du respect. » Le terrain est glissant, la pauvre s’étale dans la sciure. « Jésus est pédé » résonne encore aux oreilles du public. Mais au risque de l’enlisement, elle insiste : « Ça n’empêche pas d’avoir de l’éducation, de la connaissance, d’être intelligent par rapport à ce qu’on dit. » Et comme dirait l’autre du CFCM (Conseil français du culte musulman) : « Qui sème le vent récolte la tempête. » La météo est formelle et la dame du Poitou ne se rend jamais sur un plateau sans avoir consulté son baromètre. Il faudrait être fou pour parler librement par un temps pareil.

Avant qu’elle ne quitte la piste, le Monsieur Loyal résume la position extraordinaire de son artiste : critiquer une religion nécessite d’avoir un certain âge et de le faire à mots choisis (surtout si cette religion n’est pas catholique ?). Gants blancs et nœud papillon exigé. Un bac+7 sera apprécié. La liste complète des accessoires et compétences requis est à consulter sur le site segoleneroyal.com (ils veulent).

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