Ségolène Royal, Gloria Gaynor de la politique française
Coup de tonnerre en pleine torpeur estivale : Ségolène Royal, qu'on n'entendait plus trop, depuis son petit voyage en Algérie, en janvier dernier, est donc candidate. Candidate à la primaire fermée du Parti socialiste qui sera organisée en vue de l’élection présidentielle. Car il y aura « primaire fermée », au grand dam d’Olivier Faure, puisque les militants du parti à la rose en ont décidé ainsi à 55,5 %. C’est leur choix. Un non-événement, me direz-vous, car, après tout, les chances que le prochain président de la République soit issu du parti fondé par François Mitterrand sont, à ce jour, infinitésimales. L’événement, si l’on peut dire ainsi, c’est que Ségolène Royal y retourne. On entend déjà d’ici les quolibets, les moqueries, les railleries. Il n’empêche que...
J’ai décidé de participer à la primaire après de nombreux échanges avec des gens rencontrés, des élus, des citoyens actifs dans des associations, des entreprises.
Je prends cette initiative avec humilité, sans égo, et sans posture de supériorité comme on en voit trop. Pour…— Ségolène Royal (@RoyalSegolene) July 10, 2026
Royal, avec Hollande, le dernier éléphant du PS
Il n’empêche que Ségolène Royal – on aime, on n’aime pas, ce n’est pas le sujet – fait partie du club très fermé des socialistes qui, depuis 1965, ont été finalistes à l’élection présidentielle : Mitterrand, bien sûr - et face à de Gaulle en 1965, excusez du peu -, Jospin, en 1995 – pas en 2002… -, Hollande en 2012 et, donc, Royal en 2007 face à Sarkozy. En 2017, Benoît Hamon se ramassa au premier tour, à 6,36 %, et, en 2022, Anne Hidalgo pulvérisa tous les records, avec son 1,75 %, moins que le communiste Roussel, qui fit tout de même 2,28 %, ou que le socialiste Gaston Defferre en 1969 (5,01 %). C’est dire. C’est pourquoi, cette candidature de Ségolène Royal n’a rien d’incongru.
Elle est sans doute le dernier éléphant de ce parti - avec François Hollande, évidemment. Tiens, au fait, et François Hollande, dans tout ça ? Il se dit défavorable à cette primaire à laquelle il refuse de se soumettre et se positionne en recours à la fin de l’année, « si le PS devait rester dans l’impasse », expliquent nos confrères de Sud Radio. En fin d’année, on « fêtera » le dixième anniversaire de son renoncement à être candidat à sa propre réélection… Qui dit, d’ailleurs, que Ségolène Royal ne se présente pas à cette primaire pour emmerder son ex ? Car cette candidature, on ne l’avait pas vue venir. C'est ça, qui est bien, avec elle : son sens de la surprise.
Sont d’ores et déjà candidats à cette primaire le député de l’Eure Philippe Brun, inconnu au bataillon, et le député de l’Essonne Jérôme Guedj, qui ne manque pas de panache. Quant à Boris Vallaud, le patron des socialistes à l’Assemblée, il serait étonnant que cela ne le démange pas d’y aller. Il y a bien, aussi, le maire de Saint-Ouen, Karim Bouamrane, qui, lui aussi, sort du lot. Mais il est candidat « hors primaire ». Faut avouer que c’est compliqué, les socialistes.
Royal fait don de sa personne au PS
Alors, Ségolène Royal vient nous secouer tout ça, et c’est plutôt jubilatoire. Bien évidemment, l’ancienne présidente de la région Poitou-Charentes affirme se présenter « avec humilité, sans ego et sans posture de supériorité ». C’est bien de le préciser, des fois qu’on ait un doute sur le sujet. En quelque sorte, elle fait don de sa personne au Parti socialiste - un Parti socialiste qui, d’ailleurs, ne l’a jamais vraiment aimée - et, si affinités, à la France. Mais on n’y est pas encore. En tout cas, c’est son truc, à Ségolène Royal : empêcher le troupeau, non plus d’éléphants de grande savane comme jadis, mais d’éléphanteaux de parc animalier, de tourner en rond en se tenant gentiment la queue par la trompe (et pas le contraire).
Pour l’instant, on s’emmerdait ferme, dans cette pré-campagne présidentielle autour du marigot de la gauche non mélenchoniste. Tout gentil et souriant qu'il est, Glucksmann est un vrai bonnet de nuit et ne donne pas franchement envie à ses troupes de sortir de la tranchée, baïonnette au canon. L’arrivée en trompette du soldat Ségolène Royal nous réveille un peu tout ça. Au fond, Ségolène Royal, c’est un peu la Gloria Gaynor de la politique française. Comme Marine Le Pen ?
https://youtu.be/6dYWe1c3OyU
Pour ne rien rater
Les plus lus du jour
LES PLUS LUS DU JOUR


































70 commentaires
Heureusement que le ridicule ne tue pas……
Pitié ! Pas elle.
On a pu croire qu’elle le faisait expres,une comédie,un sens de l’autoderision..et bien non ..elle est vraiment comme ça la segogaga..
A gauche, l’argent coule à gros bouillons.
Enfin ! la comique de service est de retour , rions un peu dans ce monde sinistre .
Qu’elle fasse campagne, elle ne pourra que paraître plus photogénique et agréable à entendre parmi tous les autres tristes prétendants; un bon moment à passer, un vrai plaisir à les voir se dénigrer les uns les autres!
L’incompétence ne freine pas l’ambition. Elle a ruiné la région Poitou Charentes et sait qu’elle peut faire pire sur le plan national.
Comparer la plus grande incompétente politique à cette belle chanteuse, est une injure pour cette dernière. Ségolène est prête à tout pour arriver au pouvoir suprême.
En meme temps comme dirait l’autre similitude lui a ete elu,il y en a plein aujourd’hui qui se disent « pourquoi pas moi,je ne ferai pas pire: pourquoi ne pas m’essayer…? »
Pas certain qu’elle n’y arrive pas, les bisounours votent en masse….
Lorsque Ségolène Royal se regarde dans le miroir , seul le miroir réfléchit
J’adore.
C’est bien qu’elle y aille, même si elle a très peu de voix, c’est toujours ça de gâché pour la gauche stupide (désolé pour le pléonasme !
Elle s’est fait la main sur les finances du Poitou. Maintenant elle va essayer de vider les caisses de la France du peu qu’elles contiennent encore.
Je préfère écouter Gloria que la segolene. Merci Georges Michel.
L’objectif de Ségolène Royal : faire parler d’elle, se croire indispensable
elle pourrait bien nous faire nen conférence de presse pour nous expliquer ses rapports avec kadafi ? ce serait là un minimum mais pas de chance personne ne lui demande ? que pourrions nous apprendre justement?
Il faut être sérieux et dire les choses comme elles sont : sans François Mitterrand qui s’était servi du parti socialiste comme marchepied, comme il avait servi le parti communiste en y allant en 1965 contre de Gaulle, ce parti à la rose est un buisson d’épines et les poings de son logo sont autant de claques qu’il s’adresse à lui-même. Sa vocation est de disparaître, de se dissoudre dans une SFIO insignifiante, celle qui donna ce si piètre résultat aux présidentielles, quand Defferre, fit un flop retentissant dans un ticket avec Mendès-France, seule voix respectable de la gauche. De Gaulle avait souri à cette candidature : « C’est Marius qui se présente. » Rendons à Rome sa grandeur et Olive à sa fougasse.
Dans cette course à l’égo, les primaires parlent aux primaires. Cela n’a donc pas suffit, ce retentisant 1,75 % de la corrida Hidalgo qui montre l’étiage d’un socialisme en perdition ? les troisièmes couteaux post-mitterrandiens croient-ils encore possible de faire appel au peuple qu’ils ont abandonné ? Dans ce panier aux crabes on trouve à l’état brut les ambitions en bataille. Ce n’est pas seulement la réalité qu’ils ignorent mais le grotesque qui les tient agités. Le miracle Hollande, né d’un hasard calculé ne peut à l’évidence se reproduire. Qui donnerait encore dans l’espérance alors que ce parti a désespéré par les faits ? Ce pouvoir, il l’a eu et ce qu’il en a fait est la capilotade que l’on sait. En son sein, les Mélenchon et les Macron, puis les Faure en pleutrerie, suppôts des Lecornu, en rupture de gaullisme authentique. Comment ce mouvement au ventre mou sans programme et sans idées peut-il espérer faire rêver les Français ? Ou bien le seul rêve de ces camarades déchus est-il encore de se promouvoir à titre personnel, de faire encore carrière jusqu’au bout ? La seule réalité est la révolution des faits qui ne mentent pas. Le socialisme de ces ambitieux pétris de médiocrité est appelé à disparaître du paysage politique. C’est le seul service qu’ils puissent rendre au pays.