Sécheresse : le street-pooling, ce gâchis d’eau qui ne choque pas l’ADEME

L'ADEME préfère donner des leçons sur notre utilisation de la chasse d’eau ou le lavage de la vaisselle.
Capture d'écran CNews
Capture d'écran CNews

Dernière activité en vogue, fort prisée de la jeunesse déracinée des quartiers suburbains, le street-pooling a vu sa pratique se développer de façon exponentielle, ces derniers mois, du fait des coups de chaleur à répétition que la France a connus de mai à août.

À l’adresse des néophytes, rappelons que le street-pooling, affreux anglicisme que l’on traduira par « piscine de rue », consiste à ouvrir par effraction une bouche à incendie, provoquant ainsi un geyser rafraîchissant qui transforme la rue en pataugeoire. Cette pratique remonte à la fin du XIXe siècle, quand les autorités new-yorkaises toléraient, voire encadraient eux-mêmes, l'ouverture de bornes urbaines pour permettre aux populations défavorisées de se rafraichir, lors des épisodes caniculaires pouvant être meurtriers.

Du gâchis ? Oui, mais c’est pour s’amuser...

En France en 2026, il n’est nullement question de survie mais plutôt de distraction. Rigolote, cette colonne d’eau qui s’élève à plusieurs mètres puis retombe en pluie, comme une douche géante. Rigolote pour les jeunes du quartier, mais pour eux seuls, quand ne survient pas un drame. « En 2019, un enfant de 6 ans avait été grièvement blessé après avoir été projeté sur plusieurs mètres par le jet d’eau », sans parler du risque d’électrocution, l’eau projetée pouvant atteindre les fils du réseau électrique urbain, prévenait CNews, dont le reportage signalait déjà, fin mai 2026, dix-sept ouvertures de bouches à incendie en quelques jours.

Depuis, de nombreux cas ont été recensés un peu partout en France, et particulièrement dans les banlieues des grandes métropoles, comme celle de Lyon, où Le Progrès a fait état, le 30 août, d’un bilan impressionnant : « 48 cas de street-pooling ont été recensés dans le Rhône, depuis le début de l’année 2026 », occasionnant une perte de 18.000 m3 d’eau. Au-delà des risques d’accident, cette pratique est problématique pour les pompiers, dont les réserves d’eau embarquées se limitent à 3,5 m3 par véhicule au maximum, et qui ont donc absolument besoin des bouches pour espérer venir à bout d’un incendie. Par ailleurs, le street-pooling capte inutilement les réserves urbaines d’eau dont sont alors privés les commerces et les habitants du quartier, et notamment les plus fragiles, enfants en bas âge, malades et personnes âgées. Autant de conséquences dont se fichent bien les auteurs de ces effractions et qui émeuvent rarement leurs parents. Et les quantités d’eau ainsi gâchées sont rapidement impressionnantes. En effet, le rejet d’eau à haute pression des bouches correspond au remplissage de cinq baignoires par minute.

Que dire, donc, des plus ingénieux « street-pooleurs » qui vont au bout du concept pour créer de vraies piscines de rue, comme ce fut récemment le cas dans la banlieue lyonnaise, à Bron et à Saint-Priest, y remplissant des piscines gonflables pour s’y ébattre sur la voie publique.

Côté sanctions, c’est mou du genou

Reconnu comme infraction par la loi, le street-pooling est punissable d’une amende de 135 euros si la bouche a été ouverte sans être détériorée. Dans le cas contraire, on passe de la contravention à la qualification de délit pouvant valoir à l’auteur de l’ouverture jusqu’à 5 ans de prison et 75.000 euros d'amende. Et de plus en plus de maires, qui doivent faire face à une amplification du phénomène, ont investi dans des détecteurs de pression. Les forces de l’ordre, immédiatement prévenues d’une ouverture illégale, peuvent ainsi espérer intervenir en flagrant délit.

Quelques poursuites ont ainsi pu être engagées ces derniers mois, mais de façon marginale, les pratiquants du street-pooling pouvant pour la plupart s’amuser avec une garantie de quasi-impunité.

Et ce, d’autant plus que de nombreux médias restent discrets, voire compréhensifs, face à ce phénomène. Les mêmes, qui ne voient rien à redire au gâchis de millions de tonnes d’eau par des jeunes, sont par ailleurs au taquet alors que sévit la sécheresse, dès qu’il s’agit de donner la parole aux pourfendeurs des mégabassines, qui ne gâchent pourtant pas d’eau et permettent d’assurer l’activité nourricière de l’agriculture.

La faute à la chasse d'eau

Pas de cris d’orfraie, non plus, de la part des partis et associations militantes écologistes. Moins, encore, de la part des autorités patentées, comme l’ADEME, dont nous n’avons, sauf erreur, pas vu la moindre trace d’un début du communiqué pour dénoncer l’énorme gâchis d’eau occasionné par le street-pooling. Un petit tour sur le site du très onéreux organisme écologiste militant suffit pourtant pour constater que l’économie d’eau est l’un des thèmes favoris de ses donneurs de leçons professionnels. Mais ce n’est jamais le jeune « street-pooleur des cités » qui est visé, mais bien plutôt la France bien élevée, celle qui finance d’ailleurs l’ADEME par ses impôts. Là, nulle retenue : l’écologie intrusive lui balance d’abord en pleine figure quelques chiffres censés la culpabiliser avant de lui dicter la conduite à suivre, infantilisante à souhait, pour écourter ses prises de douches, limiter ses tirages de chasse d’eau ou économiser sur le lavage de sa vaisselle, de son linge et surtout l’arrosage de ses fleurs ou de son potager.

Bref, sur ce sujet comme sur tant d’autres, le « deux poids deux mesures » reste la règle. Les piscines de rue ont un bel avenir devant elles. Rendez-vous dès les prochains beaux jours pour le vérifier.

Vos commentaires

40 commentaires

  1. l’ADEME a beau jeu de vouloir culpabiliser le citoyen honnête. Ce dernier paie son eau et fait donc attention quand l’autre a compris qu’il pouvait faire ce qu’il voulait quand le premier sera mis à contribution pour réparer ses bêtises.

  2. Les Vert montrent encore leur cohérence. Alors qu’il sont farouchement contre les bassines qui permettraient de récupérer l’eau de pluie pour la réutiliser ultérieurement : ils prétendent cela affaiblirait les nappes phréatiques, mais quand des sauvageons sabotent des bouches d’incendie et gaspillent de « l’eau si précieuse » ils ne bougent pas… Tant qu’ils ont un prétexte pour taper sur les Forces de l’Ordre, ils sont là, mais quand, pour sauver l’eau, il faudrait tancer les enfants de leurs électeurs, ils font profil bas.

  3. L’ouverture de ces bornes est beaucoup trop facile. A l’heure où on met des QR-code partout, voilà enfin un endroit où ils seraient utiles.

  4. Il est certain que l’ADEM sera bien placée sur la liste des « agences » à supprimer. Quant aux centaines de mètres cube d’eau gâchés dans ces quartiers, c’est encore et toujours les contribuables qui payent. Jamais il n’est question de condamnations ou de retrait sur les allocations des auteurs. Là aussi il est plus que temps que cela change.

  5. L’Ademe c’est un repaire des fidèles du changement climatique, pas d’écologistes mais de croyants, pour sui aucune discussion ni contestation n’est possible. Ils sont majoritairement très à gauche donc le glissement vers la protection des jeunes des quartiers, quoi qu’il fasse, est naturel.

  6. Dans certaines municipalités , de gauche évidement , on a même semé et arrosé du gazon entre les rails du tramway .

  7. Mais où sont passés les écolos professionnels payés avec nos derniers ? Notre ministre de l’écologie, Tondelier, Rousseau, le grand chevalier défenseur des rats et des moustiques, etc ? Au bord de leur piscine attenante à leur villa climatisée ? Dans leur voiture climatisée avec chauffeur financer par le contribuable ? Encore et toujours, comme pour les féministes d’opérette professionnelles , l’indignation sélective.

  8. On vous l’a pourtant expliqué …ce qui est important c’est de fermer le robinet le temps qu’on se brosse les dents…La France est un immense asile

  9. Si street pooling est un affreux anglicisme, ne l’employez pas. Utilisez sa traduction ou imaginez un nouveau mot avant qu’il ne se répande et devienne incontournable.

  10. Pourvu que ceux qui s’adonnent en été au « steet-pooling » ne finissent pas par donner, quand il gèle en hiver, à d’autres l’idée de faire « street-skating » après avoir inondé les rues gelées…
    ,

  11. Pourvu que ceux qui s’adonnent en été au « steet-pooling » ne finissent pas par donner, quand il gèle en hiver, à d’autres l’idée de faire « street-skating » après avoir inondé les rues gelées…
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  12. On ne va rien faire pour punir ces « jeunes ». On a tellement fermé les yeux qu’il trop tard pour être pris au sérieux.

  13. Etant un Gaulois refractaire comme dirait l autre je vais bien arroser mon jardin avec une pensée pour l ADEME

    • Oui Diderot , moi aussi je fais ce que je veux sans écouter l’Ademe. On n’a pas attendu ce incapables pour être responsables.

Commentaires fermés.

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