L’aveu de Bruxelles : les éoliennes polluent dangereusement

Les études sont formelles : les émissions microplastiques des éoliennes sont dangereuses pour la faune et pour l’homme.
Photo de Mikhail Nilov - pexels.com
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L’affaire n’a pas (encore) fait les grands titres, mais la révélation est pourtant d’importance. Pour la première fois, la Commission européenne a admis que les éoliennes, supposées propres (contrairement aux centrales à charbon et aux énergies fossiles), sont en réalité polluantes elles aussi.

La question qui fâche

Le 5 juin dernier, l’eurodéputé autrichien (FPÖ) Gerald Hauser a adressé une question écrite à la Commission européenne. Il a rappelé en préambule que cette dernière avait adopté dès 2021 « un plan d'action pour atteindre un objectif de pollution zéro d'ici 2050 », puis en 2025, un « règlement (UE) 2025/2365 sur la réduction de la pollution par les microplastiques ».

Ces initiatives étaient justifiées par le fait que « les microplastiques sont nocifs pour l'environnement et la santé humaine ». Or, a-t-il expliqué, « lorsque les grandes éoliennes se déplacent à des vitesses de rotor élevées de plus de 300 km/h, la pluie, le vent, la grêle et le sable aéroporté du Sahara ont un effet de papier de verre ». Une érosion régulière qui diffuse ainsi des particules dans la nature, de façon incontrôlable.

Le député autrichien a évoqué ensuite les résultats d’une étude norvégienne intitulée « Érosion du bord d’attaque et pollution provenant des pales d’éoliennes », réalisée par les scientifiques Asbjørn Solberg, Bård-Einar Rimereit et Jan Erik Weinbach. Les tests qu’ils ont effectués ont conclu qu’une éolienne peut perdre jusqu’à 62 kg de microplastique par an.

Or, sachant qu’il y a aujourd’hui 350 000 à 400 000 éoliennes en service dans le monde, cela voudrait dire que se diffusent chaque année dans l’environnement entre 21 700 et 24 800 tonnes de polluants plastiques, reconnus néfastes autant pour les milieux naturels que pour les êtres vivants, humains compris.

Partant de ces éléments, Gerald Hauser s’est donc demandé « pourquoi la Commission garde-t-elle le silence sur la pollution de l'environnement causée par les microplastiques provenant des éoliennes », mais aussi comment, dans ces conditions, espérer atteindre l’objectif de zéro pollution en 2050 alors que se poursuit le développement de l’éolien. En conclusion, le parlementaire autrichien s’est interrogé sur le fait de savoir si la Commission européenne privilégierait la santé publique et la préservation de l’environnement, ou s’accrocherait « au récit de l’énergie éolienne "sûre" et "inoffensive" » ressassé par les acteurs de l’éolien et leurs soutiens de l’écologie politique.

L’aveu gêné de Bruxelles

La réponse de la Commission, publiée le 12 août, est intéressante à analyser en détail. Dans les grandes lignes, Jessika Roswall, commissaire européen à l'Environnement, à la Résilience en matière d'eau et à l'Économie circulaire compétitive, rappelle que la Commission est « pleinement consciente des défis environnementaux posés par les microplastiques, tant ceux qui sont ajoutés intentionnellement aux produits que ceux qui sont involontairement rejetés dans l'environnement ». Mais son propos consiste ensuite à minimiser le problème posé par les éoliennes, en indiquant que ces dernières sont de toute façon moins émissives que d’autres sources de pollution plastique dues aux « pneumatiques, aux textiles synthétiques, aux peintures, aux géotextiles », notamment.

Implicitement, Bruxelles reconnaît ainsi officiellement, et pour la première fois, que la pollution plastique des éoliennes est bien réelle, et qu’elle a donc à tort relayé sans le contester, ni même le nuancer, le credo écologiste sur « l’éolien, énergie propre ».

Par ailleurs, elle ne conteste nulle part le sérieux de l’étude norvégienne, même si son évaluation « jusqu’à 62 kg » est plus haute que celles des autres études existantes. Les variations constatées entre les études n’ont d’ailleurs rien d’étonnant. En premier lieu, il s’agit toujours de fourchettes. Et les écarts importants s’expliquent par les différences dans les conditions des tests. Les résultats peuvent en effet varier fortement en fonction des modèles d’éoliennes testés, de leur lieu d’implantation, de la vitesse des vents, de la quantité de sable qu’elles peuvent recevoir chaque année du fait du sirocco, etc.

Flou artistique… et inquiétant

Mais au-delà des quantités d’émissions microplastiques des éoliennes, c’est bien le décalage entre leur réalité et le discours qui les occultait jusqu’à présent qui interroge. Et ce n’est pas par hasard que Gerald Hauser conclut sa question en faisant allusion aux questions d’environnement et de santé publique. Ce que produit une éolienne, comme le souligne le site spécialisé TKP, c’est une « abrasion continue des particules de plastique qui pénètrent dans l'air, les sols, les plans d'eau et, en fin de compte, la chaîne alimentaire non filtrée ». Et les scénarios sur lesquels s’appuie l’UE pour minimiser les impacts des éoliennes sont des modélisations. « Pas de mesures sur le terrain, pas d'échantillons de sol, pas d'enquêtes sur des sites réels ». Volontairement ou pas, Bruxelles a donc maintenu jusqu’à présent un flou artistique sur les dangers liés à la composition des éoliennes. Plutôt inquiétant tout de même...

La question mériterait sans doute plus de rigueur et de transparence, sachant qu’entrent dans la composition d’une pale d’éolienne des produits chimiques dangereux, comme des polymères fluorés à base de PFAS (revêtement des pales et isolants des câbles), ou des lubrifiants et des fluides hydrauliques (transmissions et roulements). C’est ainsi un véritable cocktail chimique toxique qui s’échappe en permanence dans l’air, avec entre autres substances reconnues comme dangereuses des produits fibrés (fibres de verre et de carbone), et de la résine époxy composée de 30 à 40 % de bisphénol A (reconnu comme perturbateur endocrinien). On savait déjà que les éoliennes, terrestres ou en mer, tuent de nombreux oiseaux. Voilà qu'est prouvée leur pollution.

Des études sur les sangliers, sur « la faune, les moules ou les huîtres »  ont permis de mettre en valeur les impacts concrets de la pollution plastique à la fois sur les animaux, et par voie de conséquence sur les humains qui les consomment. Pollution à laquelle les éoliennes contribueraient donc.

Voilà qui mériterait sans doute plus qu’une réponse de Bruxelles se contentant de minimiser la réalité.

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