Sciences Po Lyon : enquête sur une citadelle du gauchisme radical

Les élections étudiantes, comme le contenu de la bibliothèque ou les polémiques passées, relèvent d'une grave dérive.
@JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP
@JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP

Sciences Po Lyon a donc accueilli Rima Hassan avec des manifestations d’enthousiasme, le 13 février, jour où le jeune Quentin sera lynché par l’extrême gauche lyonnaise, avec la participation probable de deux assistants parlementaires du député LFI Raphaël Arnault. Le public était acquis.

Pour bien saisir l’ancrage des étudiants de Sciences Po Lyon dans l’ultra-gauchisme, dénoncé dans une tribune d'anciens tout juste parue dans Le Figaro, les élections étudiantes des 10 et 11 décembre sont révélatrices. Sur neuf étudiants élus, trois portent l’étiquette de la liste À l’UnissonLe Média présente une banderole : « Féministe, écologique, anti-raciste, anti-capitaliste ».

Le gauchisme radical imprègne tout l’édifice. En témoigne une visite dans sa bibliothèque en ligne de Sciences Po Lyon, accessible à tous. Quelques minutes suffisent pour trouver parmi les ouvrages proposés des titres… révélateurs.

Ainsi, pour les étudiants intéressés par le sujet des « Antifas », la bibliothèque de Sciences Po Lyon propose Une vie de lutte plutôt qu’une minute de silence, de Sébastien Bourdon, journaliste au Monde et à Mediapart, chez Don Quichotte, Seuil. Édité en 2023, le livre ne cache pas son point de départ : « Au mieux méconnu, le plus souvent caricaturé, le mouvement antifasciste en France fait l'objet de nombreux fantasmes », explique le résumé de l’ouvrage. « Qu'ils soient politiques, médiatiques ou policiers, tous font de "l'antifa" soit un "casseur", voire un tueur de flics en puissance, soit un jeune étudiant idéaliste en mal de sensations fortes, comme fut présenté Clément Méric, au lendemain de son meurtre par des skinheads néonazis. Bien loin de ces préjugés, cet ouvrage retrace l'histoire récente du milieu antifasciste […] »

Quatre fois plus de livres sur l'extrême droite !

La bibliothèque de Sciences Po Lyon propose aussi, du même auteur, Drapeau noir, jeunesses blanches : enquête sur le renouveau de l'extrême droite radicale (Seuil), paru en 2025. « La tentative de descente raciste à Romans-sur-Isère (après la mort du jeune Thomas à Crépol) par une centaine de nervis le 25 novembre 2023 n'est que le dernier exemple d'un phénomène qui s'intensifie sur fond de fascisation de la société et de succès électoraux du RN », explique le résumé, qui stigmatise « la "bolloréisation" féroce du champ médiatique » et la « menace grandissante » que représente cette mouvance.

Si l’étudiant s’intéresse à l’extrême gauche, il a de quoi travailler avec 51 résultats à sa recherche, ouvrages ou documents, souvent descriptifs. Mais sur l’extrême droite, la bibliothèque en ligne de Sciences Po Lyon offre une documentation sans commune mesure : elle affiche d’emblée quatre fois plus de ressources, précisément 199 livres ou mémoires ! Parmi eux, quelques perles. On peut ainsi s’intéresser à un mémoire de 2023 sur Le terrorisme d'extrême droite aux États-Unis depuis la présidence de Donald Trump. Un autre mémoire de 2024 s’interroge : Le Vieux-Lyon, un quartier de gauche conquis par l’extrême droite ? La même année, un autre mémoire analyse les Implications et conséquences dans le réel de l’existence du francocide. Le résumé rassure immédiatement l’étudiant de gauche sur l’orientation : « Ce travail a pour ambition de questionner les réalités que recouvre le francocide, une (pseudo-)théorie politique d’extrême droite popularisée par Éric Zemmour. » Pour creuser le sujet, on lira le livre L’Extrême Droite ou la pensée truquée (P. Daveau, Renaudot, 1990), disponible dans la bibliothèque en ligne de l’institut d’études politique de Lyon, ou Le Retour du diable : satanisme, exorcisme, extrême droite (P. Ariès, Éd Golias, 1997) ou encore Fascisme fossile : l'extrême droite, l'énergie, le climat (La Fabrique, 2020).

« Battre l'extrême droite »

On trouve bien sûr ce chef-d’œuvre d’Hervé Le Bras Il n’y a pas de Grand Remplacement (Grasset, 2022) ou encore le livre Zemmour contre l’Histoire (collectif, 2022) ou Les verts-bruns : l'écologie de l'extrême droite française (Bord de l’eau, 2022). Ceux qui n’auraient pas compris de quel côté se trouve le mal absolu liront avec profit La Nouvelle Internationale fasciste (U. Palheta, Textuel, 2025) ou plus simplement Battre l’extrême droite (L. Bantigny, 2024, Croquant). Les amateurs de théorie du complot sur l’extrême droite toute-puissante et cachée auront intérêt à se plonger dans Les nouveaux masques de l’extrême droite : la radicalité à l’ère Netflix (R. Llorca, Aube, 2022). Les mêmes se régaleront aussi avec Les ressorts cachés du vote RN (L. Rouban, Presses de Sciences Po, 2024) ou Pourquoi l'extrême droite domine la toile : le grand remplacement numérique (A. Ben Brahim, 2023).

Rien de nouveau sous le soleil. En 2023, BV avait déjà dénoncé les dérives wokistes de l’institut d’études lyonnais. La commission scientifique de Sciences Po Lyon avait attribué, le 23 février 2023, le prix du Mémoire à un travail intitulé « Quitte à être mère, autant être lesbienne ».

Le Figaro Étudiant avait dévoilé un sujet de partiel de janvier 2023 : « Les citoyen.nes.s. ont-iels le pouvoir en démocratie ? » Ce 26 février, l’association SOS Racisme interviendra à Sciences Po Lyon dans le cadre de son projet « Salam, Shalom, Salut », de 18 à 20 heures. « Cette intervention permettra d’aborder en profondeur la question des identités et du vivre ensemble », explique l'IEP. Une intervention organisée par la mission égalité de l'IEP... En septembre dernier, des étudiants de Sciences Po Lyon avaient exigé l’annulation d’une conférence du professeur Iannis Roder sur le « moteur des violences de masse » : « Nous demandons que cette conférence soit annulée, dans l'absence de dénonciation claire de Iannis Roder de la politique israélienne à Gaza, du génocide en cours du peuple palestinien et du fait de ses prises de position, insoutenables », avaient attaqué les étudiants. Des tags avaient fleuri sur les murs : « Roder génocidaire, Sciences Po complice ! », « Sciences Pistes antisionnistes » ou « Iannis, casse toi ! L’IEP n’est pas à toi ! » Rima Hassan était bien chez elle, ce 13 février, à Sciences Po Lyon.

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Marc Baudriller
Directeur adjoint de la rédaction de BV, éditorialiste

Vos commentaires

40 commentaires

  1. Je n’appelle plus cela une fac mais de l’endoctrinement pour rentrer dans la secte du non sens. Bon pour avoir fait un master II récemment, le niveau des étudiants est catastrophique et pas sûr que j’aurais eu la mention bien il y a 20 ans étant donné que le niveau était bien plus haut. Après je vous rassure, à la fac, la plupart n’adhèrent pas à la folie des fachocialistes mais se taisent pour éviter que la gestapo leur tombe dessus ou certains profs. C’est vraiment un climat de peur et de surveillance constante entre les étudiants. Comment on a pu laisser faire ça, pourquoi on ne criminalise pas l’extrême gauche?

  2. Cette université n’est qu’une tribune politique d’ultra gauche.
    Tant que la tête ne sera pas changée au profit d’une autre qui interdira TOUT débat politique, Sciences Po de Lyon n’a aucune chance.

  3. Ni les patrons des grandes entreprises européennes ni l’état ne devraient embaucher des étudiants ayant eu un cursus dans cette université. J’ai toujours été étonné d’ailleurs qu’une formation en science po ait un quelconque intérêt ou apport à la société. In ne forme que des gens inutiles à la société

  4. Mon fils était à SPo Bordeaux. C’est exactement la même chose. Impossible de rien organisé si l’on est pas de gauche. Les gochofachos menace, bloquent hélas aussi avec des profs qui stigmatisent les gens de droite et s’efforcent de mettre obstacles aux étudiants de droite, jusqu’en cours, menacent. Heureusement mon fils en a trouvé qqn1 qui l’ont soutenu et lui ont permis de faire face. Depuis, écoeuré par ce pays il s’est expatrié. Meilleur salaire, moins d’impôts et des services publiques qui ne sont pas des sévices publiques.

    • Dommage que votre fils fut obligé de partir mais hélas nos jeunes talentueux n’ont plus trop d’avenir en France et on sait pourquoi …….

      Il y aussi d’excellents conférenciers et comme pas de gauche pas le droit d’aller exercer, ce n’est pas normal vu qu’on finance via nos impôts

  5. Évidence qu’un grand nettoyage doit se faire au sein des directions des universités notamment sciences po qui vient sciences po de chambre.

  6. ce sont ces nuls qui gouverneront notre pays dans quelques années , ils ne connaissent pas l’histoire de notre pays, la plupart font des fautes à tous les mots mais au lieu de faire de la politique dans ces foutoirs ils feraient mieux de travailler correctement leurs études, pauvre France , la plupart sont des crétins de fils à papa qui se croient au- dessus des lois de la République.

    • D’autant qu’aucun patron sérieux n’embauchera ces nullites..condamnés a bouffer de l’argent public comme chomeurs ou comme  » elus »..

  7. Pour finir, à quoi ça sert Sciences Po, qu’est qu’on y apprend? Est ce que le mot sciences ne serait pas de trop?

  8. En accord avec « Jeanpainbeurre » et « Reney » concernant ces étudiants ! Quid des parents qui inscrivent leurs enfants dans ces écoles ? Ils sont aussi responsables !

    Quelle entreprise recrute encore de tels démagogues ultra politisés et d’ultra gauche anticapitaliste.

  9. Qui peut encore embaucher des gens de sciences po ? Sans doute pas des patrons du privé.
    Ils viendront infester un peu plus la fonction publique et se feront grassement payer (par nous) au service d’une ONG subventionnée.

  10. Le problème en France, on a 12 IEP qui forment des étudiants dont pas mal d’étrangers.
    Des étudiants en sciences politiques la formation ne sert a rien.
    A part fabriquer de futurs chômeurs.
    Alors qu’on manque de techniciens et d’ingénieurs.
    Mais les études en techniques et sciences dures sont autrement plus difficiles qu’un Master en pipologie …
    macron en est le prototype même.

    • Si tant est que cette école fut une référence dans le passé, il n’en est pas moins vrai que depuis quelques années elle est devenue le creuset des progressistes de tout poils juste bonne à caser des profs illuminés et à rassembler des « étudiants » bons à rien.
      Ça coûte cher à nos finances et ne produit rien d’utile au développement du pays.
      Il est plus qu’urgent de fermer ces écoles, de virer tous ces pseudo étudiants et leur encadrement des profs aux dirigeants, ça fera de belles économies.
      Ils pourront toujours tenter de se recycler dans des écoles techniques qui forment efficacement les forces dont le pays a besoin…. s’ils en sont capables, ce dont on peut douter pour la majorité d’entre eux.

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