Commençons cet article du vendredi par une question amusante. Savez-vous quels sont, parmi les sept journaux déficitaires mis sous perfusion par l'État, les trois plus subventionnés ? Les sources convergent : depuis 2021 au moins, il s'agit (de la troisième à la première place) de L'Humanité, La Croix et Libération. En 2021, ce journal, représentatif de la gauche sociétale la plus lancée, touchait 4.998.785 euros. Dans un courrier des lecteurs de 2018, à la question « Est-ce vrai que Libération est le deuxième journal le plus subventionné », Libé répondait sans fausse pudeur : « Oui, c'est vrai. » Il faut dire qu’il serait dommage que de vulgaires histoires de rentabilité empêchent les journalistes du quotidien de gauche de mener leurs enquêtes : gagner de l'argent en travaillant, ce serait très petit-bourgeois, non ? À Libé, on ne déroge pas. On préfère se faire payer pour offrir ses services. Mais venons-en aux faits. Cette semaine, Libé s'est attaqué à un établissement religieux. Hâtons-nous de préciser : un établissement catholique, bien sûr, quoique sous contrat. Suivons-les donc, pour cette plongée en apnée, dans les entrailles nauséabondes de la bête immonde dont le ventre des bottes est si plein de casques sombres et d'heures brunes à pointe gammée qu'on en perd ses clichés.

Des cours d'éducation... religieuse !

Au groupe scolaire de l’Immaculée Conception, à Pau, un proviseur est en place depuis 2013. Il a mis en place l'uniforme, mais aussi un concours d'éloquence et des classes sport-études rugby ; il exige que les élèves assistent à des cours d'éducation religieuse, mais aussi qu'ils tendent à l'excellence, ce que les résultats du baccalauréat (les meilleurs du département) semblent confirmer. Monseigneur Aillet, évêque de Bayonne, vient les voir de temps à autre. La suite de l'article relève de la parodie, du genre : « Mais derrière la façade d'un établissement à l'ancienne (ralenti, passage en noir et blanc), ce que nous avons découvert (violon + piano) est… beaucoup plus grave. » Allez, on regarde.

Vous lirez donc dans cette désopilante « enquête », si caricaturale qu'on dirait un pari entre deux journalistes de droite, des révélations à peine croyables. Certains profs tiennent des propos politiques ; certains films sont carrément orientés ; on présente des points de vue aux élèves sans être sûr qu'ils aient le recul suffisant pour les réfuter ; les livres qui ne correspondent pas au projet pédagogique sont écartés… Mais dites donc, ne serait-ce pas exactement ce que fait, quoiqu'avec des objectifs opposés, l'enseignement public en maints endroits ? Oui, mais c'est pas pareil. Les profs militants, les films un peu limites, les programmes reflétant une idéologie, les intervenants que les parents ne choisissent pas, la censure des choses qu'on juge indignes : ça s'appelle l'Éducation nationale, et pas n'importe laquelle…

Toute éducation, donc toute instruction (qui n'en est qu'une partie), transmet une vision du monde. C'est normal. Regardez les journalistes de Libé, d'ailleurs. Dans Être de droite, un tabou français, il y a presque vingt ans, Éric Brunet révélait que les étudiants en journalisme, quand on leur demandait de quel autre métier se rapprochait le leur, répondaient en majorité « prof ». Quand on est trop nul pour le CAPES et trop paresseux pour le monde universitaire, il y a toujours les journaux. Et c'est pas cher : c'est l'État qui paie.

La haine de l'excellence

Dernière couche de vernis : une haine du sacré qui relève de l'obsession. « La messe en latin et de dos », dite par un « chanoine traditionaliste » de Lagrasse (l'abbaye qui accueillit Michel Onfray et convertit Arnaud Beltrame : le nazisme, quoi), la « bénédiction des cartables » et même l'encouragement à la confession avant de communier : comme Nosferatu dans la lumière des phares, Libé convulse. Ils sont impayables (et pourtant, le mot est, en la circonstance, mal choisi).

Le diocèse n'a pas souhaité s'exprimer sur cette affaire auprès de BV. Il est au-dessus de la mêlée et il a bien raison. Laissons, à notre tour, la haine de l'excellence, le ressentiment envers ce qui fonctionne et la détestation du Ciel à la gauche, le camp historique des ratés. Et hâtez-vous, pour ceux qui vivent en Béarn, de passer un coup de fil pour inscrire vos enfants à l'Immaculée Conception. Avec une pub pareille, ce serait étonnant qu'il reste des places pour la prochaine rentrée.

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02 février 2024 à 19:15

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27 commentaires

  1. CLO
    Il y a 4 ou 5 ans, sur un plateau de télévision il y avait des journalistes qui massacraient tout ce qui ressemblait à des opinions de droite seule leur opinion était la vérité.
    Parmi eux il y avait Monsieur Franz-Olivier Giesber qui a essayé de les tempérer en leur rappelant que plus de 90% des journalistes étaient de gauche.
    Aujourd’hui je comprends pourquoi il y a autant de journalistes de gauche. C’est plus facile et mieux payer (par nos impôts) de taper sur la droite et les catholiques que de faire des propositions constructives.
    Tous les journalistes ne peuvent pas avoir l’honnêteté intellectuelle, le parcours et la classe de Franz-Olivier.

  2. Les parents normaux, qui choisissent les meilleurs établissements scolaires pour leurs progénitures, auront du mal à trouver de la place pour inscrire leurs enfants dans ce type d’établissements. Ce genre d’article est une très bonne publicité gratuite pour ce type d’ établissements. C’est l’arroseur arrosé

  3. Article magnifiquement troussé ! Un régal d’ironie et de vérité bien pesée … Libé se fait tailler une culotte courte comme ses idées ! Bravo .

  4. Pourquoi attacher de l’importance aux publications de ce torchon confidentiel? Restons, nous aussi, au-dessus de la mêlée.

  5. Moi, je naquis un 8 décembre, puis fus un élève de l’école d’Agriculture Notre Dame de la Forêt dont la fête était fixée le jour de la fête de l’Immaculée Conception.
    J’appris le dur métier de la terre et le respect de la Nature. Il y était interdit de tuer les vipères. les religieux de Saint Gabriel tonnaient contre les re »ndements très élevés pratiqués da

  6. Il est évident que pour Libé, leur lecteurs et tout ceux qui pensent comme eux qu’il y un mot dans le vocabulaire Français qu’ils exècre et dont le sens les font hurler c’est bien l’excellence. Pour eux, l’égalité se fait par le nivellement par le bas, pensé, ils y sont presque, l’enseignement dans les écoles française touche les fonds de classement, victoire.

  7. ce n’est plus de l’information, mais de la délation ! « Libé » agit de la même façon que les collabos , c’est ahurissant de la part d’un journal créé par un ancien de 68 ! (mais il est vrai qu’il a pris sa retraite )

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