Pour décrire ce qui se passe dans Paris, notre belle capitale défigurée depuis plus de vingt ans par la chienlit socialo-bobo-écolo, on pourrait paraphraser la chanson « Les Loups », de Reggiani, un chanteur que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître :

« Les hommes avaient perdu le goût/De vivre, et se foutaient de tout/Leurs mères, leurs frangins, leurs nanas/Pour eux c’était qu’du cinéma/Le ciel redevenait sauvage/Le béton bouffait l’paysage, alors…/Alors…/Les camés, eh-eh, eh-eheh/Les camés sont entrés dans Paris…/Pas par Issy, pas par Ivry… »

Plutôt par Stalingrad et la porte de la Chapelle… en descendant tout droit de la colline du crack.

C’est un fléau dont tous les politiques se sont lavé les mains jusqu’à ce que la population de l’arrondissement, excédée, envisage de régler le problème à sa façon. « Stalincrack » a envahi l’avenue de Flandre et les très bobos quais du canal de l’Ourcq. On est loin de la carte postale d’Amélie Poulain… Il aura fallu, en mai dernier, que des riverains excédés tirent au mortier d’artifice en direction des camés, dénonçant le « monstre que les pouvoirs politiques et publics ont laissé s’installer », pour que ça bouge.

Le site SortirAParis.com avait alors rencontré les riverains, dont l’un actif dans la de son quartier, qui rapportait : « Je me suis vraiment intégré avec les consommateurs, je les ai fréquentés pour connaître leur histoire. Oui, il y en a beaucoup qui sont SDF, mais la plupart ont un travail, un logement, une femme, des enfants. J’ai même fait une soirée avec un avocat au barreau de Paris à Stalingrad ! C’est hallucinant, il y a un Uber Eats du crack sous nos fenêtres. Il ne faut pas qu’on accepte de devenir la poubelle de Paris. »

C’était il y a cinq mois. La réponse conjointe de la mairie et du gouvernement arrive : c’est la multiplication des salles de shoot… qui ne disent pas leur nom.

Parce qu’on ne dit plus « salle de shoot », c’est caca. Ça évoque de vilaines images qui font aux petits enfants et, plus encore, aux politiques. Non, on dit « salle de consommation », ce qui rappelle davantage le panier de la ménagère : une seringue et trois cailloux entre deux bottes de poireaux. Et mieux encore : depuis que le gouvernement et Mme Hidalgo ont décidé d’en implanter un peu partout dans Paris, y compris dans les locaux des maternelles, on dit « salle de soins » ou « salle de moindre risque » ou, mieux encore, « unité thérapeutique ». Ça sent bon l’alcool à 90° et la compresse stérile.

Reculant face à la colère des habitants du quartier, Anne Hidalgo a renoncé à installer un « centre d’accueil de consommateurs » de crack près d’une école primaire de la rue Pelleport, dans le XXe, mais le Premier ministre lui a tout de même donné son accord pour en ouvrir quatre autres dans les Xe, XIXe et XXe. veut « offrir aux consommateurs des lieux de repos et un parcours de sevrage de qualité » et poursuivre le déploiement de « l’offre de soins ». Et peut-être aussi le coiffeur et la manucure pour se remonter le moral ?

Lundi dernier, Le Parisien faisait état d’une « fuite » : deux salles de shoot seraient prévues sur les Grands Boulevards, l’une devant le musée du Chocolat, Boulevard Bonne-Nouvelle, et l’autre un peu plus loin, devant le théâtre de la Renaissance, à l’angle du boulevard Saint-Denis. Un quartier touristique s’il en est. « Le musée [du Chocolat] attire des écoliers toutes les semaines. Les théâtres, de nombreux spectateurs tous les soirs. On va tous les faire marcher au milieu de gens hagards, sous crack ? On marche sur la tête », s’indignait un commerçant.

La mairie de Paris refuse de confirmer, ne dément pas non plus. Anne Hidalgo a la tête ailleurs : elle regarde vers l’Élysée !

17 septembre 2021

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